Le besoin de respirer amplement étant établi, il y a autant d'exercices respiratoires que d'attitudes principales du corps :
2. La respiration thoracique ou de grande activité, qui se pratique debout en élevant les bras de chaque côté, de façon à augmenter la rétraction des muscles respiratoires auxiliaires ou muscles de la respiration forcée :
scalène, sternocleido-mastoïdien, fibres inférieures du grand pectoral, petit pectoral, trapèze, rhomboïde et faisceaux costaux du grand dentelé et du grand dorsal.
Cette respiration thoracique elle-même devient antérieure ou sternale, postérieure ou costale basse, latérale même, suivant que le corps se penche en arrière, en avant ou de côté.
La respiration sternale forcée est l'exercice le plus habituel de respiration. Pour l'exécuter avec toute l'ampleur désirable, il n'est pas nécessaire de lever les bras en l'air, on peut simplement les porter en arrière, allongés ou ployés au coude, en se raidissant vigoureusement.
Dans la respiration dorsale, au contraire, on courbe le corps en avant en respirant toujours plus profondément; l'expansion thoracique est d'autant plus postérieure même que les muscles abdominaux sont plus contractés.
Enfin, pour la respiration latérale, il suffit de se pencher fortement à droite ou à gauche en raidissant le petit oblique du même côté.
De nombreux artifices permettent d'augmenter l'intensité des mouvements thoraciques. Dans la respiration antérieure par exemple, on peut se soulever sur la pointe du pied en rejetant les bras fortement en arrière, levés ou horizontaux. Mais il me paraît plus simple de prendre seulement un peu d'élan, c'est-à-dire d'exécuter, d'abord et sur une petite étendue, un mouvement inverse de celui qu'on se propose de faire. Cette méthode est du reste applicable à bon nombre d'autres exercices, ainsi qu'on le verra dans la suite.
Micro exercice
L'art de respirer
Exercice 20. Le souffle, clé du calme et de la conscience de soi
La pratique de la méditation ne peut se faire sans une bonne maîtrise du souffle. Certains fumeurs parviennent à arrêter beaucoup plus facilement la cigarette en prenant conscience de leur respiration. Sentir l'air frais qui entre en soi et qui donne de la vitalité est un puissant outil de sevrage!
Lisez les phrases ci-dessous et prenez quelques secondes de réflexion avant de cocher celle(s) qui vous correspond(ent).
Vous ne pensez jamais à votre respiration.
Vous avez conscience de votre respiration uniquement lorsque vous êtes essoufflé. Vous avez conscience de votre respiration uniquement lorsque vous vous endormez. Vous avez conscience de votre respiration uniquement lorsque vous êtes angoissé. Vous avez conscience de votre respiration uniquement lorsque vous êtes au calme, dans votre canapé par exemple. Vous avez conscience de votre respiration uniquement lorsque vous pratiquez un sport. Vous évitez de penser à votre respiration, car cela vous angoisse. Vous avez conscience de votre respiration régulièrement, principalement dans des moments de pauses (au bureau, ou lorsque vous attendez un moyen de transport par exemple).
Commentaire
La conscience du souffle est une des bases de la méditation. En prêtant attention à votre respiration dans vos activités quotidiennes même les plus anodines, vous vous rapprocherez de vous-même. Ainsi, vous percevrez plus facilement les signes avant-coureurs du stress, car ce dernier entraîne une modification du rythme respiratoire. Vous pourrez alors prendre immédiatement du recul sur la situation.
3° La respiration mixte ou abdomino-thoracique, qui commence par le ventre et finit par la poitrine, suivant la méthode Racine. On ne doit la pratiquer que modérément; car, si elle augmente plus que tout autre exercice la capacité pulmonaire, elle tiraille en sens inverse les enveloppes et ligaments du cœur, et peut amener, soit des déplacements d'organes, soit une défaillance.
Il existe autant de respirations mixtes que de respirations thoraciques ; mais la plus importante est incontestablement la respiration abdomino-costale, qui fait intervenir à peu près également le diaphragme et les sept à huit dernières côtes. C'est l'unique respiration des quadrupèdes dont le sternum est immobile, et c'est aussi la respiration normale de l'homme dans les conditions ordinaires d'attitude et de travail. Bien avant de connaître l'entraînement japonais, je l'avais recommandée sous le nom de respiration en large, parce que les viscères digestifs sont refoulés fortement vers les flancs; ou de respiration costale-basse, parce que les côtes y participent d'autant plus qu'elles sont plus inférieures ; et je m'y exerçais très modérément, le corps un peu penché en avant et les mains sur les dernières côtes afin de mieux assurer, par une opposition légère, leur écartement. Ainsi je remplissais les flancs sans soulever les épaules, suivant la recommandation expresse des instructeurs japonais. S'il est possible, par une culture méthodique, de changer notre manière de respirer, comme le veulent Marey, Hillarelt, Demeny et autres, c'est le mode précédent qu'il faudra adopter. Il ne suffit pas d'introduire l'air neuf, l'air sylvestre, disait Lavoisier, il faut encore expulser aussi Complètement que possible l'air qui a déjà servi; l'expiration est même plus efficace que l'inspiration pour renouveler l'air le plus profond l'air alvéolaire, portion la plus viciée de l'air vital, puisqu'elle contient 4,6 de gaz carbonique à l'inspiration et 5,4 à l'expiration; et c'est pour cette raison que Rosenthal a obtenu de plus beaux résultats par l'abaissement que par l'élévation des côtes, chez les malades: Tous les exercices précités portent davantage sur l'inspiration que sur l'expiration; ils se contentent parfois de l'expiration passive, dans laquelle tous les organes reprennent leur forme et volume primitifs par le seul jeu de leur élasticité. Pour obtenir une expiration à fond, pour vider les sommets du poumon, comme le veulent les Américains, il faut se pencher en avant, bras rapprochés et tombants, et contracter, silencieusement, en sifflant légèrement ou en comptant à la façon
Rodolphe, les muscles expirateurs auxiliaires (grand oblique, petit oblique, transverse, droit abdominal, chez les individus maigres, carré des lombes, triangulaire du sternum, etc.). Ainsi, en faisant alterner cette expiration profonde avec la respiration thoracique antérieure, il est facile de fortifier les lobes supérieurs du poumon, les lobes de renfort, comme disait Péters, principalement le droit, normalement plus faible (Monléli), que le manque d'exercice rend si accessibles à la tuberculose. Cependant il ne faudrait pas croire que la gymnastique respiratoire, dont on parle tant, a sur l'homme sain et bien constitué s'exerçant d'habitude, des effets aussi merveilleux que sur les malades dont la ventilation pulmonaire a été réduite, soit par déformation et soit par lésion. Pour ma part, j'en use peu et presque uniquement au cours des exercices de chambre avec élastique, le corps prenant alors avec une grande variété les attitudes favorables à ces exercices. Les actes respiratoires, l'expiration surtout, peuvent encore s'exercer par la parole, le chant, les cris, le soufflage et l'éternuement. Il serait imprudent de recommander de parler dans un pays où tant d'énergie est perdue en bavardages inutiles; et je rappelle seulement qu'un mutisme trop grand a aussi ses inconvénients: pour cette raison, les affections pulmonaires sont plus fréquentes chez les sourds-muets que chez les parlants. Donc, au physique comme au moral: Il est bon de parler et meilleur de se taire ; Mais les deux sont mauvais quand ils sont excessifs. LA FONTAINE. Le chant est une arme à deux tranchants; dans les notes élevées, il n'est pas sans danger pour l'élasticité pulmonaire, cette force permanente et infatigable, comme dit Laulanié, dont on ne tient pas assez compte dans les exercices habituels de respiration. Le cri s'opère par un mécanisme tout différent ; et l'on comprend qu'il ait été considéré de tout temps comme très favorable au développement de la poitrine, notamment par Rabelais qui nous dit, dans un système d'éducation physique hors comparaison, que Gargantua, « pour s'exercer le thorax et le poumon, criait comme tous les diables ».
A propos du soufflage, je rappellerai seulement le jeu des sourds-muets qui consiste à éteindre, en soufflant, une chandelle placée à une certaine distance. C'est le moyen populaire de mesurer la capacité respiratoire, c'est-à-dire la quantité totale d'air qu'on peut expulser après une grande inspiration; c'est aussi un moyen et des plus énergiques d'exercer l'appareil respiratoire. Mais il faut en user modérément chez les individus faibles, sous peine de s'exposer à des accidents immédiats d'anémie cérébrale. Tous ces moyens artificiels de ventilation pulmonaire ne valent pas les inspirations profondes et à plus forte raison l'éternuement qui surviennent spontanément par la simple exagération des réflexes respiratoires, chez les individus bien portants. Il n'est pas prudent, croyons-nous, de provoquer artificiellement l'éternuement par l'irritation de la pituitaire ; mais on peut sans danger, avantageusement même, provoquer les inspirations profondes, soit en suspendant un certain temps la respiration, soit et préférablement en s'étendant horizontalement après s'être exercé en vitesse, loin des repas. Les exercices respiratoires ne doivent pas consister seulement à bien respirer; ils doivent encore nous affranchir, dans une certaine. mesure, du besoin de respirer, le plus impérieux de tous; tellement despotique même chez la plupart des nerveux et des faibles, qu'une interruption d'une dizaine de secondes seulement provoque un certain malaise. On procédera donc de temps à autre à des exercices asphyxiques: fermer une narine et ne respirer que par l'autre (elle doit suffire); puis les fermer toutes les deux le plus longtemps possible, à la manière hindoue; enfin plonger la tête dans l'eau, non seulement pour suspendre entièrement la respiration, mais pour s'habituer à cette idée, terriblement angoissante chez les névropathes, qu'on ne peut pas respirer. Enfin il faut encore prévoir, comme obstacle à la respiration, une pression extérieure. Certains individus y sont très sensibles; pour le moindre poids au creux de l'estomac ou sur les côtes, pour le moindre serrage, ils étouffent. A ceux-là je recommande les exercices respiratoires avec pressions diverses: mains, poids ceinturage par un antagoniste. Cette méthode s'applique d'ailleurs à toute la gymnastique un organe se développe d'autant plus qu'on l'exerce dans des conditions plus défavorables.
On me reprochera peut-être de ne pas parler ici des exercices respiratoires qu'on pourrait appeler chimiques. Je n'ignore pas en effet que la moindre viciation de l'air, la plus légère malodeur parfois, peut-être un obstacle sérieux à l'hématose. J'ai même observé, comme Desbonnet, que les sédentaires habitués au grand air, ceux qui couchent les fenêtres ouvertes, deviennent incapables de supporter l'air confiné. Mais ceci nous entra înerait à des développements autant médicaux qu'hygiéniques. Je dirai seulement qu'il est prudent, pour les gens impressionnables, notamment pour ceux que la moindre réunion d'hommes fait tomber en défaillance, d'affronter de temps à autre l'air vicié, des cafés, des théâtres et réunions publiques. Que dites-vous de ce superbe athlète qui se trouve mal dans un compartiment de chemin de fer, alors que ses compagnons, des paysans flamands, mangent, fument, rient et chantent comme en plein air! § 2. Exercices de circulation. Ces exercices s'adressent principalement au cœur et vaisseaux, aux capillaires et aux lymphatiques, à la poitrine et aux muscles.
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