Chapitre 8: Recommencez à vivre à fond.

Parvenir soi-même à la transformation que l'on souhaite pour le monde. Mahatma Gandhi.

Quatrième étape: Le comportement adulte. Vous avez envie de recommencer à vivre à fond votre vie?

Vous désirez vivre librement, sans limites fixées par la peur, l'envie ou l'une de vos vieilles réactions d'enfant ? Si vous voulez vraiment transformer votre vie, sachez que vous êtes en train d'ouvrir la porte qui donne sur toutes sortes d'aventures et de défis. Le plus grand défi a été de vous lancer dans la confrontation avec chaque type de sentiment. Résultat à la fin de votre parcours, vous aurez une vie plus remplie et plus épanouie et vous vous sentirez beaucoup plus vivant. Si vous prêt à relever ce défi, vous êtes prêt aussi à suivre la quatrième et dernière étape du Processus : le “comportement adulte”. Ce sont vos expériences et vos souffrances qui ont écrit votre biographie émotionnelle. Explorer ces émotions vous permet de changer votre manière d'être et votre système de croyances et d'éviter les répétitions. Cette exploration vous permet de tirer minutieusement la leçon de vos émotions et d'avancer sur le chemin du changement et de la découverte de vous-même. Tout comme une vieille colère peut se muer en pardon, une vieille peur peut elle aussi se muer en courage, et la honte en respect de soi-même. Vous pouvez changer de cap en utilisant vos émotions comme catalyseur. Pour faire face à la douleur, la peur, la beauté et la joie qui en découlent, vous devez vous engager à fond. Quand vous aurez enfin accepté vos émotions bloquées, malsaines, et que vous les aurez remplacées par une attitude d'acceptation aimante, c'est que le processus de guérison aura agi profondément en vous. Vous serez capable d'aimer et d'accepter l'amour, ultime leçon de vie. L'Enfant émotionnel a appris à écouter et à coopérer avec le côté rationnel plus adulte de l'être. Vous savez que le monde est un lieu sain et qu'il vaut la peine d'exprimer ces émotions. Vous vous êtes engagé à apprendre de nouveaux modes de comportement. Qu'est-ce que les émotions attendent pour émerger dans un monde ouvert à de multiples comportements nouveaux ? Les cinq grandes émotions. L'être humain vient au monde avec cinq émotions majeures: la peur, la colère, le chagrin, la joie et l'amour. Exprimée de manière saine, la peur protège l'individu; la colère permet de poser des limites salutaires, et le chagrin de verser des larmes de guérison. La joie procure l'enthousiasme de vivre la vie avec passion, tandis que l'amour fournit le confort des relations positives. Ce sont les émotions essentielles qui charrient une myriade de sentiments éprouvés par l'être humain au cours de sa vie. Cependant, ces émotions peuvent être bloquées et malsaines et celle qui a le plus à en pâtir, c'est l'amour. Le terme “émotion”, dérivé du latin emouere, signifie avancer, faire un mouvement. Si l'être humain devient “sans-mouvement”, il arrête de s'émouvoir et ses sentiments sont bloqués. Il est facile d'imaginer ce qui peut arriver à un petit enfant vulnérable. Ne voulant pas ressentir la douleur de l'abandon, de l'absence d'amour, il se défend en gardant ses émotions pour lui. Les strates émotionnelles épaississent au fur et à mesure des années jusqu'au jour où elles sont devenues impénétrables à l'âge adulte. Comme le disait C.G. Jung, “il n'y a pas de naissance de la conscience sans douleur”. Quand l'être humain fait un retour en arrière sur ces strates, il revit ses douleurs d'enfant. C'est très inconfortable, mais c'est une expérience nécessaire pour débloquer les émotions. Après seulement, il pourra accéder à la joie et à l'amour de son état originel. Vous ne pouvez pas faire l'impasse sur les strates émotionnelles. Vous devez en passer par là. Combien de temps vous faudra-t-il pour entrer en contact avec vos sentiments ? Les observer en détail vous permettra de vous imprégner de leur richesse. Les débuts émotionnels: au-delà de l'indifférence. Chacun passe sa vie à nier ce qu'il ressent parce qu'on lui a appris que c'est normal. Quand vous étiez jeune, vos parents, les enseignants, les adultes de votre entourage vous ont dit : “Mais non, ce n'est rien !”, “Tu n'as aucune raison de pleurer”, “Tout va bien. Sois sage”. Dans l'enfance, on vous a dit sans arrêt que ce

que vous ressentiez était faux, que ce n'était pas “véritablement” ce que vous ressentiez. Les parents, les enseignants savent tout, alors vous les avez crus. Vous vous êtes dit: “Tu as raison, ce n'est pas vraiment ce que je ressens !” Au cours des années, la gamme émotionnelle perd de plus en plus de notes. Vous avez remballé votre colère, votre tristesse et votre vulnérabilité. Malheureusement, vous avez remballé du même coup votre joie de vivre et votre désir spontané de donner et de recevoir l'amour. Pour retrouver vos émotions, il faut d'abord reconnaître le sentiment correspondant. Quel qu'il soit! Si vous êtes en colère, ne le niez pas parce qu'on vous a dit que ce n'est pas bien d'être en colère. Si vous êtes bouleversé ou déprimé, reconnaissez-le, ne rejetez pas cette émotion. Pas au bureau, bien sûr, remettez l'analyse de cette émotion à plus tard, mais gardez-la dans votre conscience. Imaginez que chaque être humain a une immense source d'amour en lui. Malheureusement, l'amour ne peut pas irriguer chaque part de l'être et son entourage, il est bloqué et ne peut pas sortir, car il est étouffé par l'amas d'émotions bloquées. Cinq strates émotionnelles étouffent la “coupe d'amour”. Le dessin ci-dessous illustre la manière dont les émotions bloquées, comme d'épaisses couches de béton, empêchent l'amour d'irriguer la vie de chaque être humain. Les émotions bloquées sont entassées les unes sur les autres et renforcent le blocage qui voile l'amour dans la vie de chacun. Illustration: La coupe d'amour. Un verre à pied avec les différents niveaux suivants : - Le pied: Amour (Niveau 6) Ensuite du niveau le plus bas au fond du verre, vers le haut du verre : - Vengeance (Niveau 5) - Colère (Niveau 4) - Honte (Niveau 3) - Douleur (Niveau 2) - Peur (Niveau 1) Votre mission est de casser consciemment les strates de la “coupe d'amour” une par une. Ce chapitre est consacré à l'exploration de chacune d'elles pour vous aider à trouver une voie nouvelle et saine de vivre la réalité. En reprenant contact avec chaque émotion séparément, vous sentirez immédiatement s'il y a un blocage non résolu qui exige un traitement. Vous avez déjà débloqué les vieilles émotions, vous pouvez faire un pas en avant et remonter jusqu'à la source d'amour qui nourrit votre vie. Votre coupe d'amour pourra déborder et répandre l'amour sur vous et les autres. Niveau I l'émotion naturelle de la peur. Très tôt dans votre développement, vous avez fait l'expérience de la peur. Elle est à la fois la sonnette d'alarme de “survie” et le sauveteur du corps. C'est le “bats-toi ou fuis” instinctif que vous ressentez dans le ventre face au danger. C'est aussi un lien direct avec votre sixième sens, l'intuition, qui vous avertit d'un danger imminent et qui trouve le moyen de vous faire rater l'avion qui va s'écraser ou de freiner pour éviter une voiture. Cette peur, salutaire, décroît avec le temps, elle implique un sentiment de gratitude et même une sorte de respect mêlé de crainte Comment diable est-ce que j'ai réussi à échapper à cela ? Dieu merci ! Mais si dans votre enfance, vous avez fait l'expérience de la peur synonyme d'insécurité, une strate de peur et d'incertitude a pu subsister dans votre vie adulte. Dans certaines situations, vous êtes incapable de trouver la réponse appropriée. Vous êtes récupéré par le “vieux cerveau” enraciné dans le passé. Au lieu de répondre, vous ne faites que “réagir”. Vous semblez incapable d'aller au-delà de la peur qui vous ronge l'estomac et se manifeste par un comportement inconscient: attaque de panique, anxiété sans raison, peur du changement, tout un éventail de phobies, comme la peur des araignées ou de l'altitude. La peur décalée est une manière d'être irrationnelle, figée. C'est elle qui vous fait bégayer en public, raser les murs, adopter une mentalité bornée et vous rend incapable de relever un défi. La peur décalée vous remplit aussi de terreur à la perspective du futur et vous vole toute spontanéité et toute joie de vivre. La peur peut culminer dans la paralysie. Comment guérir de la peur. Il n'y a rien dont on doive avoir peur, sinon de soi-même. Franklin D. Roosevelt. Pour guérir de vos réactions décalées, vous avez besoin de faire un retour en arrière sur vos peurs du passé, en particulier sur celles de votre enfance. Vous devez dépasser votre peur d'être ce que vous êtes réellement, et reprendre le pouvoir. Même si la décision est prise par l'adulte conscient de ce qu'il fait, la peur reste malgré tout une perspective terrifiante. Vous la ressentez encore comme si vous étiez resté un petit enfant incapable de se défendre. Une part de l'adulte ne sait pas quoi faire ni où aller. Prise de conscience et expression de la peur. En utilisant les techniques de la visualisation, vous pouvez revisiter des scènes de votre enfance et vous libérer de votre terreur. Les parents intérieurs ou les monstres imaginaires ne peuvent plus contrôler ou manipuler vos réactions. C'est vous qui contrôlez votre vie ! Peur de la confrontation. Isabel, architecte, était terrifiée rien qu'à l'idée d'une confrontation. Son entreprise avait instauré des réunions régulières de feed-back pour assurer une meilleure communication entre les membres du personnel. Pour elle, ces réunions étaient de véritables champs de mines qui allaient l'assaillir de critiques et lui faire perdre son travail. À ses yeux, la moindre remarque passait pour une critique et au lieu de répondre normalement, elle restait silencieuse, se mettait à transpirer et se renfermait dans sa coquille. Après coup, elle s'en voulait terriblement.

Je décidai d'utiliser avec Isabel la technique de “l'ascenseur”. Je voulais la rendre capable de réaliser ce qui se passait dans son esprit conscient. Durant l'exercice, Isabel se souvint d'une scène de son enfance, à l'âge de six ans : elle était à la maison, debout devant le bureau de son père qui lui disait d'une voix forte qu'elle n'avait pas été sage ce jour-là et qu'elle avait cassé une lampe. “Mais ce n'est pas moi”, avait-elle répliqué pour sa défense. “Ne réponds pas !”, avait crié son père furieux, la regardant sévèrement, le visage rougi par la colère. Désespérée, elle avait fondu en larmes. Je l'encourageai à répondre au père de son enfance : “Qu'est-ce que tu voulais vraiment lui dire ? -S'il te plaît, ne sois pas injuste. Ce n'est pas moi qui ai cassé la lampe. - Est-ce qu'il te croit? - Non, il est encore en colère. - Bon, alors, élève la voix et sois ferme, comme ça, il fera attention à toi. Ne t'excuse pas. - C'est dur pour moi. - Je sais, lui répondis-je, mais fais-le quand même. -Ne me gronde pas pour quelque chose que je n'ai pas fait”, cria-t-elle. J'en suis resté tout interloqué. Isabel la petite souris était devenue une lionne. “Comment te sens-tu en disant ces mots ?, lui demandai-je. - Super, me répondit-elle. Je sens qu'en fin de compte, j'ai une voix pour m'exprimer.” Je la ramenai à son âge actuel : “Imagine que tu participes à une réunion de feed-back avec tes collègues. Regarde bien la différence maintenant. Respire avec ce sentiment et laisse-le pénétrer dans toutes les parties de ton être. Visualise-toi comme une femme forte, capable de s'exprimer. Fais-en un modèle de comportement pour les situations à venir, pour d'autres réunions.” Je restai en contact avec Isabel durant quelques mois après cette séance, et elle me dit qu'en fin de compte, en refaisant l'exercice de l'ascenseur, elle avait réussi à changer son attitude intérieure. Elle était capable non seulement de participer à une réunion sans paniquer, mais aussi d'y contribuer comme membre de l'équipe à part entière. Si vous désirez explorer une peur profondément tenace, faites vous aussi l'exercice suivant. Encadré: L'ascenseur. 1: Imaginez une de vos peurs. Une peur précise, par exemple parler en public, ou une peur plus générale, par exemple la peur du succès. Voyez son impact sur vous et entrez en contact avec votre désir de vous en débarrasser. 2: Imaginez un ascenseur en face de vous portant l'inscription “Expériences du passé”. Montez dans l'ascenseur et appuyez sur le bouton où est écrit “Comment ai-je appris cette peur ?”. L'ascenseur descend au moins sept étages à travers les années et à travers les différents niveaux de conscience. Les portes s'ouvrent et vous sortez. La question trotte encore dans votre tête: “Comment ai-je appris cette peur ?” 3: Essayez d'abord de savoir quel âge vous avez dans cette scène. Regardez en face de vous. Qui est là? Que se passe-t-il ? Quoiqu'il arrive, laissez les choses venir à vous sans les juger. S'il y a d'autres personnes présentes, que disent-elles ? Comment vous sentez-vous ? Ressentez l'impact de la scène sur votre corps et votre respiration. Imaginez maintenant que vous parlez aux personnes présentes et que vous changez de rôle dans le scénario. Faites le tour de la scène, la peur est partie. À sa place, vous ressentez force et confiance en vous et vous avez recouvré votre voix pour vous exprimer. Suivez attentivement vos sentiments quand vous refaites la mise en scène. Si vous êtes seul, parlez-vous avec votre nouvelle voix. 4: Quand vous ressentez le changement intérieur et que vous percevez le tournant émotionnel, reprenez l'ascenseur et retournez à la réalité présente. Rejouez maintenant ce changement intérieur en le transposant dans une situation actuelle de votre vie adulte. Est-ce que la situation est agréable? Notez tout par écrit pour mieux fixer cette expérience dans votre catalogue de réponses émotionnelles et intellectuelles. C'est le début d'un comportement adulte. Niveau II: l'émotion naturelle de la douleur. Le remède à la douleur est dans la douleur elle-même. Roumi. Une fois dépassée la paralysie de la peur, vous entrez en contact avec la douleur tenace, bien décidé à la laisser partir. Cette douleur est une émotion naturelle et elle a sa raison d'être. C'est le chagrin éprouvé à la mort de personnes proches, la tristesse vécue dans les relations ratées et le regret des chances que vous n'avez pas saisies. La douleur qui accompagne ce chagrin peut être très profonde. Vous avez toujours voulu aimer et être aimé. Au lieu de cela, vous avez trouvé la froideur, le rejet. Alors, vous vous êtes protégé en érigeant un mur supplémentaire entre l'amour tendre et le monde dur dans lequel vous vivez. C'est l'origine de la strate émotionnelle la plus épaisse et la plus difficile à casser. Vous pensez qu'il y a trop de risques à vous laisser aller à la faiblesse et à la vulnérabilité. Pour certains, les larmes sont un signe de faiblesse et la douleur doit être ignorée ou niée. Si vous ne montrez pas votre douleur, c'est que vous êtes “courageux”. Elle s'est montrée si courageuse, elle n'a pas versé la moindre petite larme, c'est le message que j'ai entendu durant toute mon enfance. Mais en reniant douleurs et chagrins, vous avez fini par perdre peu à peu le piquant naturel de la vie. Cela vous a mené droit à la dépression. Sans raison apparente, vous croulez sous les sentiments de culpabilité, vous êtes plein de remords, de regrets et vous vous apitoyez sur votre sort. Pour éviter la douleur, certains choisissent la dépendance: ils deviennent accro du travail, de la nourriture, des régimes diététiques, des exercices physiques, des montées d'adrénaline, du sexe et de l'alcool bien sûr. Les comportements compulsifs les aident à empêcher leur douleur d'émerger. Comment guérir de la souffrance. Se résigner à la souffrance signifie renoncer à la connexion avec l'esprit. Il faut traduire la souffrance en action et les larmes en croissance. Menachem Mendel Schneerson.

Prise de conscience: que faites-vous de la souffrance qui étouffe votre coeur ? Pensez d'abord aux messages reçus durant votre vie et qui expriment cet état. Vous a-t-on appris que le chagrin est une part naturelle du maquillage émotionnel et qu'il y a des moyens salutaires de s'en libérer ? Si oui, vous avez vraiment de la chance. Quelles sont les vieilles souffrances dont vous devez vous libérer ? Méditez sur ce qui se cache en dessous du masque de courage que vous portez en société. Qui protégez-vous ? Certains thèmes peuvent vous paraître évidents. D'autres sont peut-être encore cachés. Quels aspects de votre vie continuent à vous remplir de tristesse ? Quels aspects de votre vie vous rendent toujours aussi vulnérable? Complétez les phrases suivantes aussi vite que possible, sans censurer vos réponses. Je suis toujours triste quand… Laissez les images défiler devant votre oeil intérieur et souvenez-vous d'elles comme d'un cliché dans un album de photos. Puis changez de phrase: Je souffre encore quand… Je ne peux m'empêcher de pleurer quand… J'ai encore besoin de lâcher prise quand… Il me manque… Expression de l'émotion: j'espère que vous avez réussi à entrer en contact avec quelques- unes de ces vieilles souffrances. Quand vous sentez qu'il est temps de les laisser partir, faites vos préparatifs pour vous rendre dans un endroit tranquille, chez vous ou dans la nature. Respirez profondément et méditez, puis entrez doucement dans cet espace de souffrance. Prenez le temps d'explorer chacun de ces “arrêts sur image”, aussi profondément que possible. Si les larmes montent, laissez-les venir. Les larmes permettent d'exprimer la souffrance et la tristesse d'une manière naturelle. Elles déblaient les émotions bloquées et libèrent l'accès aux sentiments. Il y a deux sortes de larmes : les pleurs pour demander de l'aide ou les sanglots exprimant une profonde détresse qui affecte tout le corps. Les pleurs pour demander de l'aide surviennent souvent dans un moment de profond désespoir et impliquent l'apitoiement sur soi-même, la peur et les larmes de crocodile. Pourtant, c'est à partir des sanglots exprimant sa profonde détresse que l'être humain est capable de laisser sortir entièrement ce qu'il retient aussi bien dans son coeur que dans son corps. Les sanglots emportent l'être humain dans un espace si profond qu'il a parfois peur de ne plus jamais refaire surface. En pleurant, il s'enfonce dans les strates qui recouvrent son coeur, et se connecte avec son Essence. Ce genre de pleurs ne doit pas durer longtemps. Le sentiment de libération ressentie dans le corps une fois que les sanglots se sont apaisés, est souvent très profond. Plus tard en fait, durant le voyage de guérison, l'être humain peut arriver à un point où il a l'impression que les larmes ne s'arrêteront jamais. Il se retrouve en train de pleurer sur les choses les plus infimes, et une voix intérieure lui dit qu'il est “stupide, trop émotionnel, incontrôlé”. Mais au lieu de battre votre coulpe, pensez que c'est enfin l'occasion, et le droit, pour votre Enfant émotionnel de laisser couler toutes les larmes non versées. Laisser partir les souffrances et les chagrins établit une connexion entre l'être humain et son Enfant émotionnel, ainsi que son Moi essentiel. Mon frère s'est suicidé il y a quelques années. Il était maniaco-dépressif depuis son adolescence et avait l'impression qu'il n'y avait pas d'issue à son sentiment d'échec personnel. Son suicide ne fut pas un cri pour attirer l'attention. Il s'est simplement jeté sous le métro de Londres, laissant une courte lettre très triste: “Je ne peux pas ressentir d'amour envers moi ni envers qui que ce soit d'autre”. Durant une grande partie de ma vie, j'avais été coupé de mes sentiments, incapable de pleurer. Quand j'ai enfin réussi à pleurer, je me suis barricadé pour éviter les innombrables demandes et appels téléphoniques qui affluent inévitablement à la mort d'un parent proche. J'avais des photos de mon frère sur moi, quelques lettres et des objets qui me le rappelaient. Je me suis retiré dans une pièce calme et j'ai pleuré comme jamais auparavant. En y repensant, je sais que je n'aurais pas pu me laisser aller tant que mon coeur n'aurait pas fait l'expérience d'un chagrin adulte. Connaissez-vous un endroit où aller pour vous laisser aller à vos émotions sensibles? Il ne vous faut pas nécessairement une pièce entière. Un coin peut suffire. Asseyez-vous dans le calme. Si vous le désirez, allumez une bougie et “stoppez le monde”. Vous avez sans doute l'impression d'être trop occupé pour vous arrêter. C'est pourtant un pas nécessaire à l'expression de votre souffrance. Que votre souffrance libérée fasse l'expérience d'un rituel de guérison ! Niveau III: l'émotion naturelle de la Honte. Si vous êtes en route pour redécouvrir l'état originel où vous vous sentez digne d'être aimé, vous devez creuser plus profondément encore, aller au-delà de la peur et de la douleur, dans les émotions les plus intimes. Vous avez un long parcours devant vous dans votre côté sombre. Pour certains, le côté le plus sombre est celui de la honte. C'est très sain d'éprouver du remords si vous avez blessé quelqu'un consciemment ou que vous vous êtes comporté de manière inappropriée. Ou bien si vous découvrez que vous avez causé de la peine sans le savoir. Si vous êtes conscient d'avoir fait du mal ou manqué de respect envers quelqu'un, vous êtes motivé pour vous racheter et sortir grandi de cette expérience. C'est le côté sain de la honte. Mais on a chacun en soi également des sentiments de honte malsaine. La honte est fondée sur l'éducation émotionnelle. Vous l'avez apprise quand vous étiez encore un petit enfant vulnérable qui cherchait un encouragement et un coup d'épaule pour vos propres opinions auprès de vos parents, des éducateurs, de l'environnement dans lequel vous avez grandi. Au lieu des encouragements, vous avez souvent récolté des critiques et fini par les croire. À partir de là, vous avez senti que vous n'étiez pas assez bien. Maintenant, quand vous faites quelque chose, vous êtes envahi par cet horrible sentiment; il vous donne envie de fuir, de vous cacher derrière votre rôle et vos comportement compulsifs. Vous avez trop honte pour faire face ou même montrer votre honte. Au lieu de cela, vous dénigrez les autres pour vous sentir mieux: “Tout va bien de mon côté, c'est vous qui avez un problème”. C'est la triste vérité : un grand nombre de personnes occupant des postes de responsabilité sont profondément enfoncés dans cette honte malsaine. Que signifie la “honte” à vos yeux ? Être embarrassé, vous sentir coupable, rougir ? Un sentiment irrépressible quand vous réalisez que vous avez répondu complètement à côté de la plaque

? Le moment où vous souhaitez que le sol vous engloutisse ? Le sentiment de ne pas être à votre place, d'être quelqu'un d'autre ? Avez-vous honte de certaines choses que vous avez faites, tellement honte que c'est pratiquement impossible d'en parler à quelqu'un d'autre ? Avez-vous des secrets qui vous empoisonnent l'existence par leur intensité accumulée ? La honte est le corollaire de l'autopunition. Elle est beaucoup plus forte que la culpabilité. La culpabilité dit: “J'ai fait quelque chose de mal”, alors que la honte dit: “Je suis mauvais”. Ce n'est pas simplement le sentiment d'avoir fait une erreur. C'est le sentiment d'être une erreur. La voix intérieure dit: “Si les gens savaient qui je suis réellement, ils ne voudraient plus jamais avoir affaire à moi”. Avec la honte, l'être humain éprouve le terrible sentiment qu'en dépit de ce qu'il fait, de l'argent qu'il a, des thérapies qu'il a suivies, il aura toujours le sentiment d'avoir en lui quelque chose de foncièrement mauvais. Donner un nom à votre honte demande beaucoup de courage parce que cela implique de vous mettre à nu. Ce n'est pas agréable de se sentir exposé au regard des autres. Même si votre honte vous paraît atroce, à vous ou à quelqu'un qui vous écoute le coeur ouvert, c'est peut-être une erreur qui vous aide à apprendre. Le soulagement qui résulte de votre libération se passe de mots. Vous devez réellement vous libérer de votre honte, sinon elle risque de devenir une sorte de chien menaçant qui tente sans arrêt de vous mordre à la cheville, réduisant à néant la paix de votre âme. Comment guérir de la honte ? Prise de conscience: de quelles erreurs commises dans votre vie avez-vous vraiment honte ? Quels sont les secrets cachés que vous croyez incommunicables à qui que ce soit? Soyez gentil avec vous. Si cela vous inquiète de les fixer par écrit, fixez-les dans votre mémoire. Est-ce l'argent volé quand vous étiez enfant ? La liaison que vous avez eu en cachette de votre partenaire ? L'associé dont vous vous êtes débarrassé ? L'avortement pratiqué quand vous ne vous sentiez pas prêt à avoir un enfant ? Les moments où vous avez rayé les gens de votre vie ? Passez votre vie en revue en gardant cette pensée près de votre coeur : “Si je peux pardonner aux autres, je peux me pardonner à moi-même”. Expression : le moyen le plus efficace de guérir la honte malsaine, c'est de l'exprimer auprès d'une personne de confiance. Mais si vous ne souhaitez pas vous confier à quelqu'un, exprimez votre honte par écrit. Vous pouvez apprendre à vous pardonner les scènes de honte et les laisser retourner au passé. Accompagnez ce travail d'un rituel pour que votre conscience soit pleinement engagée dans l'exercice suivant. C'est pour vous l'occasion de soulager votre âme des secrets honteux qui l'ont maintenue enchaînée à une vie d'insuffisance socio-affective. Vous pourrez alors entrer dans une phase de guérison qui vous transformera complètement. Il a fallu des années d'éducation émotionnelle pour vous “enseigner” ces profonds sentiments de honte. Votre rééducation elle aussi peut prendre un certain temps. Si des sentiments violents apparaissent, c'est bon signe : vous êtes en train de neutraliser l'éducation émotionnelle de vos jeunes années. Si les sentiments menacent de vous submerger, demandez de l'aide. Sachez que de nombreuses personnes ressentent la même chose que vous. Encadré Le scanner. Le premier exercice est à faire seul. Entrez en contact avec le sentiment de honte en vous et, si possible, avec une scène actuelle de honte. À quel endroit de votre corps se loge cette honte ? Utilisez votre main comme scanner: passez-la sur tout votre corps en respirant doucement. La honte loge-t-elle dans la tête, le coeur, le ventre, le sexe ? Respirez plusieurs fois profondément dans la partie concernée de votre corps. Inspirez la lumière et expirez l'ombre. Quand vous commencez à vous détendre, choisissez un message pour vous affirmer: “Je suis compétent”, “Je suis digne d'être aimé”, “Je suis bien comme je suis”. Choisissez le message qui vous convient, quelque chose en quoi vous pouvez croire réellement. Il peut cependant y avoir une part en vous qui rejette cette phrase. Continuez à inspirer la lumière jusqu'à ce que cette part soit transformée elle aussi. Encadré Le témoin bienveillant. Emmenez un ami, quelqu'un en qui vous avez confiance, dans un endroit calme où vous ne serez pas dérangés. Avertissez-le avant en lui disant qu'il y a quelque chose d'important que vous aimeriez partager avec lui. Quand vous êtes bien installés tous les deux, faites-lui savoir ce qui vous a inquiété. La première fois est la plus dure, mais vous constaterez à plusieurs reprises que votre ami vous accepte tel que vous êtes. Dans la mesure où vous donnez de vous-même si généreusement, la confiance entre vous et votre ami en sera d'autant plus forte. Si vous n'arrivez pas à trouver un ami, prenez rendez-vous avec un thérapeute ou cherchez un groupe de développement personnel et spirituel. Laissez la honte trouver les mots pour libérer votre coeur. Encadré: Le rituel du feu. Il existe un merveilleux rituel pour vous libérer de la honte, fondé sur le feu. Pour lui conférer plus de pouvoir encore, écrivez d'abord les choses qui vous ont rongé de l'intérieur. Ensuite, si le temps le permet, faites un grand feu et laissez-le brûler un moment jusqu'à ce qu'il y ait des braises au milieu. Faire ce feu en plein air a beaucoup plus d'impact, car vous êtes connecté à la terre et au ciel. Demandez au feu d'emporter votre honte approchez-vous et dites ce dont vous voulez vous libérer. Dites une phrase simple telle que : “Feu, je te donne mon sentiment d'inutilité”, “Feu, je te donne ma profonde honte d'avoir failli à mes devoirs de parent”. Restez devant le feu et regardez se consumer les années de tourment que vous vous êtes imposées. Ensuite, prenez page après page le texte que vous avez écrit, faites-en un rouleau et jetez-le au milieu du feu. Observez vos secrets honteux se consumer dans les flammes. Le feu les transforme en énergie qui irradie votre Être de chaleur et de lumière. Laisser partir la honte vous permet de vous connecter avec votre Moi essentiel. Vous avez traversé la dure strate du “Tu n'es pas assez bien” pour vous approcher de l'état originel du “Tu es bien comme tu es”. Il est temps maintenant que vous éloigner des émotions plutôt douces de la peur, de la souffrance et de la honte pour vous tourner vers les émotions explosives et violentes de la colère et de la vengeance. Niveau IV: l'émotion naturelle de la colère. La couche suivante qui voile l'amour, c'est la colère. Dans son état naturel, la colère est une passion ardente qui brûle rapidement et efficacement tous les vieux problèmes. Utilisée de manière salutaire, elle permet de s'affirmer avec détermination et clarté : taper du pied en disant “non” et le penser vraiment. Elle renforce votre voix et vous permet de dresser les limites indispensables dans vos rapports aux autres, surtout si vous vous sentez exploité ou non respecté par les autres. Si vous vous sentez piégé et que vous avez envie de changer, la colère vous donnera le courage de faire sauter votre coquille : “Je ne peux plus le supporter, il faut que ça change.” La passion de la colère vous incite à aller vers des sommets et des exploits toujours plus grands. Elle ravitaille en carburant la conviction basique de ce qui est juste et injuste et vous donne un sentiment de dignité et de fierté de ce que vous êtes. La colère dans son aspect malsain. Les enfants sont naturellement spontanés et leur colère est l'expression instinctive de ce qui ne va pas dans leur monde d'enfants. La colère qui n'est pas exprimée de manière spontanée chez l'enfant devient une colère historique chez l'adulte. Cette colère historique peut être déclenchée par une personne quelconque qui vous rappelle inconsciemment les frustrations, les sentiments, les rejets de votre enfance. À moins d'un rapport direct, elle met de l'huile sur le feu qui couve entre persécuteur et victime, une réaction hautement instable et dangereuse. Soit vous devenez le persécuteur, critiquant et attaquant les autres pour tout ce qui vous arrive, soit vous vous mettez inconsciemment dans la position du “pauvre de moi”, victime de la persécution exercée par un autre. Cela peut se manifester aussi bien dans la violence physique ou verbale que dans la haine injustifiée envers un étranger, par exemple un personnage de la vie publique, ou même déboucher sur une vendetta séculaire. Le syndrome du “voisin de l'enfer” est un bon exemple. La colère historique est à l'origine des guerres, de la maltraitance chez les enfants, des actes de violence gratuite, de la violence sur les routes, de la violence envers les femmes, de la haine obstinée… Chaque jour, les journaux apportent la preuve de son existence. De nombreuses personnes ne montrent pas leur “colère historique”. La colère réprimée ne réapparaît pas seulement sous forme de migraine, de raideur dans l'épaule et de douleurs dans le dos, mais aussi sous forme de troubles cardiaques, de tension sanguine et de douleurs d'estomac. La déformation majeure de la “colère historique” est la dépression. L'être humain investit son énergie dans la répression de sa vieille colère qui débouche sur la dépression. Selon une récente estimation, plus de dix-huit millions d'Américains souffriraient actuellement d'une sorte de dépression, traitée aux antidépresseurs. En Grande-Bretagne, entre sept et douze pour cent de la population masculine souffrent d'une dépression diagnostiquée au cours de la vie. Ce chiffre passe de vingt à vingt-cinq pour cent pour la population féminine. Comment guérir de la colère. Prise de conscience: la colère du passé. Repensez à votre enfance: quels messages avez-vous appris sur la colère ? Vous n'aviez pas le droit de montrer votre colère, c'était un signe de faiblesse et vous aviez honte de la ressentir: “Comment oses-tu te mettre en colère ?” D'une manière générale, vous étiez le bouc émissaire à cause de la fureur refoulée de l'un de vos parents? À la maison, la colère ne s'exprimait jamais par des mots violents, mais vos parents râlaient sans arrêt ? C'était pour eux la seule manière d'exprimer leur colère rentrée. Elle s'est déversée sous forme de froideur ou de sarcasme, ou en se lançant de terribles accusations à la tête, en ignorant la présence du petit enfant. C'est ainsi que vous avez appris à composer avec la colère. Il y a peut-être eu de véritables abus physiques. La violence en famille est souvent un secret bien gardé, toutes portes closes. C'est justement cette conspiration que vous devez aborder si vous voulez avoir conscience de votre propre valeur. Etes-vous violent envers les autres, envers vous-même ? Pour faciliter le travail, vous pouvez mettre vos souvenirs par écrit. Pensez ensuite à la manière dont la colère a affecté votre vie adulte. Donnez-vous la permission de transgresser les règles familiales, de vous mettre en colère, mû par un sentiment justifié d'indignation, et de reprendre le pouvoir. En laissant exploser votre “colère historique”, ignorant la présence du petit enfant, vous pouvez en faire une réponse appropriée, une émotion naturelle telle qu'elle aurait dû être depuis toujours. Elle peut devenir une précieuse amie qui prend la défense de vos droits, et non plus rester une bombe qui peut exploser à tout moment. La colère du présent : Quelle est la colère qui est en vous en ce moment? Fermez les yeux et prenez note des réactions de votre corps. Votre estomac est noué rien que d'y penser, vous vous sentez soudainement frustré. Que se passe-t-il dans votre vie actuelle ? Que faites-vous de votre colère dans vos relations personnelles, au travail ? Est- ce que vous la ravalez et que vous en tirez une frustration constante, ou bien l'exprimez-vous par des sarcasmes, toutes sortes de comportement vindicatif? Soyez sincère avec vous- même. En prenant conscience qu'il est grand temps de changer quelque chose dans votre vie, vous faites le premier pas vers la guérison. Expression: la colère a besoin d'un mouvement physique pour laisser la place libre. Le meilleur moyen, c'est de vous rendre dans un endroit où vous vous sentez en sécurité et de la laisser sortir. Si possible, servez-vous de votre voix. Le cri est un aspect très important pour vous débarrasser de votre haine et de votre colère. Assurez-vous que vous ne serez pas dérangé et laissez-la sortir! Faites sortir un cri du plus profond de votre ventre. C'est le cri que la colère, enfouie au fond de vous-même, a besoin de pousser pour se libérer. Si vous ne pouvez pas faire de bruit, criez dans un oreiller ou poussez un cri silencieux. La colère s'est amassée dans votre corps. Pour vous libérer d'elle, choisissez le mode d'expression qui vous convient le mieux : la danse, la peinture, le jardinage, le punching-ball, la boxe française ou pourquoi pas le rangement. Pour exprimer vos sentiments, courez sur le carrelage, martelez le sol avec les pieds, tapez dans vos mains. Allez-y et ayez confiance en votre propre processus intérieur. C'est une manière tout à fait naturelle, même si les âmes cultivées l'ont oubliée. Vous saurez quand vous en aurez assez, car à ce moment-là, vous vous sentirez purifié et satisfait. Il se peut qu'après, vous vous mettiez à pleurer ou que vous tombiez dans un sommeil réparateur. Certains traversent la vie comme s'ils portaient un “by-pass spirituel” qui les fait ignorer ou enterrer les sentiments “négatifs” tels que la colère. Ils se concentrent uniquement sur l'amour. D'autres sont attirés par la vie spirituelle et n'ont pas à s'occuper d'émotions “si compliquées”. Mais demandez à une personne qui vit dans une communauté religieuse si elle éprouve toujours de l'amour pour les autres membres de la communauté. Certainement pas, ce sont des êtres humains comme les autres. Chacun a besoin d'examiner et de casser les dures strates émotionnelles situées en haut de la “coupe d'amour” pour trouver au-delà de sa propre source d'amour la source d'amour infinie de l'univers. L'exercice sur la colère est un travail “sacré” parce qu'en passant par là, vous vous approchez un peu plus encore de l'amour envers vous et les autres. Niveau V l'émotion naturelle de la vengeance. Ne perdez pas la boule, vengez-vous. Autocollant. Ne vous contentez pas de la moitié, prenez tout. Slogan de publicité pour le film First Wives' Club La “vengeance” est différente de la colère, elle est enfouie encore plus profondément. C'est le désir froid et calculateur de l'être humain de faire mal, de rendre la pareille à ceux qui lui ont fait du mal. Ce n'est pas simplement le désir de vengeance, c'est une addiction de vengeance. Elle implique un comportement acharné et malveillant dont l'être humain sait pertinemment qu'il va causer des dommages. C'est la voix cruelle qui dit: “Tu me le paieras”. L'être humain entretient sa rancune depuis des années. Avec elle en bonne et due place, il ne pardonnera ni ne changera jamais. Naturellement, l'être humain ne veut pas admettre qu'il a en lui ce côté particulièrement déplaisant. Mais il en fait une question de principe et il est content de lui. Il se dit : “C'est le principe qui importe”. Inconsciemment, il se dit qu'il vaut mieux avoir raison qu'être heureux: “Même si cela me tue, au moins j'emporterai mes principes dans ma tombe”. Chaque fois que vous vous cramponnez à une vieille rancune, vous souffrez. Elle distille le poison qui vous ronge peu à peu de l'intérieur. C'est même un moyen légal de satisfaire son désir de vengeance. Cela s'appelle traîner quelqu'un en justice. Si on

gagne, on est satisfait pour un moment. Mais cette victoire vous donne-t-elle une réelle satisfaction au niveau spirituel ? Le moyen de prendre votre sentiment de vengeance sur le fait, c'est d'examiner votre rôle de victime. Ces derniers temps, on entend souvent dire que c'est la victime qui a le pouvoir. Vous serez sûr de récolter la sympathie si vous êtes la victime, et c'est justement ce que désire l'Enfant émotionnel, enraciné dans le passé. Si vous récoltez la sympathie, c'est qu'encore une fois, quelqu'un a pris soin de vous. Comment guérir de la vengeance. Prise de conscience: Vers qui avez-vous besoin de retourner ? Qui, à votre avis, vous a fait du mal ? Vous sentez que cela ne servira à rien de vous mettre en colère contre cette personne. Non, vous voulez la punir et savoir qu'elle a souffert. Chaque être humain est capable de ressentir de tels sentiments à différentes époques de sa vie. Soyez sincère avec vous-même pendant cette étape. Expression: Souvenez-vous que l'idée d'une personne occupant vos pensées correspond à votre “réalité” présente. À vous d'en faire l'objet de votre peur et de votre haine ou non. Si elle ne change pas et que vous voulez retrouver votre tranquillité d'esprit, c'est vous qui allez devoir faire quelque chose pour changer l'image que vous avez d'elle. Encadré: La destruction. Si vous éprouvez un sentiment particulier après avoir été blessé ou utilisé, par exemple vous avez été violé, abusé physiquement ou sexuellement, vous avez besoin de faire un acte de “destruction”. Imaginez que l'auteur du crime est ici, en face de vous. Utilisez un oreiller ou un objet de ce type pour vivre activement votre désir de vengeance. Imaginez que vous le “détruisez” et qu'à l'avenir, il ne pourra plus vous faire peur ou vous soumettre à son bon vouloir. Souvenez-vous que, lorsque vous avez visualisé cette personne, vous avez eu affaire à son côté sombre, l'aspect qui vous a blessé. Ce n'est pas vraiment son Moi physique, ni non plus son Moi essentiel. Imaginez que vous l'installez sur un coussin en face de vous. Au lieu de lui dire seulement ce qu'elle vous a fait, cédez à vos fantasmes pour lui faire ce que, jusqu'à un certain point, vous aimeriez lui avoir fait. Souvenez-vous que vous êtes en train de vous défendre. Si la scène devient laide, laissez-la devenir laide. Le poison doit sortir. Imaginez par exemple que vous l'étranglez, que vous la noyez, que vous la transpercez avec une épée. Faites tout ce qui est nécessaire pour reprendre le pouvoir, physiquement. Donnez à vos pensées la possibilité de dépasser le sentiment d'impuissance. En vous exprimant de cette manière, respirez et ressentez l'énergie qui vous traverse. Ressentez cela comme votre puissance naturelle. Posez les mains sur la partie de votre corps où vous sentez cette puissance le plus intensément. Ancrez ce sentiment de force à cet endroit. Si à l'avenir, vous éprouvez encore des sentiments de vengeance ou d'impuissance, posez votre main sur cet endroit et au lieu de la vengeance, vous ressentirez votre puissance innée. Encadré: La voix purificatrice. On a souvent des sentiments très forts envers un ex-petit ami, une ex-petite amie, son ex-mari, son ex-femme. On a l'impression que ceux que l'on a autrefois le plus aimés, sont ceux que l'on peut hair entre tous. Ils ont tant fait de mal et barré la route à l'amour. Alors, l'Enfant émotionnel veut les punir, maintenant. Pour faire sortir le sentiment empoisonné que vous éprouvez encore envers ceux que vous avez aimés, imaginez-les d'abord en face de vous. Mais cette fois-ci, vous n'allez pas les frapper. Vous allez réclamer votre pouvoir avec la voix. Ils ne sont peut-être pas présents physiquement dans votre vie, mais ils sont encore présents dans votre âme. Avec des cris venant de votre ventre, faites-leur entendre votre rage, votre frustration, votre désir d'être compris et, si c'est ce que voulez, votre désir de les voir souffrir. Quand vous avez vidé la poche de poison, asseyez-vous et respirez. En respirant, ressentez votre énergie et votre force. Avec votre main, ancrez l'endroit de cette puissance dans votre corps. Vous avez la force de tirer la leçon de ces relations et de changer. Au-delà de l'expression du pardon. Après avoir exprimé votre vengeance, vous pouvez avancer vers l'étape suivante: le pardon. Souvenez-vous que, comme avec vos parents, rien ne vous force à admettre leur comportement. Ceux qui vous ont fait du mal peuvent avoir agi d'une manière cruelle et stupide. Ils sont coupables de ce qu'ils ont fait, comme chaque être humain est coupable de ses erreurs. Maintenant, vous pouvez tourner la page au lieu d'être possédé par le passé. Pour leur pardonner, n'oubliez pas qu'eux aussi ont une âme précieuse, un côté spirituel au-delà de leur personnalité programmée. Imaginez-vous dans le sanctuaire de votre âme, là où vous trouvez le calme et la paix. Vous voyez en face de vous le Moi essentiel de la personne sur laquelle vous avez crié, ou que vous avez “détruite”. Allez vers elle et regardez-la dans les yeux. Regardez-la intensément pour apercevoir son Essence pure. Cet aspect d'elle n'a jamais voulu vous blesser. Il est peut-être apparu dans votre vie pour vous apprendre quelque chose. Si vous sentez que cette personne a encore du pouvoir sur vous, essayez de l'imaginer beaucoup plus jeune, comme si elle était redevenue un enfant. Allez dans le sanctuaire de votre âme et imaginez-vous assis près de cette personne. Parlez-lui pour régler les incompréhensions du passé. Demandez-lui comment elle a appris à agir de cette manière. Écoutez sa réponse et laissez-la pénétrer en vous. Emportez avec vous ce que vous venez d'apprendre pour guérir des sentiments sombres qui sont en vous. Il se peut que vous n'arriviez pas à pardonner la première fois que vous ferez cet exercice. Vous aurez besoin de plusieurs essais. Répétez-le tous les jours pendant une semaine, voire un mois. Continuez-le au nom de votre guérison et de votre désir de changer. Vous finirez par trouver un comportement adulte satisfaisant qui vous permettra de vous aimer sincèrement et d'aimer les autres. Niveau VI: l'émotion la plus forte et la plus profonde est l'amour. L'amour est l'énergie la plus puissante et la moins connue au monde. Pierre Teilhard de Chardin. On dit de l'amour qu'il surmonte tout. L'amour est le grand guérisseur. L'amour est l'émotion universelle. Chaque être humain est fasciné par l'amour et y aspire. On vit et meurt pour lui, on le chante, on fait la guerre en son nom. Et pourtant, il n'est pas facile à décrire. Même si la plupart des hommes “savent” ce que c'est, ils sont incapable de dire ce qu'il est. L'amour est la connexion entre l'aspect humain et spirituel de l'Etre. Il rappelle que l'homme est un être spirituel doté d'une expérience humaine. C'est le fil rouge qui traverse toute la vie, de la conception à la mort et dans l'au-delà. L'amour est une leçon apprise, puis oubliée. L'être humain doit découvrir la voie pour se reconnecter à l'amour. La plupart des êtres humains ne vivent pas une situation où ils aiment et sont aimés de manière permanente. Et si on leur demande quelle expérience ils ont de l'amour, ils répondront certainement qu'ils en ont eu la plus forte expérience quand ils sont “tombés” amoureux. Tomber implique de perdre le sens de l'équilibre. Tomber amoureux offre un merveilleux cocktail d'agents chimiques qui fortifient l'être humain. Mais souvent, ces agents chimiques n'agissent pas longtemps. La relation amoureuse peut durer un moment jusqu'à ce que l'un des deux partenaires décide qu'il n'est plus “amoureux”. Tomber en amour et s'en relever n'est pas un amour sain. Qu'est-ce donc ? Voici la définition de l'amour donnée par le Processus Hoffman : L'amour, c'est le fleuve, la vague, la traduction de la bonté émotionnelle en premier lieu envers soi, et ensuite envers les autres. Prise de conscience: Avez-vous des difficultés à dire que vous vous aimez ? Est-ce facile d'éprouver de l'amour envers vous ? Qu'est-ce que l'“'amour” signifie pour vous personnellement ? Pour la plupart des êtres humains, les mots “Je t'aime” impliquent une énorme charge tant émotionnelle que psychologique. Commence alors un dialogue intérieur, d'un côté par exemple: “Il dit qu'il m'aime. Est-ce qu'il est sérieux ? Est- ce que cela signifie qu'il veut vraiment s'engager ?” Et de l'autre : “Elle m'a juste dit qu'elle m'aime. Est-ce que cela signifie qu'à partir de maintenant, elle prend tout au sérieux ? Minute ! Je crois qu'on va un peu vite en besogne.” La puissance de l'amour peut diminuer si on en abuse. Par exemple, quand on termine chaque coup de téléphone en disant vite “Je t'aime”. Comment disait-on “Je t'aime” dans votre famille ? Certains ont grandi sans jamais entendre ces mots et dans leur vie adulte, ils ne font pas partie de leur vocabulaire. Ils rejettent ces mots qui sont dignes d'un film à l'eau de rose. D'autres les ont souvent entendus dans leur enfance, mais toujours liés à des conditions: “Je t'aime, peux-tu faire cela pour moi ?”, “Je t'aime, ne me quitte jamais.” Expression: si vous êtes conscient des modèles de comportement et des croyances négatives concernant l'amour, vous aurez besoin de vous en déconnecter émotionnellement. Vous pouvez ériger une barrière de sécurité entre ces modèles, ces croyances et vous, en les mettant par écrit ou en vous servant de votre voix. Faites-le jusqu'à ce que la voix en vous se soit tue. Pour exprimer l'amour d'une manière saine, vous disposez d'au moins deux moyens supplémentaires. L'un est de réfléchir à qui vous avez repoussé en disant que vous l'aimiez, avant de partir et de le lui faire savoir. L'autre est de réfléchir à l'acte d'amour de soi que vous pouvez faire envers vous-même. Après tout, si vous désiriez avoir une relation d'amour avec quelqu'un, vous lui “feriez la cour”, par exemple en lui donnant rendez-vous ou en faisant un voyage original avec lui. Donnez-vous rendez-vous dans les règles de l'art ! S'il y a une chose que vous pouvez réellement changer dans votre vie, c'est bien cela: remplacez le trait négatif du “Je ne suis pas assez bien” par le comportement sain du “Je suis digne d'être aimé comme je suis”. Le grand pouvoir de guérison de l'amour est très simple. Une fois que vous êtes connecté avec l'amour sain, vous ne passerez plus votre vie à la recherche de quelque chose pour remplir le vide de votre coeur. Vous ne partirez pas à la chasse d'une promesse de relation qui n'est plus nécessaire. Vous aurez toujours cette relation d'amour avec vous-même. De cette façon, vous serez entouré de personnes attirées par votre “coupe d'amour” débordante et réciproquement. De même, vous serez en mesure de vous connecter avec l'ordre universel de l'amour. Vous le trouverez dans la nature, dans la musique, dans l'art, dans votre tradition spirituelle. Il est partout et sans limites. En travaillant dur pour passer au travers de toutes les strates de votre “coupe d'amour”, vous avez affronté toutes vos vieilles émotions et vous vous êtes donné l'occasion de répondre à la vie avec toute une série d'émotions naturelles. Vous êtes maintenant capable de développer un sentiment d'amour débordant. Vous avez maintenant la capacité de créer une nouvelle manière de vivre avec vous-même et avec les autres. Vous vous êtes fait le plus beau cadeau qui soit, une vie épanouie au présent et saturée d'amour.

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