Le sport
Le sport est un loisir et non une méthode d'amélioration continue car pas plus qu un métier, le sport n'assure un développement complet
Aucun sport n’est complet. Aucun ne met en action la musculature entière.
Certains exercices donnent de l’adresse, du coup d’œil,…
Comme dans un métier, si certaines parties du corps se développent, d’autres restent inactives et par conséquent risquent de s’atrophier.
Et tous ceux qui ont suivi les « evenements » sportifs ont pu constater que trop souvent, l’académie des sportifs spécialisés était imparfaite. Ce sont les coureurs à pied aux bras grêles, au corps amaigri, les cyclistes au dos rond, les gymnastes dont toute la musculature s’est réfugiée dans la partie supérieure du corps, dont les jambes paraissent faibles, à côté des bras, condition essentielle pour tenir « planches » et « équilibres». Les haltérophiles aux muscles pesants, d’où toute souplesse, toute vitesse est bannie, qui ne peuvent accomplir aucun effort de durée. Les lutteurs, trop souvent envahis par la graisse, de même que les nageurs de fond et certains rugbymen.
Ces derniers et maints footballers manquent généralement de souffle. Les escrimeurs hypertrophiés d’un côté du corps.
Et si, assez souvent, les pratiquants de la boxe anglaise sont bien développés, celà tient surtout à l’entraînement sévère— culture physique, saut à la corde, course, pousse-pousse, etc… — qu’ils suivent pour se maintenir en forme, plutôt qu’à la boxe elle-même. Car, sauf chez de rares sportifs, sauf dans des groupements encore plus rares, la spécialisation se donne libre cours. Dès que l’on arrive à briller dans un exercice, on néglige tous les autres. Combien voit-on de coureurs qui ne savent pas nager, de lutteurs ou d’haltérophiles incapables de courir, de cyclistes ou de footballers dans l’impossibilité de se rétablir sur une barre fixe ou de soulever leur poids. Plutôt que de chercher à pratiquer rationnellement divers sports, on ne songe plus qu’à celui dans lequel on peut exceller.
Tous les efforts tendent vers ce but : arriver à améliorer ses performances pour se mieux classer, battre un record, enlever un challenge. C’est donc la répétition de gestes toujours les mêmes et forcément incomplets, c’est tout le contraire de l’éducation physique qui veut, elle, l’équilibre corporel.
Nous n’avons pas l’intention ici de diminuer la compétition sportive. Elle est utile, elle stimule l’émulation, apprend aux jeunes gens à vouloir, à être tenaces, leur donne des qualités de virilité. Le sport nous vaut des générations moins amorphes que certaines qui nous ont précédés et où il était de bon ton de paraître poitrinaire ou neurasthénique.
Mais la compétition ne devrait être que le deuxième stade de la vie physique. Seuls devraient y être admis ceux qui, par un entraînement préalable et généralisé pourraient aborder les batailles sportives avec une santé parfaite, sans craindre les accidents ou les déformations. Et encore, souhaiterions nous la création de compétitions de sports multiples : course, lutte et gymnastique, par exemple de façon à trouver chez les concurrents, à la fois : force, vitesse et résistance.
Car dans le sport, comme dans un métier, seul le résultat compte. Si là, on poursuit l’effort pour gagner sa vie, ici, c’est pour gagner l’épreuve et le prix qui y est attribué. Dès lors, ainsi qu’il est logique, seul, cela compte dans l’esprit des participants. Il ne leur est plus loisible de songer à botter le ballon autant de fois du pied droit que du gauche, ils ne peuvent penser au cours d’une épreuve disputée avec acharnement à leurs pectoraux, à leurs lombaires ou à leurs dentelés. Ce qui compte, c’est de forcer la défense adverse, de franchir le premier la ligne d’arrivée, de battre l’adversaire.
Pour atteindre un autre but, pour obtenir le développement complet de l’individu, un moyen, un seul : la Culture Physique parce que seule, elle a été créée pour celà, uniquement pour celà. C’est donc à elle qu’il faut s’adresser avant de faire du sport. C’est elle, il ne faut pas se lasser de le répéter, qui donnera au corps son harmonie et les moyens de pratiquer les sports dans les meilleures conditions.
Car notre intention n’est pas de chercher à en éloigner les jeunes gens ; à la fois culturistes et sportifs convaincus, nous ne voulons pas comme certains, les dresser en frères ennemis, l’un contre l’autre. Si nous blâmons les excès du sport, c’est que trop souvent on dépasse la mesure. Mais nous ne saurions oublier tout ce qu’il peut apporter de beauté, de joie dans la vie parfois si morne et qui recommence sans cesse. Et nous savons de quelle façon éminente il est capable de participer aux loisirs populaires.
Mais nous voudrions que les différents sports ne soient pas l’apanage d’une élite, nous voudrions que tous et toutes s’adonnent à leurs jeux.
Toutefois, de même qu’avant d’aborder les études plus difficiles on apprend l’alphabet, la lecture et les quatre règles, de même avant de se lancer dans un exercice spécialisé il importe, et au plus haut point, de donner à son corps la culture physique, le défrichement musculaire dont il a besoin.
Après, seulement, lorsque cœur et poumons seront sains, forts, lorsqu’une armature de muscles contiendra des organes en excellent état, alors… vive le Sport ! ou plutôt : vivent les Sports, mais à ce moment seulement.
Mais toujours des sports pratiqués simultanément
Exemple : course à pied, lutte et gymnastique ainsi que nous l’indiquions plus haut ou course, haltères et canotage ou boxe, lutte et bicyclette, etc,..
Si on doit pratiquer différents sports ou exercices physique c'est pour un meilleur développement corporel et pour éviter la spécialisation.
But : obtention d’une santé parfaite, à l'abri des maladies, plus résistants, pas d'être le meilleur.
Gallien, célèbre médecin et anatomiste, médecin de Marc-Aurèle, décrivit les excès de la spécialisation sportive.
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