règles personnelles, l’exemple des karateka
Tout karateka, donc tout pratiquant du karaté, se doit de suivre certains principes de base qui sont tout aussi important que les techniques en elle même.
Ces préceptes sont très courts et recouverts d’une couche de nature philosophique. À chacun de les interpréter à sa manière.
Le respect est une vertu essentielle dans la vie. Ayez toujours à l’esprit la règle des 3 R : Respect des autres, respect de soi et responsabilité de ses actes. Un pirate zen n’est pas une personne dont les actes sont basés sur la violence et la brutalité, mais au contraire sur le respect profond des « super vilains du quotidien » et de soi-même.
Même si un karateka se doit de connaître des techniques de défense active qui peuvent être dangereuses voir mortelles, il ne doit pas les utiliser pour attaquer. La pratique de mouvement d’auto-défense doit rester exclusivement un instrument de défense et ne doit être utilisé qu’en dernier recours, une fois que toute autre alternative est écartée. Même si vous devez frapper le premier, il faut que ce soit uniquement dans un but de défense et non d’attaque. L’attaque pouvant être la meilleure défense si toutes les autres options ont été envisagées.
Le karateka se doit de servir le bien et l’équité. En aucun cas, le karateka ne doit utiliser ses pouvoirs à des fins viles et injustes. Réfléchissez bien avant d’utiliser vos techniques : – « Est-ce que mes intentions sont justes ? » – « Est-ce qu’il n’y a pas d’autres solutions ? » – « Est-ce que je sers le bien en utilisant mon savoir ? » , etc
Mais au-delà du pouvoir lui-même, le karateka se doit d’avoir un comportement juste dans sa vie en général. Il se doit de respecter les règles de la morale.
« connais-toi toi-même » est une célèbre citation de Socrate. Une philosophie humaniste sur la conscience de soi. Il est important d’apprendre à se connaître soi même pour mieux apprendre.
Il faut d’abord se connaître soi, écouter son corps et ses sens avant de chercher à connaître les autres.
À quoi bon observer un adversaire et connaître toutes ses faiblesses si on ne sait même pas gérer son propre, ses propres émotions. Pour vaincre un super-vilain, il faut d’abord vaincre vos faiblesses, vos doutes. C’est le rôle de l’entraînement, physique et spirituel.
« Connaître les autres, c’est la sagesse; se connaître soi-même, c’est la sagesse supérieure.» Lao-Tseu
Même si les entraînements techniques et physiques font partie des bases pour un karateka, ils ne représentent que peu de chose par rapport à l’esprit qui doit animer la technique et contrôler la force. Il est bien plus important de réfléchir, d’utiliser son intelligence et de raisonner plutôt que d’utiliser une technique de combat fut elle la meilleur du monde. Parfois une discussion, un simple signe, suffit à apaiser les esprits et à éviter le combat. Et même dans le combat, œuvrer avec intelligence sera toujours préférable que de privilégier la technique sans réflexion.
L’esprit s’il doit primer sur la technique et le physique, ne doit pas se laisser enfermer par trop de concentration. Vous devez apprendre à laisser vagabonder votre esprit, à le laisser libre d’agir de lui même de façon presque inconsciente. Votre esprit doit être libre. Ainsi le karateka libère son esprit.
cela signifie ne pas laissez son esprit s’enfermer dans des pensées parasites comme la peur. Osez vous exprimer librement même si vous débuter. Atteindre un non-esprit ou esprit vide permet également une meilleure conscience de son environnement et donc de savoir quand parler à bon escient, de façon clair et réfléchi sans précipitations.
Ce précepte pourrait se résumer en deux mots : vigilance constante !
En clair, tout acte, toute décision prise sans réflexion peut conduire à la défaite. Un karateka ne doit rien négliger et il doit construire son combat ou son non-combat avec méthode et patience pour arriver à la victoire. Il ne fait rien sous le coup de la colère, ni avec précipitation… Il agit vite, mais de façon réfléchi !
Un pirate zen, non plus, ne doit rien négliger et doit construire son amélioration continue avec méthode et patience pour arriver à un résultat.
Un karateka se forge constamment, il entraîne son corps et son esprit pour le rendre moins vulnérable et prêt à se défendre. Cette pratique ne doit pas s’arrêter au port d’un Keikogi. Vous devez garder à l’esprit les préceptes d’un karateka dans votre vie quotidienne et chercher le perfectionnement de votre corps et de votre esprit, par une hygiène de vie simple et sans excès.
Soyez toujours respectueux, tempéré, juste, vigilant, persévérant, prudent dans votre vie quotidienne.
La vie de super héros est une voie à suivre, un chemin qui mène vers l’épanouissement du corps et de l’esprit. L’aspirant super héros gravit les marches de la connaissance au fur et à mesure son entraînement, mais n’atteint jamais la connaissance absolue, il y a toujours plus à apprendre, à comprendre. En outre vous devez en permanence réapprendre vos bases pour consolider vos fondations afin d’être toujours au top et pouvoir vous adapter à toutes les situations.
« Comment savoir si votre apprentissage est fini ? C’est simple si vous êtes vivant c’est qu’il n’est toujours pas fini. » L’amélioration continue aussi est sans fin.
Le mal et le bien sont partout. Alors dans vos actes, dans vos pensées, dans vos décisions, bref, dans tout ce que vous faites, agissez en pleine conscience de vos actes. Appliquez tous les préceptes du karateka dans toutes vos activités de la vie quotidienne et votre vie sera plus sereine et les problèmes plus aisés à résoudre.
Vous avez des difficultés, des soucis, des épreuves…Considérez tout ceci comme faisant partie intégrante de votre amélioration continue, comme une marche supplémentaire vers la perfection.
L’eau qui bout a un grand potentiel énergétique. Mais sans apport permanent de chaleur (pour l’eau) ou d’apprentissage, de recherche, d’entraînement…(pour Soi), le potentiel s’évapore très rapidement au fil du temps.
Un proverbe japonais dit :
« L’apprentissage par la pratique revient à pousser une charrette vers le sommet d’une colline: Cessez de pousser et tous vos efforts auront été vains. »
Le karatéka est avant toute chose un protecteur de certaines valeurs morales. Son art lui sert à préserver l’intégrité physique et mentale de tous contre toute agression. Pour lui, l’important n’est pas de gagner face à un super vilain quel qu’il soit, mais de se préserver et de préserver les autres et donc de ne pas perdre. Ne cherchez pas la victoire mais cherchez à éviter la défaite.
N’oubliez pas le précepte de non esprit car si l’orgueil, la vanité, l’esprit de compétition vous poussent à vouloir gagner à tout prix lors d’un combat, vous risquez fort d’être aveuglé par ces sentiments et votre esprit ne sera pas libre.
Un karateka adapte son comportement par rapport à l’adversaire ou la situation qui se présente à lui. Que ce soit pour un combat ou un sauvetage par exemple.
Cela signifie aussi garder l’esprit vigilant et savoir adapter son comportement en fonction des circonstances. Rappelez vous par exemple la loi sur l’auto défense.
Ce précepte rejoint le précédent dans le sens où vous devez observer votre adversaire et adapter votre comportement à vos observations. Regarder votre adversaire dans sa globalité tout en repérant ses particularités. En combat réel, il faut faire preuve de stratégie et chercher les points faibles de l’adversaire. Avant de vous lancer tête baissée dans le combat, apprenez à l’observer. Quelles sont ses réactions ? Comment se déplace-t-il ? comment respire-t-il ? Vous devez trouver des failles dans sa défense et vous devez les exploiter. Ne vous enfermez pas dans des carcans stéréotypés du combat avec des techniques sans vie et répétitives sans vous soucier de votre adversaire. Au contraire, soyez souple d’esprit comme de corps. Ouvrez vos yeux et votre esprit et sachez décider au bon moment lorsqu’une ouverture se présente.
Avec les entraînements physique et de combat, le karateka renforce son corps et peut l’utiliser comme une arme. Les bras, les jambes, les pieds, les mains, les genoux, les coudes…sont autant d’armes naturelles qu’offrent le corps. Vous devez exploiter vos bras et vos jambes comme s’il s’agissait d’armes réelles. Ce sont ces armes qui vont vous permettre de vous défendre, ne les négligez pas, prenez en soin et entretenez les comme un samouraï entretiendrait son sabre.
Ce précepte pourrait se traduire par un seul mot : prudence !
Soyez toujours sur vos gardes dans tous les domaines.
La vie est belle certes, mais nous ne sommes pas au pays de Candy, restez prudent et prêt à vous défendre en cas d’attaque quelle qu’elle soit. Ne faites pas confiance à des inconnus et ayez une relative confiance envers vos proches.
Soyez vigilant plus que méfiant.
Mais dans tout les cas restez sur vos gardes tant que vous n’avez pas la certitude que tout danger est écarté.
Lorsque l’on débute un art martial, on doit s’obliger à adopter des positions, des techniques, des déplacements de bases qui souvent sont contre nature. Il faut forcer le corps et l’esprit à chasser le naturel et à travailler les bases. Prenez les postures comme vous l’enseigne votre professeur. Avec les années de pratique, le naturel du corps et de l’esprit pourra revenir et utiliser ce qui aura été appris sous la contrainte de l’apprentissage.
Ce précepte rejoint un peu le précédent. Lors de l’apprentissage, il faut chasser le naturel et s’employer à appliquer les techniques d’apprentissage afin que le corps et l’esprit se forgent des automatismes. Lors d’un combat, c’est complètement différent, et c’est même l’inverse, il faut essayer de laisser le naturel libre de travailler. Et s’il est libre, votre naturel utilisera de lui-même ce que votre corps et votre esprit aura assimilé à l’entraînement. Vos réponses seront devenues des automatismes.
Les katas c’est un peu comme du shadow-boxing pour la boxe ou comme du speech shadowing pour la linguistique.
Faire du speech shadowing c’est tout simplement la répétition de phrase entendu sur les supports audio de vos manuels de langues. Cette technique permet d’améliorer la syntaxe et la sémantique et donc de réagir plus naturellement lors d’une discussion en langue étrangère.
En combat, votre force seule ne suffira pas, votre souplesse seule ne suffira pas et votre vitesse seule non plus. Vous devez apprendre à mélanger ces 3 éléments fondamentaux dans vos techniques : force, souplesse et vitesse. L’art est de bien doser force, détente et vitesse avec une chronologie bien précise. Chaque muscle du corps va passer par ces phases à des stades différents de la technique.
En ce qui concerne la langue. Il faut aussi moduler la force des mots, l’élasticité des verbes et la vitesse des phrases. Faites au début des phrases courtes, avec des mots neutre en sens et surveillez l’agglutination de vos terminaisons verbales.
Ces préceptes doivent être appliqués au quotidien, en civil comme en kimono de karaté. L’entraînement du karateka est source d’épanouissement corporel et mental. C’est une recherche permanente de perfection, une lutte contre soi même en combat, mais également dans toute autre activité. En appliquant ces préceptes de respect, de défense, de justice, d’écoute de soi, de réflexion, d’esprit libre, de vigilance, de ], d’écoute d’autrui, de sagesse, de prudence, de rigueur, de modération…vous deviendrez un être humain accompli.
* Les vingt préceptes directeurs du karate de Gichin Funakoshi. La dignite de l’âme humaine doit être le but principal de la vie.