Chapitre 12 Dépassez vos comportements compulsifs. Les gens les moins dépendants sont les plus satisfaits, spirituellement et émotionnellement. John Martin “Soyez dans le coup !” Votre style de vie en dépend. C'est une attitude beaucoup plus répandue qu'on ne le croit. Il ne s'agit pas seulement des gens qui veulent se distraire ! Dans notre société actuelle où tout va à deux cents à l'heure, de nombreuses personnes courent après l'argent et le pouvoir; ils ont fait le plein de caféine surexcitante et se sont mis en forme avec du sucre, de l'alcool. Ils n'enlèvent le “couvercle” que le soir et le week-end. On passe souvent son temps libre à regarder la télévision, à surfer sur le net ou plus classiquement à faire du shopping. Selon Anne Wilson Schaef, la société elle-même est devenue dépendante. Comment en est-on venu là ? Qu'est-ce qu'on essaie d'éviter ? Pourquoi est-ce plus facile de passer une soirée devant la télévision, un verre de vin ou de bière à la main, que de parler à des proches ? Observez votre propre comportement, ce n'est pas une tâche très agréable. Est-ce qu'il y a des choses que vous faites de manière répétitive et qui vous empêchent de vous connecter avec vous-même ? Est-ce que vous êtes toujours occupé, toujours à faire quelque chose? L'expression qui vous convient, c'est “accro de l'occupation”! Si c'est votre cas, est-ce que vous justifiez votre suractivité en disant que vous n'avez pas le choix ? Avez-vous atteint un bon équilibre entre le travail et les loisirs, entre le temps passé au bureau et le temps passé à la maison? Êtes-vous un perfectionniste qui n'est jamais satisfait de ce qu'il fait ? Est-ce que vous vous arrangez pour ne jamais rater une émission précise à la télévision? Sauve qui peut si quelqu'un se met en travers de votre chemin ! Est-ce que la nourriture joue un rôle important? Qu'en est-il de vos relations ? Est-ce que vous vivez avec quelqu'un devenu lui-même co-dépendant? Quel est l'élan compulsif qui cache la réalité ? Qu'est-ce que vous faites pour vous distraire de vous-même ? Ce chapitre est consacré aux traits négatifs devenus des modes de vie compulsifs et aux moyens de les casser. Le conte des deux frères. J'étais bon élève à l'école. Je ne fumais pas, je ne buvais pas. Mes professeurs faisaient toujours des commentaires positifs sur mon travail. Je travaillais tellement dur dans toutes les matières que je ne remarquais même pas qu'autour de moi, mes camarades nouaient des amitiés et faisaient toute sorte de choses normales à leur âge. Plus tard, pour rattraper ma jeunesse perdue, je me suis bien amusé en tombant amoureux à peu près toutes les trois semaines. Bien que je n'aie jamais été tenté par la drogue ou l'alcool, comme mon frère, j'étais malheureux. Mon frère Justin était un mauvais garçon. À l'école, il se mit à fumer du haschisch et à prendre de temps à autre du LSD. Il négligea ses études et empoisonna la vie de ses professeurs. Il avait un large cercle d'amis qu'il voyait après l'école. Plus tard quand il se mit à travailler, il passa à la cocaïne, l'héroïne et aux drogues synthétiques : tout était bon pour changer son humeur. Comme il n'était pas fiable, il perdait souvent son travail, mais son charme l'aidait à en retrouver un autre rapidement. Sa vie était faite d'excès, il consommait plus de drogue que n'importe qui. Il perdit finalement son dernier boulot, et tous ses amis finirent par lui tourner le dos. Tout ce qu'il avait entrepris avait tourné en eau de boudin, et il se sentait complètement nul. Bizarrement, chacun de notre côté, nous vivions dans la dépendance, agissant de manière compulsive pour éviter de nous confronter à une réalité désagréable: nous-mêmes. Il était un accro de la drogue, et moi, j'étais un accro du travail, du sexe, de l'amour. Lui trouvait la solution dans les substances illicites, et moi dans les comportements. Le comportement compulsif est très répandu. Connaissez-vous quelqu'un qui se comporte comme un accro ? Profondément en soi, on ressent le vide. Chacun essaie de combler ce vide d'une manière ou d'une autre. Nous parlons tous comme des accros. Si la société même est dépendante, ses membres non seulement agissent, mais parlent aussi comme des accros. On a tous entendu des gens prononcer ce type de phrases qu'on dit sans doute soi-même. Des phrases pour justifier un comportement compulsif : Je peux arrêter de fumer quand je veux; je ne le fais que parce que je suis énervé ; je dois m'entraîner quatre heures par jour sinon je ne peux pas dormir la nuit: une barre de chocolat de plus ou de moins, cela ne change

rien; je bois un verre ou deux juste pour me détendre; cette fois, je SAIS que c'est la bonne ; j'arrête la semaine prochaine, promis: je regarde les soaps parce qu'il n'y a rien d'autre… C'est le syndrome “Encore une fois, cela ne peut pas faire de mal”. Le langage de la dépendance est imprégné de dénégation et du refus de se confronter à ce qui se passe dans l'instant. L'addiction et la dénégation vont de pair et forment une alliance imbattable. Tout va très bien, Madame la Marquise. D'après le dictionnaire, la définition majeure de la dénégation est “l'incrédulité face à l'existence ou la réalité d'une chose; le refus de reconnaître ou d'admettre, le reniement ou le désaveu”. En d'autres termes, le non-initié dirait: “Tout va très bien”. J'ai besoin d'un verre pour démarrer le matin; Je ne peux pas me passer de mon paquet de cigarettes par jour : J'emporte mon portable à la salle de bains pour ne pas rater un appel; Il faut encore que je nettoie à fond: Il faut que je tire une bouffée de ce joint pour pouvoir me détendre: Tout le monde sauf moi a un problème… et ainsi de suite… En plus, je n'ai pas besoin de changer, et si vous n'aimez pas ce que je suis, c'est votre problème ! Qu'est-ce qui se cache là-dessous ? Les gens qui ont eu un comportement dépendant pendant un certain temps, disent souvent qu'ils ont abandonné l'anesthésique qui dissimulait la douleur, mais que la douleur, elle, est restée, celle qui vient du sentiment d'isolation, de la différence, de l'anxiété, de la pression. Pour guérir, les dépendants ont besoin d'un contact à 100% avec la douleur d'origine qui les pousse à se jeter sur l'ersatz qui atténue leur mal-être. Ils doivent la sentir encore une fois pour passer de l'autre côté. L'autre côté, c'est le lieu de la bonté totale, le lieu où ils peuvent se sentir bien tels qu'ils sont. C'est valable pour tous ceux qui vivent dans la dépendance. En dessous des comportements compulsifs appelés addictions, qui vont des dépendances apparemment inoffensives, par exemple regarder la télévision, aux dépendances plus sérieuses comme la drogue, il y a le même cri. Si on prend le temps d'écouter, on peut entendre ce cri. C'est la voix d'une personne triste et seule: “S'il vous plaît, aimez-moi !” (le trait majeur ici “se sent abandonné”). La voix de l'Enfant émotionnel est profondément enfouie dans chaque dépendant, il crie sa souffrance et réclame d'être aimé comme l'enfant l'a demandé à ses parents. Mais le cri n'est plus conscient et de nombreux dépendants sont incapables de s'arrêter pour entendre leur propre cri. Mais tant qu'ils ne s'arrêtent pas pour prendre la responsabilité de leur guérison intérieure, les dépendants continuent à essayer de combler le gouffre béant en eux. Ils sont prêts à tout pour ne pas sentir leur souffrance et la honte de mener une vie qui leur échappe. Quel type de personne suis-je donc pour que cela m'arrive? Je sais que j'y échapperai en fumant, en buvant, en me droguant, en étant satisfait de moi, en jouant et ainsi de suite. On souhaite désespérément éviter la souffrance. Les compulsions préférées sont les trucs dont on sait qu'ils “fonctionnent le mieux”. Pia Mellody, experte de l'addiction, dit qu'une dépendance est “un processus qui résout une réalité insupportable”. Toutes sortes de substances, activités et comportements sont susceptibles de changer l'humeur. Les dépendants en ont besoin pour engourdir ce qu'ils ressentent réellement en eux, pour se sentir mieux, pour se donner le courage de mettre le masque “Tout va bien”, pour sortir et affronter le monde extérieur. Pour Bob Hoffman, cela revenait à “mettre une couche de crème fouettée sur les ordures”. Le problème est qu'une fois l'effet passé, on ressent toujours la même chose; c'est peut-être même pire qu'avant parce qu'on sait au plus profond de soi que ce qu'on se fait à soi-même est non seulement destructeur, mais augmente aussi la honte. On ne peut pas supporter le sentiment que ça ne va pas ou qu'on n'est pas assez bien. Pour y échapper, on cède à la dépendance et le cercle vicieux continue de tourner. Illustration du cercle vicieux du comportement addicte, avec les 4 pôles : - Je ne suis pas assez bien. Pour m'infliger ça, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez moi. - Comportement addicte. Un moyen d'échapper à la souffrance. - Il procure la dose rapide. Ah, je me sens mieux ! mais pas pour longtemps. - Haine de soi. Pourquoi je m'inflige ça ? (Retour au premier pôle, et reprise du cercle vicieux) On finit par s'identifier à sa dépendance et par dépendre complètement d'elle pour fonctionner. Après quelque temps, l'addiction à une substance ou à un comportement exerce un contrôle tellement compulsif sur la vie du dépendant qu'il en

oublie pourquoi il a commencé. En fin de compte, c'est toujours un ou plusieurs traits émotionnels qui mènent à une addiction donnée. Voyez ci-dessous le cas de l'alcoolisme. Encadré La voie de l'alcoolisme. Certains traits émotionnels semblent amener les personnes dépendantes à trouver un soulagement émotionnel dans une substance plutôt que dans une autre. Il y a par exemple deux voies émotionnelles qui mènent à l'alcoolisme. La première apparaît chez une personne nerveuse, anxieuse dans son enfance, qui a découvert durant son adolescence, à l'âge typique, que l'alcool calmait son anxiété. Ce sont très souvent des enfants d'alcooliques, en général des garçons, qui se tournent vers l'alcool pour calmer leurs angoisses. La deuxième voie qui mène à l'alcoolisme a sa source dans l'agitation, l'impulsivité et l'ennui particulièrement élevés chez les alcooliques. Ce trait négatif se manifeste chez l'enfant agité, grognon, difficile, très remuant à l'école primaire, hyperactif et s'attirant des ennuis. Comme on l'a vu, c'est une tendance qui peut pousser ce type d'enfants à se tourner vers des amis marginaux, cela les mène parfois à une carrière criminelle, c'est aussi le signe d'un trouble social de la personnalité. Daniel Goleman, Intelligence émotionnelle. Comment devient-on dépendant à ce point? Les addictions portent en elles de fausses promesses. Elles nourrissent l'espoir qu'avec elles, on se sentira mieux : “Avec moi, tu te sentiras mieux; avec moi, tu ne te sentiras plus triste et seul.” Ce modèle est facile à comprendre quand il s'agit d'une substance. C'est évident quand on commence à fumer, à prendre une dose ou quoi que ce soit d'autre, la première fois qu'on se défonce, qu'on se shoote. On se sent mieux parce que la substance modifie la chimie du cerveau. La plupart des substances rehaussent le bien-être. Naturellement, le sentiment d'euphorie disparaît aussi rapidement qu'il est venu. Mais il y a un effet secondaire immédiat : le “flash” est enregistré dans le cerveau. On essaie de retrouver le sentiment en continuant à surfer sur la dépendance. Mais à chaque fois, il faut augmenter la dose pour obtenir le même flash et en peu de temps, on est accro. Toutes les dépendances sont des variations de ce type : une dose en augmentation constante pour bloquer les sentiments négatifs. Il faut inclure dans la liste le chouchou actuel : la caféine, avec ses dealers à chaque coin de rue qui promettent de rendre la journée plus excitante, plus agréable. L'addiction qui se cache derrière un comportement est moins facile à comprendre, mais non moins compulsive. Vous vous demandez comment les gens deviennent accros de télévision? Eh bien, elle engourdit tellement le cerveau qu'ils pourraient tout aussi bien prendre du valium. Apparemment, la télévision requiert moins d'effort de concentration que pour choisir les légumes du dîner. La pratique produit des endorphines - abréviation de morphine endogène, c'est-à-dire produite par le corps. Le sexe, une idylle, produisent de véritables cocktails chimiques où l'on trouve entre autres de la dopamine, de l'ocytocine et des phéromones. Si l'idylle ne se passe pas très bien, on peut toujours se rattraper sur le chocolat. Il y a un tas de substances naturelles et légales qui rendent accro. Les mentalités elles aussi peuvent être compulsives. Jackie a souffert de la dépression pendant plus de vingt- cinq ans. Pour y échapper, elle s'est réfugiée dans toutes les relations possibles. Le seul inconvénient, c'est que, dès que la dépression montrait le bout de son nez, son partenaire avait du mal à la supporter, et la relation finissait par capoter. Naturellement, cela ne faisait que renforcer sa dépression et elle se mettait à la recherche d'une nouvelle relation. Elle fit un exercice de visualisation qui fut l'occasion de voir tous les aspects de sa dépression comme une dépendance. Quand Jackie s'autorisa cette vision, elle vit clairement que sa dépression était un trait compulsif. Jackie s'imagina une lumière dorée entrant dans l'ombre et l'espace vide qu'elle a toujours sentis en elle-même. Elle fit un travail de prise de conscience pour établir une nouvelle relation envers elle-même, fondée sur le pardon et l'amour. Aujourd'hui, Jackie est capable de reconnaître à l'avance la montée de la dépression. Elle est beaucoup plus consciente de l'impact de la dépression. Maintenant, au lieu de laisser son subconscient réclamer la présence confortable du vieux “nuage sombre”, elle sait qu'une autre réponse est possible. Elle s'est donnée la chance de vivre entourée d'une énergie beaucoup plus positive. Elle accueille la vie au lieu de la repousser. Le comportement compulsif de Jackie n'impliquait ni substance, ni action. Son truc, c'était la présence récurrente de la dépression. Elle était devenue une accro de la dépression parce qu'elle lui ouvrait une voie royale pour échapper à la réalité. Parfois, les gens dépressifs justifient une sorte de rumination en disant qu'ils essaient de “mieux se comprendre eux-mêmes”. En fait, ils font monter les sentiments de tristesse sans entreprendre quoi que ce soit pour améliorer leur humeur actuelle… une simple immersion passive dans la tristesse l'aggrave encore. Daniel Goleman. L'anxiété peut avoir le même résultat. L'inquiétude diffuse, sans raison précise, fait monter un flux réconfortant d'adrénaline. Étrangement, avec cette substance, le dépendant est malgré tout plus ancré dans sa propre vie. On dit de l'adrénaline qu'elle rend plus dépendant que la nicotine. Le perfectionnisme et l'autosatisfaction sont d'autres mentalités affectées d'une certaine compulsion. Le perfectionnisme est un harcèlement intérieur permanent qui ordonne de continuer. L'autosatisfaction compense les hauts et les bas de la vie. C'est l'autre nom de la suffisance. Que la compulsion se fixe sur une substance ou sur un comportement, on se sert toujours de quelque chose pour éviter de voir la réalité inconfortable de sa propre vie. Cherchez une connexion spirituelle. Chez la majorité des gens “normalement névrosés”, la névrose est un état où l'on se sent fondamentalement indigne d'être aimé. Ce n'est pas le fait d'être indigne d'être aimé, mais le sentiment de se sentir indigne d'être aimé qui est la conséquence du manque d'amour envers soi-même. Étant donné que le Processus Hoffman est fondé sur les principes spirituels de la connexion à une source d'amour intérieure et extérieure, on travaille sur les substances et les comportements compulsifs. L'addiction n'est pas considérée comme un trouble physique ou intellectuel, ni même comme un trouble émotionnel, mais fondamentalement comme un trouble spirituel. Déconnecté de sa nature spirituelle, l'être humain tend la main vers une substance ou un comportement destiné à combler un insupportable sentiment de vide intérieur. Si seulement on pouvait se souvenir de ce principe, au lieu de se sentir vide, on serait connecté à une source d'amour infini! Un jour, Bob Hoffman a vécu un puissant éveil spirituel, tout comme Bill W. et Dr Bob, fondateurs des Alcooliques Anonymes. Ces derniers se sont réveillés un matin avec une vision très claire : la nécessité de retrouver le sens de l'harmonie intérieure ainsi que la maîtrise de leur vie. Leurs enseignements avaient de nombreux points communs, par exemple l'étape de l'inventaire complet des comportements (que nous, nous appelons “traits”) et la nécessité de pardonner et de demander pardon. Ils insistaient eux aussi sur le fait que la vie est un processus continu qui exige de faire tous les jours son inventaire et d'admettre qu'on peut toujours commettre des erreurs. Les deux méthodes sont des outils puissants du développement personnel. On peut les utiliser consciemment, guidé par l'amour de soi, et non pas par un tyran intérieur qui pointe tout ce qu'on a encore fait de mal. Les deux

méthodes ont un autre point en commun : le développement personnel a une base plus large si on est prêt à transmettre ce qu'on a appris. Comment vaincre la dépendance ? Pour terrasser votre dépendance, vous devez d'abord vous poser la question: “Suis-je prêt à laisser tomber cette substance, ce comportement pour de bon ?” Si vous dites sans trop de conviction: “Bon, je vais le balancer pour quelques heures”, ce n'est pas très sérieux ! Vous n'y croyez pas vraiment, vous cherchez seulement le moyen d'éviter l'inconfort en vous gardant une petite porte de sortie. Casser les habitudes de la dépendance est un véritable défi : vous devez être sincère avec vous-même et endosser l'entière responsabilité de ce que vous êtes et de ce que vous faites dans votre vie. Comme le dit Steven Covey, auteur de The Seven Habits of Highly Effective People: “Vous êtes responsable de votre vie. Décidez de ce que vous devez faire et hop! au travail ! La capacité à subordonner une impulsion à ses valeurs est l'essence même de la personne active.” Imaginez que vous vous réveillez avec un sentiment de satisfaction qui inonde tout votre corps, et que ce sentiment augmente de jour en jour. Peut-être l'appelez-vous “estime de soi”. Qu'est-ce qui se passerait si vous traversiez la vie guidé par l'estime de vous au lieu de vous sentir vide, déprimé, insatisfait ? Cela émousserait certainement le plaisir de plonger dans le travail, l'alcool, la nourriture, les séances de télévision en plein jour. Le moyen d'avancer est de remplacer vos sentiments les plus secrets par l'amour de vous, de manière à vivre pleinement sur la base de vos propres valeurs, désormais libre de toute dépendance à une substance, à un comportement. Ce n'est pas un remède magique. Cela requiert une énorme autodiscipline, une pratique habile des techniques et des rituels. Vous vous souvenez que, durant cet apprentissage, le rituel est l'un des trois piliers qui étayent ce processus du changement. Le rituel vous encourage à vous éloigner de votre réalité quotidienne pour un court moment afin de faire face à une part de vous-même et de mieux vous comprendre vous-même. Après, vous retournez à la réalité, en compagnie de votre sagesse fraîchement acquise. La plupart des exercices d'expression faits jusqu'ici étaient des rituels, comme l'était la part qui pousse l'être humain au pardon. Quand vous pénétrez profondément dans une émotion pour l'explorer, vous vous déconnectez du monde, comme dans un rituel. La plupart des visualisations utilisées pour entrer en contact avec le Moi essentiel ou pour pénétrer dans votre sanctuaire, sont aussi des rituels. Vous avez appris à vous servir de ces rituels. Maintenant, une simple visualisation peut vous faire entrer dans le coeur même de votre personnalité dépendante. C'est le “ dragon ” des temps modernes que vous devez terrasser. C'est l'occasion de ressentir et de voir véritablement le mal que vous vous faites, et de vous sentir en sécurité en faisant cet exercice. À un niveau de conscience élevée, vous pouvez dépasser votre personnalité dépendante qui n'est pas, en fin de compte, votre véritable Moi, mais un faux masque que vous portez pour vous rendre la vie plus supportable. Vous pouvez accéder à la nature authentique de votre Moi essentiel, la part en vous libre d'autodestruction et, Si vous décidez de prendre le chemin de droite, poursuivez cet exercice. Si non, sachez seulement que votre choix a aussi sa raison d'être. Ne vous forcez pas avant de vous sentir prêt. Une fois que vous vous êtes remis entre les mains de votre Moi essentiel et que vous avez pris le chemin de droite, permettez-vous de vous reconnecter avec la puissance de la lumière. Agenouillez-vous et soyez pardonné par la lumière, un pouvoir supérieur, et sachez que vous n'avez jamais été rejeté par la lumière, mais que désormais, vous avez le pouvoir de vous reconnecter avec elle chaque fois que vous le voudrez. Faites-la pénétrer en vous en respirant et permettez-vous de ressentir pleinement sa présence dans votre Être. Quand vous vous sentez prêt, revenez à la réalité et ouvrez les yeux. Ressentez profondément votre retour dans votre corps et notez tout ce que vous ressentez. Pour donner plus de force à ce que vous ressentez, notez par écrit tous les détails, vos objectifs, vos engagements. Encadré Passez votre corps au scanner. Pour combattre votre dépendance, il est essentiel de bien prendre conscience de sa présence et de l'exagérer. Voici une technique plus rapide qui peut s'avérer très efficace. Si vous ressentez un besoin, arrêtez ce que vous êtes en train de faire et portez toute votre attention sur ce besoin. Ensuite, au lieu de tendre la main vers le paquet de cigarettes, la barre de chocolat, le gâteau à la crème, ce qui vous tente, fermez les yeux et passez sur votre corps un scanner imaginaire, les paumes de vos mains tournées vers vous. la soulever et vous échapper de la prison en flottant vers un très beau paysage dans la nature. C'est votre prairie, votre plage, votre forêt préférée. C'est votre sanctuaire, le lieu où vous vous sentez en sécurité. Regardez autour de vous, sentez la fraîcheur de l'air et la brise tiède souffler doucement sur votre visage. Comment vous sentez-vous ? Donnez à votre corps le plaisir de ressentir ces sensations, et respirez doucement. Connectez-vous maintenant avec votre Moi essentiel en touchant votre coeur, en formant une image de votre Moi idéal. C'est votre visage, lavé de tout souci, rayonnant de paix et de tranquillité. Respirez dans ce paysage, il transmet sa lumière éclatante à toutes les parts de votre Être. Gardez encore un moment ce sentiment de connexion avec vous-même. Imaginez maintenant que vous montez un escalier magique vers une lumière de totale pureté, loin, très loin au-dessus de vous. Vous montez, laissant derrière vous tous vos soucis. Dans la lumière, respirez et sentez-vous le bienvenu, vous êtes chez vous. Vous êtes de retour chez vous, le lieu où vous vous sentez le plus à l'aise. Après quelques minutes, demandez à votre Moi essentiel de redescendre à la prison et de vous ramener une provision de boissons, de drogues, de sucreries ou de ce à quoi vous êtes accro. Si vous êtes accro au jeu, aux relations, au travail, gardez- les en tête. Emportez-les vers la lumière et donnez-vous la permission d'être accro. Laissez-vous aller totalement, exagérez, forcez la dose. Buvez, fumez, empiffrez-vous, imaginez que vous êtes scotché à la télévision pendant de longues heures, que vous travaillez stupidement sur votre ordinateur, que vous lisez sans vous arrêter, que vous vous surchargez d'un tas de nouveaux vêtements, que vous faites l'amour comme une bête. Arrêtez-vous après quelques minutes et ressentez ce qui s'est passé dans votre corps. Observez votre connexion avec votre Moi essentiel. Vérifiez aussi que, maintenant, vous vous sentez soulagé. Souvenez-vous de ce sentiment, de ce véritable enfer et plongez dedans pendant un instant. Vous allez maintenant faire un choix crucial. Imaginez un croisement en face de vous. À gauche se trouve le chemin que vous connaissez bien et que vous avez toujours emprunté, celui qui vous a amené à céder à vos pulsions autodestructives. Visualisez-vous en train d'emprunter le chemin de gauche, cédant à votre dépendance pendant quelques années de plus. Vous êtes encore plus épuisé, encore plus déprimé. Ressentez l'absurdité du chemin de gauche. Restez là quelques minutes, puis retournez au croisement. À droite, il y a un autre chemin, celui vers lequel votre Moi essentiel vous dirige. Il implique l'abandon de vos vieilles habitudes, de vos “anesthésiques quotidiens”. L'abandon implique que vous laissiez tomber quelque chose pour faire place à une nouvelle réalité. Visualisez-vous marchant sur le chemin de droite : vous êtes en paix, vous êtes calme, rempli d'estime de vous. Pensez à ce que serait votre vie si vous choisissiez le chemin de droite. Restez sur ce chemin pendant quelques minutes, puis retournez au croisement. À vous de choisir prendre la voie de gauche, celle que vous connaissez déjà, ou prendre une nouvelle direction sur laquelle vous abandonnez votre contrôle habituel et où vous vous laissez guider par votre Moi essentiel. Que voulez-vous ? Si vous avez du mal à vous décider, souvenez-vous que ménager la chèvre et le chou est aussi une façon de se décider. Sortez de votre indécision et choisissez une manière différente de vivre. Si vous décidez de prendre le chemin de droite, poursuivez cet exercice. Si non, sachez seulement que votre choix a aussi sa raison d'être. Ne vous forcez pas avant de vous sentir prêt. Une fois que vous vous êtes remis entre les mains de votre Moi essentiel et que vous avez pris le chemin de droite, permettez-vous de vous reconnecter avec la puissance de la lumière. Agenouillez-vous et soyez pardonné par la lumière, un pouvoir supérieur, et sachez que vous n'avez jamais été rejeté par la lumière, mais que désormais, vous avez le pouvoir de vous reconnecter avec elle chaque fois que vous le voudrez. Faites-la pénétrer en vous en respirant et permettez-vous de ressentir pleinement sa présence dans votre Être. Quand vous vous sentez prêt, revenez à la réalité et ouvrez les yeux. Ressentez profondément votre retour dans votre corps et notez tout ce que vous ressentez. Pour donner plus de force à ce que vous ressentez, notez par écrit tous les détails, vos objectifs, vos engagements. Encadré Passez votre corps au scanner. Pour combattre votre dépendance, il est essentiel de bien prendre conscience de sa présence et de l'exagérer. Voici une technique plus rapide qui peut s'avérer très efficace. Si vous ressentez un besoin, arrêtez ce que vous êtes en train de faire et portez toute votre attention sur ce besoin. Ensuite, au lieu de tendre la main vers le paquet de cigarettes, la barre de chocolat, le gâteau à la crème, ce qui vous tente, fermez les yeux et passez sur votre corps un scanner imaginaire, les paumes de vos mains tournées vers vous.

Demandez à votre sagesse intérieure à quel endroit de votre corps le besoin se fait sentir. Il est peut-être dans votre tête, profondément enfoui dans votre poitrine, enfermé dans le plexus solaire. C'est votre vécu et votre perception personnels. Une fois que vous avez localisé le besoin, placez votre main à cet endroit et respirez. Parlez maintenant à ce besoin et ressentez- le pleinement. Si vous avez du mal à le sentir, donnez-lui une forme, une couleur. Ce qui importe, c'est surtout de prendre contact avec lui pour être plus fort que lui. Prendre conscience de sa présence aide à briser l'emprise du cercle vicieux. Dirigez ensuite votre respiration vers cet endroit et sentez-vous plus léger. En expirant, laissez-le partir. Vous pouvez répéter cet exercice chaque fois que vous ressentez l'urgence de votre dépendance. Encadré “Place de la Sérénité” Le moyen de casser la dépendance à une substance, une fois que vous avez pris conscience de sa présence, c'est de l'emmener dans un endroit calme, loin des autres. Lorsque vous ressentez l'urgence de votre besoin, demandez-vous consciemment si vous avez vraiment besoin de cette cigarette, de cette tasse de café, de cette barre de chocolat… Regardez-le sur toutes les coutures, permettez-vous de ressentir un malaise, et par-dessus tout, pardonnez-vous. Cette simple méditation concentrée vous aidera à calmer l'emprise de votre dépendance. Si vous ressentez encore le besoin de céder, faites-le avec compassion pour le vide dans lequel vous vivez depuis des années. Promettez-vous de continuer le processus de guérison. Émotion et intellect, même combat. Est-ce que vous vous souvenez des exercices que vous avez faits auparavant pour créer une plus grande harmonie entre émotion et intellect? C'est une zone qui vaut vraiment la peine d'être sondée pour comprendre ce qui se passe dans votre esprit. Si vous avez entendu la même discussion intérieure chaque fois que votre addiction se manifeste, qu'est-ce qui se dit? : “Non, je ne devrais pas le faire”, “Allez, encore une fois, après c'est fini”, “Je fais cela seulement pour pouvoir continuer mon travail après”, “Et alors? tout le monde fait pareil”. Écoutez plus attentivement: qu'est-ce qu'on trouve là- dessous ? Comme on l'a déjà vu, il y a, enterré sous les strates des vieilles souffrances, la voix d'un enfant qui pleure pour obtenir l'amour et l'attention. Maintenant qu'on a grandi, l'intellect est fatigué d'entendre des gémissements et des plaintes. Aujourd'hui, on est très occupé, on a de nombreuses obligations. Au lieu de prêter attention aux besoins de son Enfant émotionnel, on tend la main vers le “remède” pour que tout se déroule en douceur. “On a tous besoin d'un bon remontant”, c'est ce que j'ai entendu dans ma famille, dès qu'un semblant d'émotion émergeait. “Je crois que je vais me défoncer avec un film nul”, se dit-on après une dure journée de travail. Une fois de plus, on ignore ses besoins émotionnels. Mais on paie cher pour cette négligence… Voilà le type de discussion que pourraient avoir les deux aspects: Enfant émotionnel: J'ai besoin d'un peu de temps pour ressentir. gêne. Intellect: Le problème, c'est que tu ressens trop, et ça me Enfant émotionnel: Bon alors, je vais te rendre la vie dure. Intellect: Non, tu ne le feras pas. Enfant émotionnel : J'en ai tellement marre, je déprime. Il ne se passe rien ici. Intellect: (retournant à son ordinateur) Tais-toi, s'il te plaît. J'essaie de travailler. Tu boiras ce soir. Enfant émotionnel: (voyant passer une femme) Oh, regarde, voilà quelqu'un qui s'occupera mieux de moi. Hm, j'aimerais bien sortir avec elle. Vous connaissez la suite! Si une relation ne satisfait pas vos besoins émotionnels, vous savez que vous pouvez la remplacer par le plaisir de la nourriture, l'aide aux autres, le shopping. En ce qui concerne l'intellect, l'addiction est au travail dans le dialogue ci- dessus. Il a le comportement de celui qui veut être le meilleur, qui veut avoir le dernier mot. Avant de céder à votre réflexe compulsif, arrêtez-vous. Sans attendre, analysez d'abord les réactions de votre Enfant émotionnel. Demandez-vous ce que vous ressentez, et s'il y a en vous des besoins que vous ignorez. Si vous n'êtes pas pressé, reportez-vous à l'exercice qu'a fait Brooke au chapitre sept: l'exercice où elle prend la place de son Enfant émotionnel et où elle fait la liste de ses besoins. Tournez-vous ensuite vers l'aspect intellectuel et écoutez ce qu'il a à dire. Faites des allées et venues entre chaque aspect jusqu'à ce qu'ils aient exprimé tout ce qu'ils avaient à dire. Ils peuvent alors s'asseoir et signer un traité de cessez-le-feu. En les écoutant, vous avez fait un pas en direction de l'harmonie entre émotion et l'intellect. Cette harmonie ou cette trêve vous permettent de faire un grand pas sur la voie de la guérison des vieilles habitudes. Lorsque les deux aspects cessent le combat, la discussion intérieure négative s'arrête et vous êtes capable de vivre au présent, de faire confiance à votre processus de guérison. Une lutte intérieure. Un peintre, appelé David, fumait depuis l'âge de quinze ans. “Je suis si fatigué de cette lutte sans fin”, me dit-il un jour. “Une part en moi veut arrêter de fumer, mais l'autre ne peut pas. Non, ce n'est pas ça ! Elle ne veut pas ! Cela me rend fou. Tous les matins quand je me lève, je me promets que ce sera pour aujourd'hui. Oui, aujourd'hui, j'arrête. Et tous les jours vers neuf heures, je recommence à fumer”. Je lui ai demandé pour quelles raisons il fumait. “Alors, voyons. Pour me calmer. Pour l'inspiration. Pour faire une pause. Parce que c'est la seule chose qui me fasse plaisir. Parce que c'est “contre les règles”. Parce que tous les rebelles cools ont fumé. Parce que cela m'aide à rester mince.” D'une manière générale, c'était une réponse plutôt émotionnelle. Et la réponse adulte ? “C'est une habitude dégoûtante. C'est antisocial. C'est du gaspillage. Tout le monde est contre. C'est vraiment mauvais pour la santé.” Pas étonnant qu'il y ait un conflit intérieur ! David devait faire un travail pour résoudre les sentiments de son Enfant émotionnel avant d'abandonner la cigarette. En premier lieu, pour éveiller sa conscience, je lui demandai de noter par écrit chaque fois qu'il avait envie de fumer. Je lui demandai ensuite de fumer sans rien faire d'autre au même moment. Ne pas discuter ni parler, ne pas manger, ne pas regarder la télévision. Il fallait qu'il fasse de sa cigarette une sorte de méditation. Si cela ne tuait pas son plaisir, calculai-je, cela le rendrait au moins plus conscient de ces sentiments à ce moment-là. Il commença à se rendre compte qu'il avait besoin d'une cigarette chaque fois qu'il se sentait un peu nerveux ou socialement mal à l'aise. C'était une béquille. “Alors, quel âge a cette part de toi qui se sent mal à l'aise ?”, lui ai-je demandé au cours d'une séance. “Environ neuf ou dix ans”, me répondit-il. Je lui ai demandé d'imaginer un dialogue avec cette part de lui-même, l'enfant qui s'était toujours senti gauche et embarrassé. “Fais-lui savoir que tu comprends ses sentiments. Demande-lui ce que tu peux faire à la place”. Sa réponse instinctive a été qu'il avait besoin d'une vie sociale plus remplie. Il était très bon cuisinier, aussi il décida d'organiser régulièrement des dîners chez lui. Quand je l'ai revu quelques mois plus tard, non seulement il avait arrêté de fumer, mais en plus il dit qu'il n'en ressentait plus le besoin. Une paix durable. Quand vous êtes capable de calmer les conflits dans votre esprit, vous pouvez vous arrêter et écouter. La base de toutes les traditions spirituelles est le retour au silence, le contact, dans le silence, avec une sagesse supérieure. Dans le modèle de la Quadrinité, il est temps maintenant de contacter la “petite voix insistante” du Moi essentiel. Vous pouvez écouter votre propre vérité intérieure et mettre à jour la vérité d'amour qui vous dit qu'en fin de compte, vous êtes votre propre enseignant et votre propre source de sagesse. Rester en contact avec votre Moi essentiel signifie que vous buvez à votre source d'amour infinie. L'énergie que vous en tirez est beaucoup plus forte que toutes vos vieilles habitudes. Avec ce sentiment de plénitude intérieure, vous pouvez mener une vie libre de comportements compulsifs. Vous n'avez plus besoin de vous distraire de la réalité. Vous exploitez votre propre capacité à obtenir ce que vous voulez vraiment de la vie.