Les aphémies L'aphémie est une incapacité programmée de produire un son ou un mot. Elle s'articule autour de trois exercices différents : -L'aphémie totale -L'aphémie sélective -L'aphémie de suspension Ces trois phases sont indissociables. Elles permettent à un patron ou à un cadre d'entreprise d'acquérir ce fameux pouvoir de persuasion qui fait défaut à la plupart des pseudo-chefs et autres tribuns politiques. La plupart ont chaussé leurs bottes de sept lieues comme des chats bottés intelligents, certes, bardés de leurs diplômes et de leurs certitudes, mais pour ainsi dire aucun n'a l'envergure de son statut. Ils y sont parvenus par la grâce des réseaux de grandes écoles, par les liens du mariage, de la famille, par les coteries ou les loges. Beaucoup aussi sont parvenus parce qu'ils étaient riches. Mais quand il faut fédérer ou convaincre, ils deviennent lamentables et se font représenter par des porte-parole ou des attachées de presse aux formes généreuses. L'aphémie en résumé Pour résumer la technique de l'aphémie, il s'agit d'une programmation neuro-gestuelle d'un phénomène parfaitement naturel la coupure soudaine des cordes vocales en cas de surprise ou de frayeur. Ce phénomène existant naturellement, il est possible de le récupérer dans un dessein constructif, comme c'est déjà le cas pour la plupart des verrous idéomoteurs enseigné dans les stages de PNG. L'objectif premier est de stimuler la capacité d'écoute massive du stagiaire. C'est le rôle de l'aphémie totale. Elle est un passage obligé avant de programmer une aphémie sélective. L'aphémie sélective L'aphémie sélective sert de procédure d'évacuation d'un verbe ou d'une expression polluante dans le discours verbal du sujet. Par exemple le verbe « aller », dans son acception connotée : « je vais le faire »>, et non dans son sens premier dénoté, qui marque la distance : « Je vais à Naples ». L'usage intensif de ce verbe moteur indique que le locuteur a tendance à tout remettre à plus tard (procrastination), et donc à ne jamais tenir ses promesses. En provoquant une aphémie sélective du verbe «< aller », le sujet sera soudainement incapable de l'utiliser dans son discours, donc de l'exprimer à haute voix, et il ressentira un malaise intellectuel dans la construction spontanée de ses phrases. La procédure ne dépasse guère plus de quelques minutes, mais elle a un effet intensif sur le discours spontané du stagiaire. Dans un premier temps, il perdra rapidement l'habitude d'abuser du verbe «< aller » dans son usage connoté. Progressivement, ses comportements procrastinateurs seront neutralisés par un discours dépollué. Car les mots sont des quanta d'énergie qui influencent les conduites et non uniquement les témoins de nos troubles psychiques ou comportementaux. Reste l'aphémie de suspension, qui vient à son tour quand les deux premières phases seront maîtrisées. Et c'est à ce stade qu'intervient la puissance hypnotique du regard. L'aphémie de suspension L'aphémie de suspension agit comme un frein à la parole. Un temps de latence ou un temps mort qui s'installe avant de répondre à un interlocuteur, un temps court mais suffisamment « audible » pour capter l'attention immédiate de celui qui attend la réponse. « Vous prendrez une boisson ? »>, demande le serveur. La réponse fuse après un silence qui représente le substrat de la capture du regard. Un instant suffit. Le serveur repart avec sa commande. Pas de sourires échangés. Juste une information qu'il a notée sur le bordereau de commande. Cependant, le message oculaire dont vous avez marqué sa conscience va toucher la partie compulsive de son psychisme. Il n'oubliera pas de vous servir en priorité. En quelque sorte vous bloquez sa fréquence mentale en provoquant une réaction obsessionnelle. Capturer le regard d'un interlocuteur n'est pas une mince affaire. Les yeux s'évadent en permanence vers les confins du visage. C'est ce que je nomme le regard périphérique. Les inconnus ont peur de se regarder en face, ils ont peur de ce qu'ils pourraient découvrir dans le regard de l'autre. Alors, ils font semblant de se fixer dans les yeux. Les paroles servent de paravent à la curiosité malvenue du regard. Les ados, en particulier, supportent difficilement le poids de ce regard en provenance d'un adulte qui détient l'autorité. Mais tout dépend encore une fois sur quelle image mentale repose ce regard. Les regards de reproche, les regards sévères ou menaçants sont mal perçus car ils puisent leur source dans des sentiments de rejet. Donc, vous devez apprendre à puiser la source du regard que vous posez sur votre interlocuteur ou sur votre public dans un registre convivial, voire généreux. Cette démarche mentale ne s'obtient pas sur commande. Il est indispensable de l'exercer en vous fondant sur des pré-requis. Par exemple, vous abordez une jeune fille qu'un ami vous présente. Le regard que vous lui décernez peut reposer sur l'image d'une rose que vous lui offrez virtuellement. Vous êtes convoqué par votre chef. Ne mettez pas les pieds dans son espace de travail en imaginant une catastrophe ou qu'un reproche vous attend de pied ferme. Imaginez au contraire que vous le croisez sur une plage au soleil. Il est souriant sur votre écran mental alors que dans la réalité il tire une gueule de six pieds de long. Vos pensées influencent la lumière de votre regard, mais aussi toutes les micro-expressions que vos paupières et les muscles orbiculaires qui entourent vos yeux peuvent produire. Et rappelez-vous que l'aphémie de suspension doit toujours précéder la capture du regard, sans quoi, cette dernière n'aura pas l'effet souhaité ! L'acquisition de ce réflexe impose un entraînement individuel et personnalisé au stagiaire. L'aphémie de suspension ne s'adresse pas à tout le monde. Il faut en avoir un usage quotidien, notamment dans le cadre professionnel. Il s'agit de programmer un automatisme et non de faire semblant. Cette programmation prend un certain temps et exige un entretien autonome constitué d'exercices quotidiens obligatoires. Vous devez ressentir le temps de latence qui précède votre réponse et fixer automatiquement le regard de votre interlocuteur sans penser « je dois capturer son regard ». Cela paraît élémentaire, ça ne l'est pas. Désolé de vous ôter vos illusions avec brutalité. La programmation d'un réflexe de ce type prend quelques mois de travail intensif. Mais que ne ferait-on pas pour stimuler son pouvoir de persuasion et acquérir un peu plus de charisme ? L'aphémie de suspension en public Elle est une arme offensive redoutable pour un conférencier ou un formateur. Elle permet de bloquer les esprits des auditeurs sur une fréquence mentale dans laquelle l'attention générale sera beaucoup plus soutenue que pour un discours classique. C'est une question de débit et de rythme verbal. En se programmant une aphémie de suspension, l'orateur va ponctuer son discours, j'entends par là qu'il respectera la ponctuation écrite en verbalisant son propos. Virgules, points-virgules, points à la ligne seront audibles car il laissera gérer le ton du discours par la programmation « aphémique ». Je vous donne un exemple avec le texte d'accueil d'une conférence ! Les traits underscore représentent des soupirs, comme en solfège. « Bonjour à tous je suis le professeur Untel je vous souhaite la bienvenue dans cet échange_ que je souhaite le plus convivial possible Le sujet de mon exposé vous est connu enfin je le suppose_ nous allons découvrir ensemble les lois de base de la PNG___. Pour ce faire je vous proposerai de tester votre réceptivité en pratiquant des exercices élémentaires etc. Les temps de ponctuation ne sont pas volontaires, ce sont des réflexes programmés qui se produisent spontanément. Difficile à croire et pourtant rigoureusement authentique, car l'aphémie de suspension est le duplicata d'un phénomène naturel respiratoire. Un underscore correspond à une virgule; deux à un point-virgule; trois à un point à la ligne. Je ne connais pas mon texte par cœur mais je suis à l'écoute de ma propre voix, du contenu et du débit que m'impose involontairement l'aphémie de suspension. Une expérience mal vécue « Aphémie sélective de contenu expérimentale. Objectif : diminuer la fréquence du verbe “falloir” dans mon discours. Je ne parviens plus à exprimer ce fichu verbe mais il y a pis, je réalise qu'une partie de mon mental est paralysée. Le verbe “falloir” détermine un pan entier de mon discours. Je me sens comme écrasé, stupéfait et stupide. L'effet s'estompe au bout de quelques minutes. Je retrouve de l'espace mental. Huit minutes plus tard, mon verrou oculaire - en mode d'arbitrage - se déverrouille. Je reviens à la surface. Plusieurs exercices du genre seront nécessaires pour casser l'invasion du verbe “falloir”. Mais à quoi tout cela a servi, en définitive ? Maintenant, je prends conscience que je dois (obligation) et qu'il ne faut plus (forcing). Je réalise aussi que le verbe incriminé était, en ce qui me concerne, un vecteur de stress majeur. Un stress proportionnel à l'usage pléthorique de ce «< il faut » tyrannisant qui me plaçait sous la contrainte permanente et phagocytait par la même ma capacité à assumer mes responsabilités.
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