kaizen:5_corporelle_kinesthesique:cardio:courir

Pour aussi avantageuse qu'elle soit, la marche ne saurait dispenser de la course celle-ci donne une musculature basse plus forte, un appareil circulatoire plus puissant, et surtout un sang plus riche. Que d'individus cherchent vainement dans la marche une vigueur physique que la course seule peut donner! Que d'obèses demandent à l'une l'amaigrissement qu'ils obtiendraient facilement par l'autre ! La graisse résiste souvent à la marche, elle ne résiste jamais à la course. Hormis les poussées de vitesse matinale dont il a été question ci-dessus, la course aura lieu l'après-midi, lorsque la digestion sera à peu près terminée, c'est-à-dire entre trois heures et demie et six heures, suivant le tempérament, et comprendra : cinq jours par semaine, 400 mètres à une allure modérée, suivis bientôt de 100 mètres en vitesse; un jour par semaine, la reprise de la course précédente avec augmentation de vitesse ; enfin une fois par mois, une course de 800 à 1.500 mètres. Les courses de fond sont à rejeter; elles conduisent forcément à cette gent légère par maigreur et par vouloir dont parle Dante dans son Enfer¹. On ne saurait fixer une vitesse commune à des individus très différents. La seule règle est d'arriver frais, c'est-à-dire de pouvoir aisément, à ce moment, parler, siffler, appeler de loin, se défendre ou secourir. Pour cela il faut courir seul et penser plutôt à sa santé qu'aux performances. Il sera ainsi inutile de s'arrêter, à plus forte raison de s'asseoir, entre deux courses; celles-ci entrecouperont simplement la promenade vespérale. Le poumon et le cœur ne vont pas toujours de front; on peut être essoufflé sans accélération notable du pouls, et accéléré du pouls sans essoufflement notable. L'essoufflement se montre ; l'accélération du pouls se cache ; et l'on ne saurait trop recommander à ceux qui sont exposés à la tachycardie (il en est beaucoup dans les névropathes) d'écouter un peu leur cœur ou de tâter leur pouls au cours de l'exercice d'après-midi. Si le cœur s'accélère beaucoup, il faut ralentir l'allure et même reprendre la promenade, quand bien même l'on ne serait pas manifestement oppressé. Chaque forme de course a ses avantages. Outre l'alternance de lenteur et de vitesse déjà signalée; outre la course en extension moyenne habituelle, on aura recours de temps à autre : à la course glissée, lente, mais durable et très économique, tant recommandée par Raoul et Régnault sous le nom de course en flexion, à cause de l'attitude ordinaire du corps ; à la course sautée, rapide et courte, mais puissante, surtout quand elle a lieu sur l'avant-pied, à la façon Müller et Pini : elle fortifie alors étonnamment les muscles abdominaux et s'oppose, plus efficacement que tout autre exercice, à la « poussée du ventre » ; aux courses à reculons, de côté, sur un pied, toutes très courtes. La course à cloche-pied pourra être un moyen d'égaliser le développement des jambes.

Courir

Pourquoi courir :

« Après avoir constaté que les sujets soumis aux exercices depuis quelques mois, avaient, après la course, la respiration plus large et moins fréquente que ceux qui n'avaient pas encore fait de gymnastique, nous voulûmes voir comment se faisait cette transformation

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  • Dernière modification : 2025/12/31 19:28
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