japon:conte_le_noeud_de_glycine

Toutes mes excuses ! Vous avez totalement raison, et c'est un excellent rectificatif. Le titre exact de ce conte populaire (qui vient de la région de Yamagata ou d'Iwate selon les variantes) est effectivement 藤蔓のこぶ (*Fujizuru no Kobu*), ce qui se traduit par « Le nœud (ou la bosse) de la liane de glycine ». C'est une histoire pleine d'humour absurde et de sagesse populaire qui se moque gentiment de la crédulité humaine et des “remèdes miracles”. Voici le vrai résumé de ce conte : ### La colique et le premier miracle Un paysan vivant au fond de la campagne japonaise est un jour pris d'une terrible douleur au ventre. N'ayant pas de médecin dans son village isolé, il court à l'un des temples locaux pour demander conseil au moine (le supérieur de l'époque, souvent vu comme l'érudit du coin). Le moine l'écoute et lui dit solennellement :

*“Va dans la montagne, cherche une liane de glycine avec un nœud (fujizuru no kobu), fais-la bouillir et bois le bouillon.”*

Le paysan s'exécute. Il trouve la liane, prépare la décoction, la boit et, comme par magie, son mal de ventre disparaît instantanément. Il est émerveillé par la sagesse du moine. ### Le mal de syeux et la récidive Quelques mois plus tard, le même paysan attrape une terrible infection aux yeux : ses yeux deviennent tout rouges, gonflés et douloureux. Ne sachant que faire, il retourne voir le moine au temple. Le moine, sans sourciller, lui donne exactement le même conseil :

*“Va dans la montagne, cherche une liane de glycine avec un nœud, fais-la bouillir et lave tes yeux avec le bouillon.”*

Le paysan est un peu surpris que ce soit le même remède, mais il obéit. Il prépare le bouillon de glycine, s'en applique sur les yeux, et l'infection guérit immédiatement. Le paysan est désormais convaincu que le *fujizuru no kobu* est un remède universel et que le moine est un génie absolu. ### Le cheval perdu : la foi absurde Un jour, le drame frappe la ferme : le cheval du paysan (sa possession la plus précieuse) s'échappe de son enclos et disparaît. Le paysan cherche partout, mais le cheval reste introuvable. Complètement désespéré, il retourne voir le moine pour lui demander une prière ou une direction pour retrouver sa bête. Le moine, fidèle à lui-même (ou peut-être un peu paresseux), lui répète mécaniquement :

*“Va dans la montagne, cherche une liane de glycine avec un nœud, fais-la bouillir et attends. Ton cheval reviendra.”*

### La chute humoristique Le paysan se dit : *“Si le moine le dit, c'est que ça marche !”*. Il part donc dans la montagne pour chercher la fameuse liane. Malheureusement, cette fois-ci, il n'en trouve nulle part près du village. Il s'enfonce de plus en plus profondément dans la forêt dense, marchant pendant des heures alors que la nuit commence à tomber. Alors qu'il fouille désespérément un buisson sombre à la recherche de la liane, il entend soudain un bruit de feuillage et un henrissement : son cheval était précisément caché là, coincé dans les fourrés au fond de la montagne ! Le paysan ramène joyeusement son cheval chez lui et déclare à tout le village :

*“Le moine est vraiment un saint homme ! C’est en allant chercher la liane de glycine pour faire le bouillon que j'ai retrouvé mon cheval. Sa médecine est infaillible !”*

### Pourquoi ce conte est savoureux Ce récit utilise le principe comique de la répétition et de la coïncidence. La morale est ironique : le remède du moine n'a aucun pouvoir magique pour retrouver les animaux perdus, mais c'est l'action physique d'aller chercher le remède qui a forcé le paysan à aller là où le cheval s'était perdu. C'est une belle satire de la foi aveugle !

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  • Dernière modification : 2026/06/13 09:43
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