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1. Comment se faire obéir des enfants, même des plus coriaces Aujourd'hui, avouons-le, il est souvent plus facile de passer par le chas d'une aiguille que d'élever un enfant. Le monde a changé. L'autorité traditionnelle des adultes vis-à-vis des enfants se perd. La parole et l'influence des parents pèsent de moins en moins lourd. Autre temps, autres mœurs, il ne suffit plus d'ordonner simplement pour obtenir ce qu'on veut d'un enfant, encore moins si c'est un coriace. Heureusement, rien n'est irréversible. Il y a des techniques pour se faciliter la vie en famille. Bien sûr, si vos enfants sont des loups, ça n'en fera pas des agneaux, et c'est tant mieux, mais vous obtiendrez le minimum indispensable pour qu'ils grandissent correctement sans pour autant vous épuiser nerveusement. C'est ce que vous montre ce chapitre. Se faire obéir sans crier Dans la phase de « dressage » de la toute petite enfance, la technique du « disque usé », qui consiste à répéter inlassablement la même demande, par exemple: « Lave-toi les dents », sur un ton monotone, suffit la plupart du temps à obtenir des résultats. Mais, dès le CP, ça devient plus compliqué. Pour autant, c'est à cet âge-là, qu'il faut apprendre à votre enfant à accepter les règles, suivre les consignes et, plus généralement, l'inciter à ne pas parler sans cesse et à écouter les autres. Osons le mot, vous devez le formater pour que tout se passe bien à la maison et à l'école. L'idée n'est pas de faire de lui un petit être soumis ni de le transformer en carpette, mais tout au contraire de lui donner les moyens de s'affirmer tout en respectant les autres. Cela suppose bien évidemment de revoir, si nécessaire, votre propre attitude pour définir une relation saine avec votre enfant. Car se faire obéir sans crier, ça ne peut se faire qu'à deux. Comment vous y prendre ? • Consolidez tout ce qui est préparatoire à la scolarité : les jeux, les récits, les dialogues. • Des faiblesses apparaissent ? Ne dramatisez pas, cela peut être tout simplement des modifications passagères d'équilibre et des signes positifs de changement. ⚫ Renforcez ses points forts (en dessin, football, guitare…) au lieu de vous focaliser sur ses faiblesses. ⚫ Gardez votre calme le plus possible; prenez sur vous quand il vous énerve. ⚫ Ayez confiance dans le potentiel de votre enfant, exprimez-lui tous les jours votre affection et encouragez ses réussites. ⚫ Accordez-lui du temps, par petite dose si vous avez un programme surchargé ; ce qui compte, ce n'est pas la quantité de temps que vous lui donnez, mais la qualité de celui-ci. • Soyez calme, précis et ferme quand vous lui indiquez des règles à suivre. • Exprimez des consignes claires (<«< Je veux que tu me ranges tes habits tout de suite ») plutôt que des considérations générales («« Tu ne ranges jamais rien »>). N'entamez pas le dialogue avec votre enfant si vous n'avez pas le temps de poursuivre ou si vous êtes irrité par lui. ⚫ Écoutez-le quand il vous raconte quelque chose et ne vous moquez jamais de lui quand il s'exprime mal. ⚫ Encouragez-le concrètement quand il prend des initiatives: compliment, contact physique, sourire, petite récompense ou petit cadeau d'affection. ⚫ Évitez d'être tout le temps sur son dos, de trop le diriger : il a besoin d'apprendre à faire ses propres choix et ses propres erreurs. . Ne laissez pas s'installer le désordre, mais ne soyez pas obsédé par le rangement non plus; trouvez le juste milieu. ⚫ Donnez des consignes simples, mais ne discutez pas avec lui pendant des heures. La discussion le disperse, poussez-le plutôt à agir. ⚫ Ne le punissez pas, ne l'accablez pas de reproches quand il n'a pas obéi. ⚫ Félicitez-le immédiatement quand il vous a écouté. ⚫ N'en faites pas un affrontement personnel, ne soyez pas en compétition avec votre enfant, vous ne gagnez rien, vous ne perdez pas face à lui. Alors, contrôlez vos émotions. ⚫ Gardez à l'esprit que votre petit diable ne fait pas exprès de désobéir, il n'est pas malveillant ni méchant. La priorité pour vous, c'est de garder votre calme. La voix de son maître Tous les enfants sont différents. Certains, par exemple, sont plus sensibles à la manière dont on leur parle : ils ont besoin de voir votre visage, vos yeux, pour enregistrer ce que vous leur demandez. Si c'est le cas de votre enfant, inutile de lui parler s'il regarde la télé ou si vous êtes dans une autre pièce. Assurez- vous d'abord qu'il vous regarde. D'autres, en revanche, sont moins sensibles aux mimiques mais plutôt aux tonalités et aux nuances de la voix. Ils ne sont pas intimidés par un regard sévère mais se bloquent quand on leur parle trop durement. Alors évitez les mouvements d'humeur, gardez toujours un ton calme. Pourquoi il n'écoute jamais ? Certains enfants sont d'un naturel discipliné, ils coopèrent volontiers, ne serait-ce que pour qu'on leur fiche la paix et continuer à mener leur petite vie tranquillement. D'autres sont spontanément plus cabochards. Ils n'en font qu'à leur tête. Certains signes sont très révélateurs. Par exemple, quand un enfant ne mange pas ce qu'on lui donne ou réclame sans cesse de nouveaux jouets, quand il se mêle tout le temps des conversations des adultes ou cherche à les « commander » (donne des ordres, veut imposer à tout prix son point de vue, etc.). Ou encore quand il néglige son travail scolaire (ne fait pas ses devoirs ou les bâcle pour aller jouer, dit que ça ne sert à rien de travailler, etc.) ou discute inlassablement chaque fois que vous lui demandez de ranger sa chambre. Résultat vous vous épuisez en explications vaines et, parfois, vous finissez par lui crier dessus. Dans ce genre de situation, vous devez vous remettre en question. Si votre enfant rechigne systématiquement à l'effort ou râle tout le temps au lieu d'agir, ce n'est pas de sa faute. Son défaut d'obéissance, c'est d'abord un manque de limites! Les aînés, plus obéissants ? C'est bien possible. Une étude menée par deux psys de Nouvelle- Zélande, Matthew Haley et Bruce Ellis, auprès de 350 frères et sœurs, montre que les aînés sont plus respectueux des règles et les cadets, plus rebelles. Cela serait dû au fait que les parents accordent systématiquement plus d'attention et de soin - 3 000 heures de câlins et d'attention en plus entre 4 et 13 ans - aux aînés qu'aux cadets. Comment s'y prendre avec un enfant qui manque de limites? D'abord, et tout bêtement, lui en donner, car il n'est jamais trop tard. .Ne vous culpabilisez pas, ce n'est pas facile et c'est une tendance de notre époque. Aujourd'hui, les enfants imaginent facilement qu'ils ont le droit de tout faire. ⚫ Ne le laissez pas se poser en victime, mettez-le face à ses responsabilités : s'il ne retrouve plus un jeu pour sa Game Boy ou s'il a eu une mauvaise note en classe, c'est parce qu'il n'a pas rangé sa chambre ou pas appris sa leçon ; ce n'est pas un manque de chance ou quelqu'un (vous, sa petite sœur, sa maîtresse, etc.) qui lui en veut. • Refusez l'affrontement : quand ça devient trop pénible, renvoyez-le dans sa chambre ou occupez-vous à des choses plus positives en attendant qu'il se calme. • Réfléchissez avant d'intervenir : évitez les réactions émotionnelles. • Ne vous sentez pas obligé, malgré ses demandes, de lui donner un luxe d'explications: il doit se laver les dents, vous lui avez expliqué une fois pourquoi, vous n'avez pas à y revenir chaque jour. ⚫ Formulez des demandes précises et limitées : «< Range ta chambre, s'il te plaît » et pas « Ça serait bien qu'un jour, tu ranges ta chambre. » • Quand vous discutez avec lui, appuyez vos arguments sur les nécessités de la vie. • Expliquez-lui (de manière sobre) que vous devez vous aussi vous contraindre à des limites, que vous avez vous aussi des obligations. ⚫ Faites-le participer à vos propres obligations: courses, ménage, cuisine, etc. ⚫ Évitez les généralisations dévalorisantes, par exemple : « Je ne peux jamais compter sur toi, te faire confiance, etc. »>. ⚫ Félicitez-le chaque fois qu'il fait un effort, prend une bonne initiative, qu'il y a un changement positif. . N'oubliez jamais (surtout quand il vous a poussé à bout) que l'absence de limites est avant tout très angoissante ou très déprimante pour un enfant. Comment réagissez-vous quand ça ne va pas ? Avec un enfant qui n'obéit pas, les problèmes sont généralement répétitifs. Vous trouverez en page suivante un petit questionnaire pour analyser vos réactions et mieux comprendre ce qu'il se passe entre vous et votre enfant. Ce que je fais dans une situation difficile (il ne veut par exemple pas travailler, ranger, rester à table…) Je reste calme J'explique Je cède Je m'énerve Je me mets en colère Je le punis Je le frappe J'appelle à l'aide Je le rends responsable Je me sens responsable Je rends responsable mon mari (ma femme) Je me décourage Au secours, c'est un coriace! La Rarement, plupart Souvent Parfois pour ne du pas dire temps jamais Chez certains enfants, les problèmes d'obéissance sont parfois aggravés par des comportements d'opposition ou de provocation. C'est le cas, par exemple, quand votre enfant évite de parler de ce qu'il se passe à l'école, des notes qu'il a eues. Il répond : « Je ne sais pas » ou : « Je ne suis pas au courant » chaque fois que vous lui posez une question sur ses devoirs, son travail et ne répond jamais clairement aux questions sur son emploi du temps, ses copains, ses sorties. Ou alors, il se défile systématiquement quand vous lui demandez de faire quelque chose, il exige beaucoup d'explications et il argumente sans cesse pour ne pas passer à l'action. Ou encore, il veut toujours avoir le dernier mot et il se met en colère quand vous le contrez. Ce type de comportement est assez difficile à supporter et à gérer dans la mesure où vous êtes toujours perdant. Car, soit vous fichez la paix à votre gamin et il fait ce qu'il veut, quand il veut, comme il veut, et vous finissez par culpabiliser parce que vous démissionnez de vos responsabilités, soit vous êtes normalement exigeant, mais ça provoque fréquemment des conflits. Comment agir avec un enfant qui rejette votre autorité ? . Restez calme. Quand il ne peut pas se défiler, un enfant coriace cherche à vous pousser à bout : c'est sa façon à lui de prendre le pouvoir. • Quand vous sentez que vous allez vous mettre en colère, décrochez momentanément et remettez le problème sur la table un peu plus tard. ⚫ Ne dramatisez pas un enfant manipulateur s'y prend de telle manière que, souvent, poussé à bout, on a envie de le rejeter en bloc. . Ne répondez pas systématiquement à ses trop nombreuses demandes d'explication. Vous lui demandez de faire quelque chose, qu'il le fasse, vous n'avez pas à refaire le monde chaque fois. ⚫ Ne vous laissez pas piéger dans d'interminables discussions : il ergote pour ne pas passer à l'acte (après c'est trop tard, ce n'est plus l'heure, ça n'en vaut plus la peine) et vous avoir à l'usure (il sait bien que vous n'avez pas tout votre temps). ⚫ Lâchez du lest quand ce n'est pas important, mais ne transigez pas sur les faits heures de travail, de sorties, résultats scolaires (montrez-vous exigeant, il ne doit pas avoir l'impression de pouvoir s'en tirer à bon compte). Gardez vos états d'âme pour vous: pour lui, c'est un signe de faiblesse et il cherche à en profiter. ⚫ Ne le plaignez pas quand il se pose, souvent, en victime. Rien n'est jamais de sa faute, il n'a pas de chance, tout le monde veut l'arnaquer, etc. Renvoyez-le gentiment, mais fermement à ses responsabilités : s'il est de mauvaise humeur, c'est parce qu'il n'a pas assez dormi, trop joué sur son ordinateur, s'il a de mauvaises notes, c'est parce qu'il n'a pas assez travaillé. • Parlez-lui affectueusement quand il le faut, mais montrez-vous ferme chaque fois que c'est nécessaire. N'ayez pas peur qu'il pique une crise (larmes, colère…): inconsciemment, il joue beaucoup là-dessus pour vous décourager d'intervenir. . N'oubliez jamais que son côté manipulateur n'est qu'une partie de sa personnalité, en réalité un mode de défense parce qu'il ne se sent pas sûr de lui. Alors, écoutez-le vraiment sans critiquer, ni juger ou condamner.

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