8. Convaincre au travail et l'art de passer entre les gouttes L'univers du travail, même quand il est très convivial, reste néanmoins un champ de mines. Rivalités, luttes de pouvoir, harcèlements divers et variés… Souvent l'orage gronde, il tombe une petite pluie, parfois des hallebardes. Quand c'est comme ça, la nature reprend ses droits : seuls les plus forts survivent, les souples savent passer entre les gouttes et les futés tirent parti de toutes les opportunités. C'est là que vous avez un pouvoir à prendre qui va bien au-delà de votre place dans la hiérarchie et de vos attributions spécifiques. Toutes les techniques apprises dans les chapitres précédents sont évidemment efficaces, mais s'imposer au boulot, ne serait-ce que pour qu'on vous fiche la paix, demande encore plus d'astuce. Aussi bien pour décrocher un job que pour le garder. Mon CV, c'est gonflé ! 75% et plus des CV sont truqués selon toutes les enquêtes effectuées. On ment sur son âge, ses compétences, son niveau de langue (c'est pourtant crétin), de rémunération, sa situation de famille, et même ses loisirs. Et depuis l'apparition des jobboards (sites web dédiés à l'emploi), 61 % des candidats reconnaissent d'ailleurs tricher plus facilement sur leur CV. Pas vu, pas pris. Sinon, on peut toujours dire qu'on a mal cliqué. Comment truquer un CV sans trop se faire repérer ? Voici cinq techniques indispensables pour optimiser votre dossier. Le bidonnage à la marseillaise Le principe: « Catch Me if You Can » (Arrête-moi si tu peux) . Rester dans le vraisemblable car les recruteurs sont loin d'être des naïfs: ils savent très bien que tout le monde triche et, quand c'est trop, ils n'hésitent pas à passer un coup de fil pour vérifier une information. Autrement dit, ne vous inventez pas de toutes pièces un diplôme prestigieux (même si vous l'avez acheté sur le Net), une expérience professionnelle hors norme (à 25 ans, vous n'êtes pas censé avoir décroché la Lune), ou un hobby plus sexy que le footing (il y a peu de chance que vous passiez vos dimanches à jouer au polo)… Le bidonnage de la grenouille (qui voulait devenir boeuf) Le principe: « Plus c'est gros, plus c'est beau ! »> ⚫ L'idée est de surévaluer sa formation ou le degré de responsabilité assumé dans ses précédentes fonctions. On s'attribue un diplôme qu'on a manqué de peu, un titre d'ancien élève d'une grande école par laquelle on est passé (parfois pour un simple séminaire), mais sans réussir les examens de sortie, on exagère ses responsabilités. Le stage se transforme en CDD, la secrétaire en assistante de direction, l'adjoint au directeur en directeur adjoint, le chef de produit en responsable du marketing… Le bidonnage du coq en pâte Le principe: « Parce que je le vaux bien ! »> • Il s'agit là d'exagérer les avantages de son précédent poste: on rajoute une pincée de stock-options, on invente une prime de risque spécifique, on surévalue son salaire fixe, on exagère les fringe benefit (avantages), etc., pour obtenir une voiture de fonction, son assurance maladie payée par l'employeur, un abonnement de fitness, une année sabbatique, une sixième semaine de vacances, l'abonnement à des revues ruineuses… Le bidonnage de l'arracheur de dents Le principe: « Vous avez de la veine de m'avoir trouvé, je suis toujours full time ! » . L'idée est de boucher ses trous de parcours (en dents de scie), en inventant forces stages et expériences en tout genre. Une période de glandage entre deux jobs devient une année sabbatique destinée à apprendre une langue, six mois de chômage deviennent le lancement d'une start-up, trois mois de surf aux Bahamas, un master d'ingénieur en environnement… Le bidonnage du carrossier Le principe: « C'est mon choix ! »> • Il s'agit de lisser toutes les aspérités de son CV pour masquer les accidents de parcours : ratages, licenciements…, et expliquer sa disponibilité professionnelle. Dire : <«< J'ai fait le tour du poste » pour signifier: « Mon chef m'a viré parce qu'il ne me supportait plus » ; « La promotion promise ne m'a pas été accordée » au lieu de : « J'ai misérablement échoué et ma carrière dans cette entreprise est bloquée »… CV truqué : qu'est-ce que vous risquez ? En fait, pas grand-chose, même si les recruteurs vérifient parfois vos données, notamment en checkant votre nom sur les réseaux sociaux (Facebook, Linkedin…). Au pire, d'être pris la main dans le sac, par exemple, quand vous dites que vous parlez allemand couramment et votre recruteur vous questionne dans la langue de Goethe. De fait, un patron ne peut pas mettre un employé à la porte ou annuler son contrat de travail sous prétexte qu'il a embelli sa formation ou son parcours professionnel pour obtenir son poste. Il se doit de s'informer sur le passé professionnel du candidat. S'il ne le fait pas, il ne peut s'en prendre qu'à lui-même !
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