4. Savoir parler aux femmes, surtout à la sienne Quand votre femme râle, à votre avis, c'est un appel à l'aide ou pour relâcher la pression ? Et quand un collègue s'exclame «< Oh la la, quelle journée ! », vous lui répondez quoi : <«< Oui, vivement qu'elle se termine » ou: « J'ai déjà connu pire » ? Ou encore, si une fille vous dit « Désolée, mais ça ne m'intéresse vraiment pas », vous comprenez que c'est un « non » catégorique ou que vous pouvez revenir à la charge ? Pas évident! Nous avons partagé les mêmes bancs d'école, nous parlons la même langue (maternelle), pour autant, on ne fonctionne pas à l'identique. Nous ne parlons pas pour les mêmes raisons, des mêmes choses ou de la même manière ; les mots, les phrases n'ont pas forcément le même sens pour un homme ou une femme. On croit qu'on se comprend, alors que les malentendus sont d'autant plus galopants que les temps sont durs. De là, des moments pénibles au quotidien, au bureau comme à la maison. Pourquoi vous ne comprenez rien aux femmes ? Deborah Tannen, une linguiste américaine, a montré qu'à la différence des hommes, les femmes expriment rarement leurs demandes d'une façon directe. Elles cherchent plus le consensus qu'à imposer leur point de vue. Évidemment, pour un homme, ce type d'attitude est fréquemment incompréhensible. Il le ressent comme de l'indécision et, en général, il a du mal à le supporter. Alors, il tranche d'une manière unilatérale en pensant que c'est ce qu'on attend de lui. Ce qui agace prodigieusement les femmes. Autre source de mésentente dévoilée par Deborah Tannen: si les femmes lancent plus souvent (et entretiennent) les conversations, ce sont les hommes qui les contrôlent. En restant silencieux (afin qu'elles changent de sujet), en grognant (pour manifester leur intérêt), et plus souvent en leur coupant systématiquement la parole (jusqu'à 96 % d'interruptions). De son côté, une linguiste suisse, Edith Slembek, a calculé que les femmes utilisent deux fois plus le conditionnel que les hommes et cinq fois plus d'expressions limitatives comme «< éventuellement » ou «< un peu ». Elles posent aussi trois fois plus de questions, ponctuent leurs phrases de « n'est-ce pas ? », ou ne les terminent pas, et s'excusent plus fréquemment. En conséquence, leur discours est souvent perçu par les hommes comme hésitant («« Elle ne sait pas ce qu'elle veut ») et jugé, à tort, peu important. Bref, si vous voulez avoir plus d'impact sur les femmes, commencez d'abord par les écouter, les laisser s'exprimer et les prendre au sérieux. Dans le couple, c'est la femme qui domine ! C'est la conclusion d'une étude effectuée par des chercheurs de l'université d'État d'lowa (États-Unis). Ils ont étudié dix minutes de discussion portant sur des conflits ou des problèmes à régler chez des couples âgés en moyenne de 33 ans et mariés depuis sept ans. Résultat non seulement les femmes parlent plus, mais c'est leur point de vue qui prévaut. Les chercheurs pensent que c'est parce qu'elles prennent davantage de responsabilités par rapport à la relation, les tâches et le bien-être de chacun. Comment les manipuler en douceur ? Pour une femme, le discours masculin est souvent perçu comme agressif dans le ton comme dans les formulations. Vous voulez apprendre à mieux vivre et travailler avec les femmes, voire vous avez des intentions malhonnêtes, commencez par recaler votre langage et adopter les bons mots (et des intonations un peu plus suaves, on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre). Voici quelques scénarios de la vie quotidienne où, en manipulant une femme avec des pincettes, vous multipliez vos chances d'obtenir ce que vous voulez. Demander un service Vous dites: « Quand tu auras un moment, tu pourras aller chercher mes chemises au pressing? »> Une femme comprend : « Tu n'en fiches pas une, tu pourrais au moins… » ⚫ Vous devez dire: « Je sais que tu es très occupée, mais si tu pouvais trouver un moment, ça m'aiderait bien si… » Vous avez un job, vous faites vos 35 heures, voire 50 si vous avez les crocs, mais au fond, vous vous la coulez douce. La journée d'une femme est en moyenne trois fois plus lourde que la vôtre. En plus de son job, les enfants (vous les déposez souvent à l'école, vous les emmenez souvent chez le médecin ?), la maison (une femme passe trois fois plus de temps que les hommes à faire le ménage, la cuisine, les courses ou à s'occuper du linge)… Bref, si vous n'y mettez pas les formes, c'est normal qu'elle bloque des quatre fers. Donner un ordre Vous dites: « Tiens, fais le compte rendu de la réunion. » Une femme comprend : « Rends-toi utile pour une fois. » • Vous devez dire: « Voudrais-tu s'il te plaît… » ou : « Je sais que tu es débordée, mais si tu pouvais… » Pour vous, c'est normal de s'exprimer à l'impératif. Dans le monde masculin très hiérarchisé, il y en a toujours un qui commande et un autre qui exécute. Entre hommes, ça marche, personne ne se vexe, et ça fait gagner du temps. En revanche, une femme se sent presque toujours vexée, voire humiliée, quand on s'adresse à elle sur ce mode-là. Elle a beau faire jeu égal avec les hommes, même les surpasser, dans sa tête, elle a encore souvent le sentiment d'être le deuxième sexe. C'est normal, on n'efface pas des milliers d'années de domination masculine du jour au lendemain. Proposer un coup de main Vous dites: « Tu veux que je t'aide ? » Une femme comprend : « Tu ne t'en sors vraiment pas, ma pauvre chérie… » • Vous devez dire: « Laisse-moi t'aider » ou : « Je peux t'aider, on gagnera du temps. » À moins d'être un mâle mutant, vous continuez à penser que les femmes sont incapables de se débrouiller toutes seules. Aussi, chaque fois qu'une femme réfléchit tout haut ou qu'elle râle pour soulager la pression, vous croyez à tort qu'elle émet des SOS. Mais, pour une femme, parler des problèmes au fur et à mesure qu'ils se présentent, c'est penser à haute voix, une manière de mettre en forme ses idées. Quand vous lui proposez des solutions toutes faites, au lieu d'écouter, elle se sent automatiquement dévalorisée, rabaissée. Refuser quelque chose Vous dites: « Non, pas question. » Une femme comprend : « Je me fiche de mon problème, de toi »>, « Tu n'auras jamais ta promo, ton augmentation… » ⚫ Vous devez dire : « Je ne peux pas pour le moment, mais… », « Je vais y réfléchir… » Pour vous, « non »>, ça veut dire « pas maintenant », « plus tard peut-être ». Un autre homme comprendrait que ça n'a rien d'absolu ni de définitif. II reviendra à la charge plus tard, quitte à présenter les choses d'une manière différente. En revanche, sur la planète femme, comme on est élevée dans la gentillesse, la prévenance, on apprend à se mettre en retrait, voire à se sacrifier. Un simple « non »>, c'est comme un couperet qui tombe, elle se sent rejetée. Faire un compliment, exprimer sa satisfaction Vous dites: « Tu t'en es pas mal sortie. » Une femme comprend : <«< Je m'attendais au pire », « Tu aurais pu mieux faire ! » • Vous devez dire: «< Je suis content de ce que tu as fait ; tu m'as vraiment épaté ! » ou : « Grâce à toi, on a gagné. » Les hommes ont l'habitude de s'attribuer tous les mérites. Ils dénigrent ou minimisent toujours ceux des autres. Pour les anthropologues, c'est une attitude archaïque qui date du temps où celui qui avait tiré la meilleure flèche sur le mammouth s'attribuait la plus grosse part. Mais, sur la planète Vénus, on ne fait pas d'autopromotion, en tout cas beaucoup moins on se contente de bien faire son travail et on s'attend à ce que les autres reconnaissent spontanément nos mérites. Chaque fois que vous ne le faites pas (souvent), que vous minimisez (tout le temps), une femme imagine le pire : « Je ne suis pas à la hauteur », « Je l'ai une fois de plus déçu »… La faire changer d'avis, de cap Vous dites: « C'est nul, ton truc ! »
Une femme comprend : « Tu es incapable, stupide, tu me déçois beaucoup, tu vas être virée… » • Vous devez dire : « Je ne le sens pas comme ça, je crois que tu devrais plutôt… » ou «< Je n'aime pas ce que tu as fait, à mon avis… » Pour un homme, dire «< c'est nul » est de l'ordre du tic de langage. Cela n'a en soi rien d'agressif, c'est juste une façon de demander à quelqu'un de s'expliquer. Un autre homme sait d'instinct qu'il ne court aucun risque, ne se sent pas fondamentalement remis en question. En revanche, pour une femme, comme le plus important n'est pas ce qu'on réussit (le résultat), mais la manière de faire les choses (harmonieuse, consensuelle), tout reproche, légitime ou non, dans son travail, est plus ou moins ressenti comme une remise en cause personnelle de sa féminité. 15 petites phrases qui tuent Voilà ce que l'on dit souvent et qu'une femme entend. À éviter autant que possible, pour ne pas dire absolument ! Tu as l'air fatiguée. = Tu as une sale tête. Je suis fatigué. = Fiche-moi la paix ! Non, je n'ai pas le temps. Il ne veut pas m'aider. Mais oui, je t'aime. = Arrête de me coller. Je suis comme ça. = C'est à prendre ou à laisser. Je n'y comprends rien. = Fiche-moi la paix avec ça. Comme tu veux, ça m'est égal. = Il s'en fiche. Tu veux en venir où ? = Tu m'ennuies avec tes histoires. Je vais le faire, ça ira plus vite. = Tu traînes vraiment trop. Tu t'en sors ? = Ça m'étonnerait que tu y arrives. Qu'est-ce que tu veux dire ? = Tu racontes n'importe quoi. Débrouille-toi toute seule. Tu m'embêtes avec tes problèmes. Je m'en occupe. = Arrête de pleurnicher. Où on va ce soir ? = Il n'a pas envie de sortir. Quand est-ce qu'on mange? = Tu n'as rien fichu de la journée.
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