9. Neutraliser les emmerdeurs de bureau On ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas non plus les gens avec qui on travaille. Forcément, à moins d'avoir un job au pays des Bisounours, tous les jours on est confronté à une bande de branquignols plus ou moins pénibles, et souvent plus que moins. Faux-cul, agressifs, fainéants, m'as-tu-vu, langues de vipère, goujats, intrigants, harceleurs, revanchards… Bref, une liste complète serait trop longue pour décrire tous ceux qui nous prennent la tête et nous pourrissent la vie au bureau. Devant eux, on se sent souvent désarmé, impuissant. En général, face à ce type de comportement, on a tendance à devenir soi- même agressif ou alors à se résigner. Mais ni l'attaque ni la soumission ne sont de réelles solutions. En réagissant ainsi, on peut sans doute affirmer (provisoirement) sa supériorité ou éviter (momentanément) les conflits. Mais, à terme, cela ne fait que repousser le problème. Avec le temps, ça ne s'arrange pas, et même ça s'aggrave. Comment contrer efficacement ces tentatives de manipulation plus ou moins délibérées ? Suivez le coach! Le terroriste Jamais content, il trouve à redire à tout ce que vous faites, il accuse (<«< Je t'avais prévenu, c'est de ta faute »), il menace («< Pas de ce petit jeu-là avec moi, je peux te créer des problèmes »), il pique des crises pour des riens et vous accable devant tout le monde. La bonne stratégie avec lui • Ne vous défendez pas, car vous n'êtes pas coupable, et ne contre- attaquez pas, même si vous êtes en mesure de le faire parce qu'il n'est pas votre patron. Gardez votre calme. Rompez le contact si vous êtes trop en colère, si vous n'arrivez pas à maîtriser vos émotions et vos réactions. • Exprimez clairement à quel point son attitude vous affecte: vous vous sentez blessé, ça vous met en colère…, et les conséquences qu'elle peut entraîner s'il persiste: «< Je préférerais éviter qu'on ait recours à un tiers (son patron), qu'on en arrive à une rupture. » Le faux-cul En face, il est tout gentil: « C'est formidable de bosser avec une fille comme toi ! C'est fou ce que tu apportes à l'équipe ! »>, se soucie de vous: « Ce n'est pas sympa ce qu'ils t'obligent à faire… ». Mais, dans votre dos, il se répand, il déforme tout ce que vous lui dites et l'utilise contre vous. La bonne stratégie avec lui ⚫ Éludez les questions personnelles autant que possible, donnez-lui un minimum d'infos, gardez vos opinions (vous pensez que votre chef est un crétin) et vos ambitions pour vous (le poste de Martin vous intéresse), il s'empresserait d'aller le répéter. .Et quand vous ne pouvez pas vous défiler, faites valoir systématiquement le bon côté des gens et des choses avec des formules vagues du genre: votre patron gagne à être connu, Martin se débrouille pas mal… Le m'as-tu-vu Il parle souvent pour ne rien dire, pour retenir l'attention, fait les questions et les réponses, rit de ses propres plaisanteries. Il n'écoute jamais vraiment, termine souvent les phrases des autres, leur coupe fréquemment la parole, fait des digressions… La bonne stratégie avec lui • Reconnaissez ses mérites - cherchez bien, il doit en avoir - avant qu'il ne le fasse lui-même. Un m'as-tu-vu, c'est toujours quelqu'un qui n'est pas sûr de lui, qui a besoin de se survendre en permanence, quitte à débiner les autres, pour se rassurer et se faire apprécier. En le flattant, vous l'avez à votre botte! ⚫ Mais soulignez aussi le rôle positif joué par les uns et les autres, en insistant sur le fait que vous êtes une équipe. Le narcissique En cas de succès, il s'attribue tout le mérite, passe sous silence ou minimise le rôle joué par les autres. En cas d'échec, il ne reconnaît jamais ses responsabilités et rejette systématiquement la faute sur les autres. La bonne stratégie avec lui ⚫ Établissez des règles de fonctionnement claires : tout le monde a des obligations, ça se passe mieux quand chacun y met du sien. Et rappelez- les-lui chaque fois qu'il tire trop la couverture à lui ou tente de vous culpabiliser. • Formulez toujours aussi vos demandes de manière précise et limitée, par exemple: « Occupe-toi de ce dossier, s'il te plaît » et pas : « Ça serait bien qu'un jour, tu t'occupes de ce dossier. » • Et ne le laissez jamais se poser en victime, renvoyez-le systématiquement à ses responsabilités. Le perfectionniste Persuadé que lui seul sait faire les choses correctement, il veut tout contrôler, si bien qu'il est toujours sur votre dos ou qu'il ne tient pas les délais. « Casseur d'ambiance », il ne pense qu'au travail, à la productivité, et se montre très moralisateur, donneur de leçons. La bonne stratégie avec lui . Encouragez-le à hiérarchiser les priorités. Car, comme il vit en permanence sous pression, il ne sait pas faire la différence entre l'urgent et l'important. Par exemple en lui fixant des quotas: tant de temps pour faire ceci ou cela. Ou, s'il est votre patron, aidez-le à relativiser: les choses doivent être faites, elles doivent être bien faites, mais elles n'ont pas besoin d'être parfaites du premier coup: elles peuvent être améliorées au fur et à mesure. Le glandeur Il se plaint tout le temps qu'on lui en demande toujours trop, ergote ou joue les imbéciles («< Ah bon, je devais faire ça ? »), traîne des pieds ou bâcle pour se défiler et en faire le moins possible. Il fait croire qu'il n'a jamais le temps: « Tu comprends, Machin m'a demandé un mémo pour midi, c'est prioritaire » ou les moyens : « Mon disque dur s'est planté, le temps de retrouver les fichiers, j'en ai bien pour la journée. » La bonne stratégie avec lui ⚫ Utilisez la technique, simple mais terriblement efficace, du « disque usé ». Elle consiste à répéter inlassablement votre demande en gardant le même ton monotone ni énervé ni découragé. Exemple: « Je comprends très bien que tu sois occupé (débordé, que ton disque dur est fragmenté…), que je te demande beaucoup, mais nous avons absolument besoin de… » C'est assommant, bien sûr, mais c'est le seul moyen. Le salaud Il fait souvent en public des réflexions désobligeantes, voire humiliantes (racistes, sexistes…) sur le physique, le look, les compétences ou le travail des uns et des autres. Il cherche sans cesse à vous pousser à bout ou à la faute, par exemple en vous donnant de fausses informations. La bonne stratégie avec lui • Ne rien laisser passer: railleries, humiliations, insultes, menaces, chantage, harcèlement sexuel… pour bien lui montrer que vous n'êtes pas une victime ni une proie. ⚫ Et répondre du tact au tac, en faisant preuve d'humour. • Si ça ne suffit pas, rappelez-lui que la diffamation, la calomnie, le harcèlement, etc. sont aussi punis par la loi. Le parano Il s'imagine toujours que vous avez des vues sur son poste, son assistante, sa place de parking… Quand son ordinateur bugue, il vous soupçonne d'avoir balancé un virus sur son disque dur. Et si vous oubliez de le mettre en copie, d'un mémo, d'un mail, il imagine que vous lui cachez des informations. La bonne stratégie avec lui ⚫ Abondez dans son sens. Bien sûr, il a des ennemis, des gens qui disent du mal de lui, qui lui en veulent, des concurrents ou des rivaux qui attendent qu'il commette une faute pour prendre sa place. Mais comme tout le monde : ni plus ni moins. Et il n'a pas que des ennemis, ne serait-ce que parce que ses ennemis ont aussi des ennemis qui pourraient se révéler des amis pour lui s'il leur faisait un peu plus confiance. Le « je me la pète » Petit chef tyrannique, client despotique, créatif « génial »… Il vous regarde de haut, vous traite plus ou moins de manière méprisante - par exemple, il ne s'adresse à vous que quand il a quelque chose à vous demander mais ignore vos propres demandes. Et il se vexe ou s'énerve chaque fois que vous soulevez une objection ou que vous lui reprochez son attitude. La bonne stratégie avec lui . Ne vous laissez pas impressionner, ne jouez pas les humbles ou les groupies. Au contraire, crevez l'abcès, en prenant les formes bien sûr, surtout si c'est votre patron direct ou un gros client. Pas d'attaque personnelle, mais une confrontation franche pour établir une vraie communication. • Reconnaissez son statut de star, par exemple: « Vous êtes sûrement très pro dans votre domaine… », mais réaffirmez votre propre expertise: « pour autant, j'ai moi aussi du talent… » Comment prendre plus de pouvoir sur vos petits camarades? C'est déjà bien de savoir déjouer les oppositions, mais pour obtenir vraiment ce que vous voulez au bureau, par exemple faire travailler les autres à votre place, de l'aide quand vous en avez besoin ou tout simplement qu'on vous fiche la paix, il faut mettre en place d'autres stratégies, marquer les esprits. Voici quinze façons habiles pour vous imposer sans avoir l'air d'y toucher : • « Bonjour »>, « Je ne vous dérange pas », « S'il te plaît », « Merci », « Au revoir »… Respectez les convenances, les règles de politesse. • Prenez des nouvelles (surtout le lundi ou au retour des vacances) : « Alors, ce week-end s'est bien passé ? », « Votre fils, il a eu son bac ? »>, « Et le chien, il n'est plus constipé ? » • Respectez scrupuleusement les hiérarchies (ne posez pas vos fesses sur les bureaux de vos chefs) et les territoires (n'entrez pas dans un bureau, même ouvert, sans prévenir), en dépit de votre sensibilité et de votre esprit démocratique. ⚫ Soyez sympa avec les seniors (surtout les grincheux): souvent, ce sont des chefs et même quand ils ne le sont pas, ils ont toujours un gros « pouvoir d'ambiance ». ⚫ Faites parler les gens des sujets qui les intéressent. Du Mondial avec un fan (même si vous trouvez que le foot est un jeu idiot), de petits rats avec une collègue qui a mis sa fille à la danse classique (même si vous pensez que c'est complètement tarte). ⚫ Laissez croire aux autres que c'est vous qui pensez comme eux et pas eux qui pensent comme vous. ⚫ Ne ratez pas une occasion de complimenter les gens avec qui vous travaillez. . Évitez les mouvements d'humeur et ignorez ceux des autres. • N'affirmez jamais vos désaccords, cela ne fait que renforcer vos interlocuteurs sur leurs positions. Toutes les études montrent que notre cerveau aime ceux qui sont d'accord avec nous. Alors, faites preuve de mauvaise foi pour rapprocher les points de vue, trouver un consensus. ⚫ Ne donnez jamais un ordre, n'imposez jamais une idée. Employez systématiquement le « nous » pour faire croire à une décision prise en commun. . Ne dites jamais « non » quand on vous demande un service, mais défilez-vous : vous avez trop de boulot, un travail urgent à finir, Machin (le supérieur de celui qui vous demande de lui rendre service) vous attend. ⚫ Tenez-vous à l'écart des conflits. Défilez-vous quand cela vous concerne et ne prenez pas parti quand cela ne vous concerne pas. • Relativisez (les réflexions, les critiques, les reproches) au lieu d'en faire un problème personnel et de démarrer au quart de tour. ⚫ En cas d'attaque, prenez les choses avec le sourire et indifférence, changez vite fait de sujet ou décrochez: «< Tout ça, c'est rigolo, mais j'ai du boulot qui m'attend! » ⚫ Ne vous endormez pas sur vos lauriers. Efforcez-vous sans cesse d'agrandir votre zone d'influence.
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