relation

Amitié :

L'amitié, c'est quand quelqu'un a des défauts qui ne vous dérangent pas.

Chapitre 10: Enrichissez vos relations avec vos amis et vos collègues. L'amitié est une âme unique qui habite deux corps. Aristote Comme vous l'avez vu, les traits négatifs du passé ont un énorme impact sur les relations du présent. Il y a beaucoup à gagner ou à perdre dans le domaine à la fois risqué et gratifiant des relations affectives. Cependant, votre environnement social est composé essentiellement d'amis et de collègues de travail. Cela vaut la peine de voir comment améliorer vos relations. Vous allez vous concentrer sur ce qui fait une solide amitié, sur les moyens de la sauver quand elle fait fausse route, sur la possibilité d'instaurer une bonne ligne de démarcation et des habitudes qui assurent le bon état de ces relations. Avez-vous l'impression qu'il y a de la place dans votre vie pour un supplément de confiance, sans oublier un supplément de plaisir et d'expériences partagées ? Êtes-vous en mesure de communiquer vos émotions et votre sens de la vérité avec d'autres personnes ou bien est-ce que vous vous retenez par peur de blesser quelqu'un par vos paroles ou de les voir utilisées contre vous ? Êtes-vous satisfait de la diversité, de la richesse de votre cercle d'amis ? Le processus du changement ne vous fait pas seulement prendre conscience de ce que vous faites habituellement. Il vous encourage également à prendre vos responsabilités envers vos propres actes. Après avoir reconnu votre rôle, vous pouvez découvrir de nouvelles habitudes, en particulier en matière de communication. C'est très tentant de vouloir changer l'autre, mais la seule personne dont vous pouvez garantir le changement, c'est vous, évidemment ! La bonne nouvelle, c'est que vous ne risquez pas d'être blessé, pas plus ici que dans une relation affective. Cependant, vous pouvez encore apprendre des tas de choses sur la reconnaissance et le partage de votre sens de la réalité. Ce chapitre met en lumière la manière de mettre en pratique deux phrases qui font partie du langage commun: “détendre l'atmosphère” et “dire ce que l'on a sur le coeur”. Passons maintenant en revue différents types de personnes et de situations auxquelles elles sont souvent confrontées. L'employée furieuse. Sheila, graphiste dans une grande agence de publicité, ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Pour des raisons obscures, elle était constamment agacée par un des cadres, un collègue plutôt calme et autonome. Apprendre que cet homme était bien considéré dans l'entreprise ne lui avait été d'aucune aide. Quand il la croisait dans le couloir sans lui sourire gentiment, elle racontait à tout le monde qu'il était d'un caractère tout à fait déplaisant. De temps à autre, il passait dans son bureau pour la féliciter de son travail, mais elle était incapable d'accepter ce compliment. Soit elle le trouvait condescendant, soit elle pensait qu'il la manipulait parce qu'il voulait quelque chose d'elle. Ses collègues lui disaient qu'elle était ridicule, mais elle, elle “savait” qu'elle avait décelé le véritable personnage derrière le masque du charmeur. Pour finir, elle a dû revenir sur ses positions quand sa meilleure amie est sortie avec cet homme. Le patron effrayé. Jack avait une cinquantaine d'années quand je l'ai rencontré pour la première fois, un bel homme de grande taille qui dirigeait sa propre société d'exploitation. Après avoir débuté très jeune dans cette grande agence immobilière, il avait rapidement grimpé les échelons et avant la trentaine, il était déjà directeur principal. C'était un chef ouvert et amical, on l'aimait et on lui faisait confiance. Mais en présence d'une femme, il était d'une grande nervosité et se mettait à bafouiller. C'était un grand problème, car la majorité des employés étaient des femmes. Il n'avait jamais envisagé la possibilité de relations amicales avec les femmes. Quand son entreprise engagea un consultant pour promouvoir l'esprit d'équipe, ils commencèrent par l'exercice “360”, où chacun est évalué par toute la hiérarchie, depuis le directeur le plus ancien jusqu'à l'assistant le plus jeune. D'une part, chaque employé masculin lui dit combien il était équitable, agréable et chaleureux, et d'autre part, chaque employée féminine déclara qu'il était inabordable et qu'elles ressentaient peu de respect envers lui. Ce fut pour lui un réveil brutal. Il vint me consulter, complètement choqué par cette révélation. Il savait qu'il ne pouvait pas diriger son entreprise et rester distant vis-à-vis des femmes parce qu'il avait peur d'elles. Tom le solitaire. Tom était quelqu'un dont on ne savait pas grand-chose. Il travaillait dur, rentrait après le travail directement chez lui en banlieue et sortait peu. Quand Ed, un vieux copain d'école, prit contact avec lui, il lui proposa de le voir dans un restaurant de son quartier. Tom se lança immédiatement dans la critique de son vieil ami, de son travail, puis de sa voiture et de sa vie en général. Ed, se souvenant du caractère plutôt gentil et doux de Tom, lui demanda ce qui se passait. Tom poussa un grand soupir et dit que personne ne semblait l'aimer: “Je ne sais pas ce que j'ai, mais c'est comme si, tôt ou tard, tout le monde se détournait de moi”. Cherchant à comprendre, Ed lui demanda s'il n'était pas pour quelque chose dans la réaction des autres. Tom nia tout d'abord, mais au cours de la soirée, il finit par admettre : “Les autres me coûtent beaucoup trop de temps. La vie est beaucoup plus facile si je ne dois pas écouter tous leurs problèmes.” Sally la boute-en-train. Sally avait la réputation d'être l'âme de toutes les fêtes. En fait, dans son quartier, c'était elle qui recevait le plus, et les gens s'étaient habitués à compter sur elle pour se rencontrer. Après quelques années à ce rythme, Sally se rendit compte qu'elle était beaucoup moins invitée qu'elle n'invitait. “Comment en suis-je venue à faire tout ce travail ?”, se dit-elle en pleurant et elle commença à accuser ses vieux amis de l'exploiter. Petit à petit, elle laissa tomber la plupart d'entre eux et passa désormais le plus clair de son temps avec son mari et ses enfants. Repérage des traits négatifs. Vous connaissez l'histoire de la paille et de la poutre : certains repèrent très vite les fautes des autres et ferment les yeux sur leurs propres erreurs. Vous allez jouer à une variante de ce jeu. Maintenant que vous avez de l'entraînement dans le repérage des traits négatifs, essayez d'identifier les traits que les personnes des exemples ci-dessus ont été incapables de voir en elles-mêmes. Chez Sheila, les traits ne sont pas évidents à première vue. Elle est passée à l'attaque, on a donc besoin de sentir ce qu'elle peut avoir protégé en dessous. Elle a besoin d'être vue, reconnue et appréciée. Elle a eu besoin d'une certaine dose d'humilité pour le connaître, mais elle a fini par l'admettre. C'est le trait “a besoin d'approbation”. Que dire de Jack, le directeur d'entreprise qui ne se sent bien qu'en compagnie des hommes ? Méfiance envers les femmes ? Timidité ? Peur de la critique ? Quand j'ai travaillé avec lui, nous avons passé au crible ses traits négatifs et nous sommes tombés sur un énorme paquet de problèmes non résolus avec sa mère. Elle avait fait régner la terreur sur le foyer de son enfance. Il avait grandi dans l'incapacité de lui faire confiance ou de lui parler, et gardé des souvenirs émotionnels profondément enfouis en lui, mais bien vivants. Au travail et dans sa vie privée, il avait reporté l'image de sa mère sur toutes les femmes. La part en lui qui n'avait pas grandi continuait à faire de lui un petit garçon anxieux qui s'attendait à être critiqué ou mis au coin. Les traits dominants sur lesquels il devait travailler: “s'attend à la critique” et “craint la punition”. Tom le Solitaire, lui, ne rejette pas simplement les autres, il rejette avant d'être rejeté. Voilà le trait en jeu ! Il recrée la solitude et l'abandon qu'il a vécus dans son enfance. Il est incapable de s'adapter à un environnement différent. En ce qui concerne Sally la boute-en-train, quels sont à votre avis les traits de caractère en jeu ? “Se sent exploitée”, “Joue la victime” ou le plaisir compulsif changé en ressentiment? Ici, c'est vous le détective des traits négatifs. Questionnaire sur l'amitié. Êtes-vous conscient que les amitiés et les relations au travail finissent toujours de la même manière ? Vous arrive-t-il parfois de perdre la foi dans l'autre, de vous sentir méfiant de manière générale ? Êtes-vous êtes très critique, ou bien au contraire toujours pressé de faire des compliments ? Qu'est-ce qui, dans vos rapports aux autres, vaut la peine d'être clarifié ? Considérez attentivement l'évaluation que vous faites de votre vie dans ce domaine. Pour commencer, évaluez de 1 à 10 chacune des questions suivantes. - Avez-vous des difficultés à approcher les autres ? (facile : 1; Difficile : 10) - Avez-vous des difficultés à faire confiance aux autres ? (facile 1: Difficile : 10) - Êtes-vous plutôt ouvert ou renfermé ? (Ouvert : 1; Renfermé: 10) - Êtes-vous facile à approcher ? (facile : 1; Difficile : 10) - Êtes-vous quelqu'un à qui on se confie volontiers? (facile : 1: Difficile : 10) - Avez-vous des difficultés à montrer ce que vous ressentez? (facile : 1; Difficile: 10) - Considérez-vous que vous avez un cercle de bons amis? (Oui : 1; Non: 10) -Est-ce que vous vous sentez parfois seul ? (Jamais : 1; Souvent : 10) - Combien de fois dans votre vie vous êtes-vous brouillé avec de bons amis? (Jamais: 1; Souvent : 10) Pour connaître votre score, additionnez tous les points. Vous avez entre 64 et 90 points: vous avez sans doute des difficultés à vous faire des amis. Faites attention aux traits négatifs “méfiance”, “repli sur soi”, “renfermé”, “solitaire” et “rejette avant d'être rejeté”. Vous avez entre 40 et 63 points: vous vous sentez à l'aise au milieu des gens, mais ce sont des relations plutôt que des amis. Vous avez du mal à entretenir des amitiés stables. Portez votre attention sur les traits négatifs “déçu”, “s'ennuie facilement”, “attentes élevées” et “manque d'engagement”, et sur le message “Ailleurs, l'herbe est plus verte”.

Vous avez entre 8 et 39 points: vous n'avez pas de difficultés à vous faire des amis et à les garder. Si vous souhaitez opérer un changement salutaire, essayez d'en savoir plus sur le thème de la communication.

N'oubliez pas que chaque fois que vous découvrez un trait négatif, vous pouvez le travailler en mettant en pratique les étapes du processus. Après en avoir pris conscience, remontez à

leur origine pour réaliser qu'ils sont appris et ne font pas fondamentalement partie de vous. Exprimez toute la charge émotionnelle qui y est attachée et pardonnez à vous-même et à la personne qui vous les a appris. Cela vous permettra d'apprendre un comportement adulte et de le mettre en pratique. Prise de conscience: comprendre vos réactions envers les autres. Observez votre vie actuelle et demandez-vous ce que vous aimeriez changer dans vos relations quotidiennes. Si vous estimez qu'un bon coup de projecteur ferait du bien à cet aspect de votre vie, commencez votre travail de détective dans vos relations avec vos collègues et vos amis. Voyez s'il y a des traits tenaces qui réapparaissent souvent. Qu'est-ce qui vous énerve ou vous fait perdre patience? Quel type de personnes avez-vous tendance à écarter rapidement ? De qui recherchez-vous l'approbation? Vous souvenez-vous de situations où vous avez réagi violemment envers un ami, un collègue de travail ? Il s'était montré autoritaire ou amorphe, surprotecteur ou indifférent. Votre réaction était peut-être conditionnée par votre impression de la première rencontre. Il avait l'air de tout contrôler et vous étiez “sûr” qu'il ne vous dirait rien, même pas l'heure. Vous vous êtes protégé en décidant de lui déplaire avant qu'il puisse décider de faire la même chose envers vous ! Ou bien il vous semblait si peu intéressant que vous avez estimé préférable de l'éviter. Réactions. Utilisez la liste suivante pour décrire quelques-unes de vos réactions : Personne : Réactions: Situation : Ma perception de cette personne : Ma réaction envers cette personne (trait): Soyez bref. Exemple: Steve; au téléphone ce matin ; je l'ai senti froid et distant: j'ai réagi en pensant à quoi bon ?; le trait en dessous : “se sent exclu”. : Il se peut qu'en ce qui concerne votre désir de changer, vous aviez jeté l'éponge entretemps. “Un léopard ne peut pas changer de fourrure”, aurait dit mon père. Vous vous dites: “Même si moi, je change, les autres eux ne changeront pas !” Le trait présent ici : “ne fait pas confiance aux autres”. Sauver une amitié. Un jour que j'animai un séminaire résidentiel, j'avais sans arrêt l'impression qu'une des animatrices m'interrompait dans mon travail. J'avais remarqué qu'elle me corrigeait et me reprenait quand j'expliquai un aspect théorique ou les exercices à faire. Quelques jours plus tard, j'avais vraiment des idées noires à son sujet. Je me sentais nul, comme si ses commentaires impliquaient que je n'étais pas à la hauteur pour diriger une séance. Bizarrement, ce n'était pas une personne quelconque dont je venais de faire la connaissance. C'était Cynthia, une amie proche et une collègue avec qui j'avais suivi ma formation, animé mes premiers séminaires et voyagé outre-atlantique. Elle avait même été témoin à mon mariage. On s'entendait bien, en temps normal. Que s'était-il passé ? Je lui demandai de venir et de m'aider à mettre le problème à plat avant que je la tue du regard ou que je l'attaque verbalement devant quelqu'un d'autre ! Je pris place et avouai, d'abord envers moi-même, les sentiments que j'avais éprouvés et mon désir de clarifier la situation. Mon coeur battait très fort et j'avais les joues en feu. Après l'avoir assurée que mon intention était bien de clarifier la situation, elle me donna son feu vert pour continuer. “Cynthia”, lui dis-je, “ces derniers jours, il y a eu des moments où j'étais énervé. Je t'ai vue m'interrompre ou me reprendre, par exemple quand j'ai donné les instructions pour le travail d'écriture. J'ai eu l'impression que tu voulais prendre ma place et paraître meilleure que moi. J'ai réagi par un sentiment de colère et je me suis renfermé.” Je suis resté silencieux pendant quelques instants. Puis je lui ai dit: “Tu sais, Cynthia, que je tiens beaucoup à notre amitié et j'apprécie en toi l'amie gentille et généreuse.” Elle me regarda en souriant et dit: “Merci de ta confiance. J'ai bien pensé qu'il avait dû se passer quelque chose, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus.” Après cet échange, la charge émotionnelle s'est dissipée et les derniers jours du séminaire, nous avons retrouvé le ton normal de notre amitié. Prendre conscience que la part de notre esprit qui correspond à l'Enfant émotionnel ou enfant intérieur, est prisonnière du passé, aide à construire une passerelle salutaire vers le présent. C'est le premier pas. Expression: communiquez et lâchez prise. Après avoir détecté les traits négatifs qui affectent les relations, le pas suivant est de travailler sur eux. Imaginez cette magnifique opportunité : vous avez la possibilité de prendre conscience d'une charge émotionnelle issue du passé, et de l'exprimer dans une atmosphère sûre, libre de toute critique. Pour faire ce travail, choisissez quelqu'un dont vous sentez qu'il comprendra et votre démarche et le type de langage que vous utiliserez. Rappelez à votre ami ou collègue de travail que son rôle est surtout d'écouter, pas de répondre. Vous êtes celui qui est prêt à prendre la responsabilité des vestiges du passé. Si c'est possible, ayez un contact visuel positif. Il chasse la vieille réaction, dans la mesure où le regard vous fait voir qui il est réellement, et non pas votre perception de lui. Les “fenêtres de l'âme” révèlent qu'il y a un coeur qui bat en plus de l'écran sur lequel vous avez projeté vos vieux films. Si vous êtes à égalité avec l'autre, vous vous sentirez plus fort. Vous exprimer fait émerger vos émotions intérieures. Elles perdent peu à peu de leur pouvoir jusqu'à finir par disparaître. Quand vous vous sentez prêt, préparez-vous à faire l'exercice que j'ai fait avec Cynthia (cf. section précédente). Reportez-vous aux étapes de la section Communication et relation, puis observez les étapes suivantes :

Encadré Communication responsable. 1: Assurez-vous que votre intention est bien de résoudre un problème. 2: Parlez à la première personne. Soulignez que c'est vous qui parlez. 3: Nommez la situation par son nom. Soyez précis et évitez les “Tu fais toujours…” et les “Tu ne fais jamais…” 4: Nommez les sentiments par leur nom: colère, tristesse, inquiétude, énervement etc. 5: Donnez un nom à vos traits, par exemple: abandonné, ignoré, victime. 6: Appréciez les qualités de l'autre. Il y a des situations où il vaut mieux ne pas parler directement à la personne concernée. Si vous vivez avec votre partenaire ou s'il s'agit d'un ami très proche, vous avez le temps de travailler sur le problème. Mais s'il s'agit d'une relation de travail et que vous ne prenez pas de gants, cela pourrait nuire à votre carrière. S'il s'agit d'une relation occasionnelle, vous risquez d'être incompris. En tout cas, vous pouvez prendre la responsabilité de ce que vous avez ressenti et dépasser cet état. Vous cassez l'énergie contenue dans les traits négatifs en prenant exactement conscience de ce qui se passe en vous. Au lieu de courir le risque de parler directement à la personne concernée, vous pouvez aussi l'imaginer en face de vous, comme dans l'exemple suivant. Même si vous optez pour cette solution, l'exercice aura un puissant impact sur votre manière de penser et de réagir. Il vous permettra de revendiquer le pouvoir tout en réalisant que le changement s'opérera une fois que votre perception de la réalité aura changé. Un sentiment de rejet. Rafaella, une femme vive comme peuvent l'être les Italiennes, avait eu pas mal de problème avec sa chef de rayon dans le magasin de photo où elle travaillait. Elle l'admirait beaucoup tout en gardant ses distances, car elle était persuadée que celle-ci n'aurait jamais la patience de lui expliquer à fond la marche des opérations. Assise sur une chaise en face d'une chaise vide représentant sa collègue, Rafaella avait commencé par manifester une forte résistance: elle n'arrivait pas à prononcer les mots : “… je me suis sentie rejetée par toi parce que je pensais que tu me regardais de haut.” Pendant toute la séance, elle essaya de les dire et respira avec difficulté. Je remarquai qu'elle tremblait de peur. Quand je la questionnai à ce sujet, elle me dit qu'elle éprouvait toujours de la peur quand elle se sentait complètement rejetée. Sa peur réprimée la rendait physiquement malade, un cas grave d'autodestruction. Elle exprima ensuite sa colère et sa frustration sous forme de trait qu'elle appela “se sent rejetée”. Elle n'avait jamais travaillé sur ce trait et cela lui prit plusieurs jours. Elle ne remarqua pas immédiatement l'impact de ce travail, mais quelque chose avait dû changer en profondeur, car elle m'appela quelques semaines plus tard: “J'ai vécu récemment des situations dans lesquelles normalement, j'aurais dû me sentir rejetée, mais à chaque fois, je me suis sentie à l'aise. Je n'ai plus cette sensation oppressante dans la poitrine.” Pardonner à ses vieux amis. Vous pouvez également utiliser les méthodes du processus du changement pour sauver une vieille amitié empreinte d'amertume. Parfois, les meilleurs amis deviennent les pires ennemis, en particulier si la peur et la cupidité sont en jeu. Même si vous sentez que l'autre vous a blessé, cherchez en vous les traits négatifs qui pourraient avoir tiré la sonnette d'alarme : Ne garde pas cet ami! Cherchez parmi les traits comme la fierté, l'insensibilité ou l'entêtement. Faites ensuite une liste des traits négatifs avec lesquels ils pourraient s'être combinés, par exemple: froid, manipulateur, veut avoir raison. Faites bien attention, vous pourriez vous faire avoir ! Quel trait reconnaissez-vous comme un trait que vous avez toujours eu? Ce “travail de détective” demande une bonne dose d'humilité. En particulier en ce qui concerne le trait “veut avoir raison” : c'est l'un des plus difficiles à admettre. Mais si vous parvenez à établir le lien, vous avez déjà fait la moitié du chemin pour sauver cette relation. Vous avez réalisé qu'en tant qu'êtres humains, votre vieil ami et vous, vous avez plus de ressemblances que de différences. Vous souvenez-vous du travail effectué sur le pardon dans la première partie du livre ? Cherchez d'abord à comprendre comment l'autre a développé ses traits négatifs. Rappelez-vous que lui aussi les a appris. Ici non plus, vous n'avez pas besoin de fermer les yeux sur son comportement d'adulte, mais vous pouvez apprendre à pardonner à l'être humain en lui. Le pardon, qu'il ait lieu dans l'imagination ou qu'il soit exprimé personnellement, vous permettra de sortir de l'ornière dans laquelle vous étiez tombé. Si vous vous sentez capable de pardonner à ce vieil ami, allez le voir et faites-lui un cadeau en gage de paix des fleurs, un livre, une oeuvre d'art toute simple. Que vous prononciez ou non les mots du pardon, ne lui demandez rien en retour, ne vous attendez pas à ce qu'il prenne sa part de responsabilité. Il se peut qu'en constatant votre changement d'attitude, il fasse lui aussi un pas vers vous. N'attendez de changement que de vous- même. La guérison peut arriver tout simplement parce que vous avez baissé les armes et adouci votre coeur. Comportement adulte faites part de vos réactions et écoutez celles des autres. Considérez ce nouveau “comportement adulte” comme quelque chose de précieux. Imaginez que vos collègues et vous, vous ayez eu le courage de dire la vérité sur vos réactions. Même si les débuts sont difficiles, n'oubliez pas que votre intention est de clarifier la situation et de sauver votre relation. Gardez à l'esprit que vous tenez suffisamment à cette relation pour monter d'un cran. Jusqu'à présent, l'obstacle, la barrière mise en place dans votre enfance, avait bien fonctionné: “Ne dis jamais ce que tu ressens vraiment”. De plus, c'était la seule réaction, sous forme de critique, que vous ayiez jamais entendue de vos parents: “Tu es trop brouillon”, “Tu ne pourrais pas soigner un peu plus ton apparence ?”, “Tu as l'air d'un vrai souillon”, “Tais-toi, cela n'intéresse personne”. Mais ça, c'était dans le passé, et maintenant, vous vivez dans le présent. Le passé est derrière vous. La société n'attache pas beaucoup d'importance à la communication authentique. C'est comme si vous vous promeniez avec un écriteau sur lequel il est écrit: “Ne me dis rien de trop révélateur sur moi et je ne dirais rien de “méchant” sur toi.” Donc, n'osant pas dire à vos amis quel aspect de leur comportement vous dérange, que vous traversez une sale période à cause de vos propres réactions, vous maintenez vos relations à un niveau agréable mais superficiel. Que pouvez-vous apprendre si vous vous trouvez dans la position de celui qui écoute un ami prendre ses responsabilités pour les réactions qu'il a eues envers vous? Il se peut que vous ne réagissiez pas. Vous ne vous identifiez pas avec ses réactions parce que vous savez que vous n'êtes pas la personne dont il parle. Mais si ce qu'il dit déclenche une réaction de votre part ou si vous êtes toujours confronté au même genre de réaction, vous devrez réfléchir à ce qui, dans votre comportement, provoque ce type de réactions. Comme le dit le dicton, “si la boue colle à tes chaussures, examine-la.” Le contrôle à 100%. Björn travaillait dans une société d'ingénierie. Il avait conscience qu'il n'était pas bien vu de ses collègues sans savoir pourquoi. Au cours d'une séance de feedback dans son entreprise, un ou deux collègues dirent qu'ils le trouvaient froid et rébarbatif. Au début, Björn fut encore capable de faire la différence et se dit que c'était leur problème. Mais d'autres collègues eurent la même réaction et il se mit à écouter attentivement. Abandonnant son attitude défensive, il me dit à la séance: “C'était choquant de réaliser quelle image j'avais dans l'entreprise, et que tant de personnes avaient la même réaction. Ils avaient vraiment peur de moi et tentaient de m'éviter.” Björn réalisa que cela se produisait dans tous les domaines de sa vie, et qu'il avait trouvé une échappatoire en évitant toute proximité affective avec les gens. Pour lui, il valait mieux contrôler la situation. C'était exactement la manière dont son père avait vécu sa vie. Cela avait semblé “fonctionner” au travail, mais sérieusement hypothéqué sa vie de famille. Ses enfants, adolescents, grandissaient sans savoir qui il était, et sa femme avait abandonné toute tentative pour briser ses défenses. Apprendre que les autres avaient les mêmes réactions envers lui l'aida à enlever son “armure” dans laquelle il se sentait très seul. Petit à petit, il apprit à laisser les autres s'approcher de lui, mais il eut besoin de plusieurs séances pour rendre son apparence moins sévère, plus engageante pour les autres. Encadré: Pour une écoute responsable. Si vous vous trouvez dans la situation de celui qui écoute les réactions des autres et si vous êtes intéressé et désireux de changer, suivez les étapes suivantes : 1: Avant de commencer, assurez-vous que votre intention est de prendre la part de responsabilité qui vous incombe, et non pas de vous défendre. 2: N'interrompez pas. Ne faites qu'écouter. 3: Montrez que vous écoutez. Ayez une gestuelle ouverte et gardez un contact visuel. 4: Quand vous pensez que l'autre a fini, assurez-vous-en en lui demandant s'il désire ajouter quelque chose. 5: Faites-lui savoir que vous avez entendu ce qu'il a dit en répétant brièvement ses mots. 6: Demandez-lui s'il veut vous entendre. 7: Reconnaissez la partie de la situation qui vous incombe. Parlez de vos sentiments. Abstenez-vous d'essayer d'avoir raison durant cette phase! 8: Pour finir, dites merci à l'autre de se soucier suffisamment de votre amitié pour désirer clarifier ce problème avec vous. Mieux vaut être visible pour les autres. Macey se sentait ignorée au travail. Lors d'une journée d'entraînement en équipe, personne ne s'adressa à elle pour clarifier un problème quelconque et cela fit tilt. Elle se sentit invisible. Elle réalisa que c'était le rôle qu'elle avait joué toute sa vie. Elle était blessée d'être ignorée par les gens avec qui elle travaillait tous les jours de la semaine. La nécessité de se manifester devint si forte qu'elle se sentit comme poussée par une force extérieure et se retrouva debout au beau milieu de la pièce en train de parler à l'assistance: “Et moi, alors ? J'existe aussi”. Elle fit savoir à ses collègues ce qui se passait en elle. Elle garde un souvenir absolument terrifiant du moment où elle est sortie de sa coquille: “Et pourtant, le fait de me sentir capable de formuler une revendication pour moi-même a été une énorme avancée personnelle. Après cela, plus personne ne m'a ignorée.” Chaque être humain éprouve le besoin d'être vu et entendu. Il désire être reconnu. Et quand un problème barre la voie de l'amitié, la vérité est la chose que l'être humain a le plus besoin de dire. La vérité est une voie essentielle dans la vie de l'être humain ! Vous êtes visible pour les autres et si personne ne vous parle, c'est peut-être parce que vous êtes perçu comme quelqu'un qui se protège par son image de bonté et de perfection. Il se peut aussi que vous soyez perçu comme un être fragile que personne ne veut blesser. Dans tous les cas de figure, vous êtes perdant personne ne veut s'approcher de vous. Le risque dans la vie, c'est que les traits négatifs continuent à se manifester. C'est trop facile d'identifier les gens avec l'image qu'on a d'eux. Il y a des thèmes récurrents selon lesquels les personnes du troisième âge font autorité, les skins font peur, les hommes sont des protecteurs et les femmes des nourrices, les gens attirants inaccessibles et les étrangers des “gens à qui on ne fait pas confiance”. Une fois que vous avez réalisé qu'il s'agit de réflexes conditionnés, liés aux croyances du passé, vous pouvez les pister et vous servir d'eux pour un processus d'apprentissage autonome. Cela peut vous aider à casser l'emprise des traits négatifs de toute une vie. Chacun veut être apprécié, respecté et aimé pour ce qu'il est. Oui, même votre patron est un être humain qui éprouve des sentiments normaux ! Ne l'oubliez jamais et gardez votre coeur ouvert aux autres pour qu'ils puissent vous toucher et être touchés en retour. Encadré: Apprécier u autre, c'est lui faire un cadeau. Vous avez des difficultés à écouter les réactions des autres. Mais vous êtes suffisamment désespéré pour aller au- delà de cette difficulté et apprécier les autres, ou vous apprécier vous-même. Ce sont des traits que vous pouvez changer, mais pour cela il faut changer votre façon de faire. Tout d'abord, demandez-vous ce que vous appréciez le plus en vous-même. De quoi êtes-vous le plus fier ? Que croyez-vous que disent vos amis de vous ? Ici, seuls les commentaires positifs sont autorisés ! Peut-être disent-ils que vous êtes loyal, généreux, drôle, joueur, que vous avez l'esprit malicieux ! Prenez votre temps pour réfléchir à ces qualités. Laissez-les entrer en vous et gardez-les dans votre coeur. Ce n'est qu'après avoir rempli votre “coupe d'amour” que vous serez prêt à verser amour et estime dans celle des autres. Cherchez ensuite quelqu'un que vous appréciez et à qui vous aimeriez exprimer votre estime. Faites-le à un moment où vous pouvez vous consacrer pleinement à cette personne. Trop difficile au bureau. Choisissez plutôt un moment calme de la journée. (Si pour des raisons diverses, c'est trop dur de le faire personnellement, imaginez seulement que vous exprimez votre estime envers cette personne. La puissance de la pensée est suffisamment forte pour changer une relation. La personne sentira que, d'une certaine façon, votre attitude a changé, même si elle n'est pas capable de cerner précisément ce qui a changé). Regardez l'autre et commencez par lui dire : “J'apprécie en toi…”. Il ne faut pas que ce soit trop long, surtout s'il a l'air gêné. Souvenez-vous de votre gêne quand vous étiez sur la piste de vos propres qualités. Après cela, méditez pendant un instant sur ce vous avez ressenti en exprimant votre estime. Je parie que vous vous sentez mieux maintenant. C'est sans doute le cas aussi pour le bénéficiaire. C'est comme si une partie du cerveau s'était adressée à vous. Si vous clarifiez quelques problèmes avec un ami, terminez par le cadeau de l'estime. Mettez vos amis au défi de se transformer. Entendre des choses sur soi-même peut être difficile à supporter par peur de la critique ou du jugement. On a tous grandi de cette façon, et c'est très intimidant d'accepter non seulement des compliments, mais aussi des suggestions. À votre avis, comment les autres se sentent-ils ? Non, ce n'est pas facile pour eux non plus. Ils préfèrent de loin ne prendre aucun risque et rester gentils et polis. Mais de cette manière, c'est toujours le statu quo. Rien ne change et personne n'avance. Jusqu'à présent, vous avez travaillé sur vos traits négatifs et appris à accepter les réactions des autres en écoutant sans juger. Voici maintenant l'occasion de jouer le rôle de l'“agent de change” chez quelqu'un d'autre. Ce rôle peut casser, chez un ami, un trait négatif et, chez vous, l'incapacité à vous faire confiance et à exprimer votre opinion. Faites d'abord cet exercice pour entrer en contact avec ce que vous aimeriez dire à quelqu'un dont vous êtes l'ami. Encadré: Le défi de la transformation. - La première impression: Vous vous souvenez de votre première rencontre ? Qu'avez-vous pensé de lui à ce moment-là ? L'avez-vous trouvé abordable, plutôt peu engageant, énergique, déprimé, solitaire, sociable? - L'impression actuelle: Que pensez-vous de lui maintenant ? Avez-vous l'impression qu'il a changé ou est-ce votre opinion sur lui qui a changé ? - Le défi : Vous êtes-vous demandé ce qui pourrait représenter un défi intéressant pour lui ? Le voyez-vous plutôt en train de lire ou de danser, plutôt casanier ou toujours sorti ? Est-il plus calme et moins sociable? Est-ce qu'il y a quelque chose de concret qui pourrait représenter un défi pour lui: escalader une montagne, s'inscrire à un cours de salsa … ? - L'expression: Si vous désirez passer à l'étape suivante, celle de l'expression, dites à cet ami que vous aimeriez tenter une expérience avec lui. Dites-lui que cela ne prendra que cinq minutes et que ce sera amusant. Dites-lui seulement que cela concerne votre perception générale de lui et la manière dont vous le percevez à présent. Cela l'amusera peut-être d'entendre vos premières impressions maintenant que vous êtes de bons amis. Dites-lui ensuite ce que vous pensez de lui aujourd'hui. Ce sera peut-être une merveilleuse appréciation. Pour finir et si c'est possible, il est peut-être captivé par ce que vous venez de dire, demandez-lui si vous pouvez faire quelques suggestions. Donnez aux autres l'envie de changer. Alison, consultante en chef, me raconta ce qu'elle avait ressenti lors d'un exercice similaire. Elle était terrifiée. Elle avait eu tout à coup l'impression d'être sur la chaise électrique, s'imaginant que son amie Katherine allait lui dire des choses horribles. À sa grande surprise, ce que dit Katherine était entièrement positif. Alison se sentit vraiment appréciée. Elle entendit qu'elle était chaleureuse, courageuse et avait le sens de l'humour. Son amie lui dit même qu' Alison avait été pour elle un exemple de courage. “J'ai réalisé que dans le passé, j'avais peur des réactions des autres à cause des critiques incessantes que j'avais essuyées dans mon enfance. Je n'ai jamais été capable d'accepter un compliment. Dès que quelqu'un disait quelque chose de vraiment gentil, je sapais tout ou j'écartais tout d'un geste. Aussi, en entendant cela, quelque chose a été libéré en moi. J'ai commencé à réaliser que les réactions des autres ne sont pas des critiques, mais des observations positives qui peuvent m'aider à me développer.” En faisant des suggestions à un ami pour changer, vous élargissez les paramètres de votre amitié. Vous lui donnez aussi la permission de vous proposer un défi. Alors faites attention! N'appliquez pas cet exercice avant d'être préparé à recevoir un défi ! Si vous prenez conscience de vos vieilles réactions conditionnées et que vous les laissez tomber, toute votre vie sera changée. Ce que vous preniez pour de la critique et de la méfiance fera place à l'apprentissage et à l'acceptation. Comme un chevalier qui enlève sa cotte de mailles, vous pourrez dorénavant marcher librement et vous réjouir de ce qui vous entoure et des gens qui partagent votre expérience. Vous avez réalisé que vous n'aviez plus besoin de la cotte de mailles des vieux traits négatifs pour vous protéger. Maintenant que vous vous connaissez mieux, que vous êtes capable d'entretenir avec vos amis et vos collègues des relations

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  • Dernière modification : 2025/12/31 19:28
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