138 LES PARADOXES Si vous tenez ce livre entre les mains, c'est que la logique, la compréhension et le fonctionnement du cerveau vous fas- cinent. Dans notre cerveau sont inscrites des vérités - comme des choses pré-programmées - en rapport avec notre réalité. On les appelle les axiomes (propositions considérées comme évidentes, admises sans démonstration). À titre d'exemple, voyez l'image à gauche. Combien de lignes passant par ce point pourront être parallèles à la droite tracée ? Réponse : une seule. Pourquoi ? Parce que… Vous le savez au fond de vous, notre réalité admet cette règle. Mais en jouant avec cette programmation, nous pouvons créer des paradoxes. Je les considère comme des gourmandises pour le cerveau et termine cet ouvrage en vous livrant mes préférés. 1. LA BOUCLE Cette phrase est fausse. Mais si elle est fausse, c'est qu'elle est vraie, donc qu'elle est fausse, donc qu'elle est vraie, donc qu'elle est fausse… 2. L'IMMENSITÉ Imaginez que durant votre sommeil tout augmente de deux fois sa taille actuelle (de l'univers jusqu'à la moindre petite particule). Comment pourriez-vous le savoir ? 3. LE GÉNIE MALÉFIQUE Imaginez un génie devant vous. Il vous dit : « Si tu devines ce que je vais faire alors je te laisserai la vie sauve, sinon je te tuerai. » Que lui répondez-vous ? Je vous conseille de lui dire : « Tu vas me tuer. » Si c'est ce qu'il compte faire, alors il ne peut plus vous tuer. Mais s'il ne vous tue pas, alors vous n'avez pas deviné… et il doit vous tuer… mais donc vous aviez deviné… Aïe ! 4. COMPTEZ LES MOTS Cette phrase comporte sept mots. Cette phrase ne comporte pas sept mots. 5. LE PARADOXE TEMPOREL En tant que grand fan de SF et de voyages dans le temps, je me devais de vous soumettre ce paradoxe. Dans le film Retour vers le futur, Marty prend la place du guitariste pour jouer lors du bal. Il interprète la chanson « Johnny B. Goode ». La scène se déroule en 1955, soit trois ans avant la véritable sortie du titre. Pendant qu'il joue, l'un des membres appelle Chuck Berry pour lui faire écouter la chan- son par téléphone. Par déduction, Chuck Berry écrira donc ensuite « Johnny B. Goode > en copiant ce qu'il a entendu ce soir-là… En conclusion: personne n'a jamais écrit « Johnny B. Goode » puisque Marty a joué un morceau que Chuck Berry a écrit en écoutant jouer Marty… Re-aïe ! 6. POUR FINIR EN BEAUTÉ « Héraclite a énoncé ce dernier paradoxe : « Rien n'est permanent, sauf le changement. »