I. - Le dessin.
« Le dessin, dit G. Compayré, exerce la précision du coup d'œil ; il forme le goût; il joue, comme instrument d'éducation, un rôle analogue à celui de la musique ». Il est certain qu'un homme qui sait dessiner est pratiquement supérieur à celui qui ne sait pas. Mais ce n'est pas seulement au point de vue pratique que se manifeste cette supériorité. Elle est plus évidente encore quand on se place au point de vue esthétique. Mettez en face d'un paysage ou d'une œuvre d'art deux individus: l'un a de simples notions de dessin; le second l'ignore complètement. Le premier percevra une foule de détails qui échapperont au second. Ils n'envisageront pas les choses de la même façon : l'un découvrira des lignes, des horizons, des perspectives que l'autre ne soupçonnera pas. Ces faits sont connus et évidents: je n'ai pas besoin d'insister. Les deux organes qui entrent les premiers en jeu dans l'étude du dessin sont la main et l'œil. C'est par eux qu'il faudra commencer, c'est eux qu'il faudra éduquer en vue de cet art. Pour assouplir la main du jeune enfant, je ne connais pas de meilleur moyen que de lui faire tracer des lignes ou des figures géométriques sur une ardoise quadrillée. J'ai été souvent surpris, dans les écoles maternelles de Paris, de voir quels résultats on obtenait ainsi chez de tout jeunes enfants, de quatre à cinq ans.
Après cette préparation indispensable de la main, pour arriver à un assouplissement parfait, on fait exécuter à l'enfant des combinaisons de lignes sur le papier. Puis on lui fait faire des constructions à plat avec des lattes ou des bandes de papier. On lui enseigne ainsi empiriquement le sens des lignes.
On passe ensuite à l'éducation spéciale de l'œil. On apprend à l'enfant à discerner les formes et les grandeurs, à discerner et à comparer les couleurs. On lui enseigne, mais objectivement, les combinaisons des couleurs fondamentales. On lui apprend également à les disposer en vue d'un effet à obtenir.
C'est là la première éducation du dessin. Quand on est arrivé à ce résultat, on commence alors l'enseignement du dessin proprement dit. On apprend à l'enfant à reproduire des silhouettes, puis on passe à des exercices plus compliqués ; mais il faut toujours faire reproduire par l'enfant des choses qu'il a vues ou qu'il voit : c'est le vrai moyen de l'intéresser. Cela rentre dans le domaine de l'enseignement technique du dessin et je sors du cadre de cette étude. Aussi je ne puis que renvoyer aux maîtres et aux manuels spéciaux.
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